Paris-Pékin: diplomatie à la godille

Publié le par Pierre-Luc Seguillon

 

 



« Godiller » technique, explique le dictionnaire,  qui consiste pour un skieur à enchaîner,  face à la pente,  une série de virages successifs. Par extension,  godiller au plan diplomatique, consiste à changer de pied en permanence sur un sujet particulier.  C’est très exactement ce qu’a fait Nicolas Sarkozy depuis plusieurs mois à propos de la Chine et du Tibet et c’est précisément ce que Pékin reproche au chef de l’Etat. Comment  comprendre autrement le fait que les Chinois qui ont accepté, sans guère broncher, qu’Angela Merkel, Georges Bush ou Gordon Brown rencontrent le Dalaï Lama, brandissent le spectre d’une crise diplomatique après l’entrevue à Gdansk de Nicolas Sarkozy avec le moine tibétain ?

On ne compte plus en effet les revirements du chef de l’Etat sur ce sujet épineux.



En novembre de l’an passé, le président français, en visite à Pékin, il s’était  inscrit dans la "continuité" de la position française en soulignant que, pour la France, "le Tibet faisait  partie de la Chine" tout en encourageant le dialogue" pour que le peuple tibétain puisse bénéficier de "davantage de liberté culturelle, religieuse"  et pour que "son identité soit préservée". Interrogé sur une éventuelle visite du Dalaï Lama à Paris,  Nicolas Sarkozy avait alors éludé la question. Le président français avait d’ailleurs pris soin de ne pas se faire accompagner en Chine par sa secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme, Rama Yade en sorte de ne pas mécontenter ses interlocuteurs.

En mars dernier, alors que les forces chinoises réprimaient violement les émeutes à Lhassa et dans d’autres d'autres régions du Tibet, Nicolas Sarkozy refusait de se prononcer sur sa présence à l’ouverture des jeux olympiques expliquant que sa position au moment des J.O.  serait celle du président  de l'Union européenne qu'il serait au second semestre, donc celle d'une majorité d'Européens. Puis d’ajouter : «je graduerai ma réponse en fonction de la réponse qui sera donnée par les autorités chinoises ». Finalement, le président français était à Pékin pour la cérémonie d’ouverture des J.O. que d’autres chefs d’Etat européens avaient boudée !

Nouveau revirement cet été. Après avoir assuré que personne ne dictait l'agenda de la France, Nicolas Sarkozy  repousse un rendez vous avec le Dalaï-Lama et envoie sa femme à sa place. Ce qui vaut durant l’été n’est pourtant plus de mise l’automne venu. Nicolas Sarkozy prend rendez-vous avec le Dalaï Lama non pas à Paris… mais en Pologne !

En réalité, le chef de l’Etat a grand mal à se faire une religion, balloté  qu’il est entre son conseiller diplomatique qui le rappelle à la raison d’Etat et Bernard Kouchner qui le presse de défendre les droits de l’Homme. Le résultat est que le président de la République perd sur les deux tableaux. Sa rencontre avec le leader tibétain n’est guère glorieuse, organisée loin de Paris comme s’il devait s’en cacher. Et nos contrats commerciaux avec la Chine sont mal partis remis en cause par des dirigeants chinois auxquels Nicolas Sarkozy a donné le tournis.

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SEDAThttp://ann.over-blog.com/ajout-commentaire.php?ref=1477621&ref_article=25280795 16/12/2008 13:27

Bjr Pierre-Luc Séguillon...!

Je crois bien que le "Blog" d'Eric Revel bogue de plus en plus,il y a des messages qui dispaissent comme par enchantement,lol,sans pour autant qu'ils aient été disgracieux...!

P.S Qu'est-ce qu'on peut gondeler (se tordre de rire)...!
Reynaldo. (Qui n'est ni comprometteur ni entremetteur mais rieur).

Mirino 08/12/2008 16:17

Je ne vois pas l'ambiguïté. Comme Sarkozy est actuellement président de l'Union européenne c'était aussi son devoir d'être présent pour l'ouverture des Olympiques. D'ailleurs de sa position, bouder les J.O n'aurait servi à rien. Un tel choix appartenait surtout aux sportifs.

Sarkozy avait aussi raison de rencontrer le Dalaï Lama en Pologne, aussi pour faire le point, hors de la France, à un moment historiquement significatif concernant la liberté de la Pologne.

Puis de toute façon qu'il rencontre un homme exceptionnel, ne regarde pas la Chine. La Chine n'a aucun droit de faire de tels exigences surtout hors de ses frontières et en menaçant la France en plus. Qu'elle garde ses exigences totalitaires chez-elle. Au contraire, si Sarkozy avait cédé aux telles pressions inciviles, alors il aurait bien mérité d'être critiqué, mais chercher la bête sous de telles circonstances me semble mesquin.

Alain 08/12/2008 15:03

Cher PLS,

C’est votre droit d’estimer que le chef de l’Etat fait un virage à gauche puis un virage à droite en évoquant la politique Française et européenne face à la Chine.

S’il en est un qui utilise la godille en un mouvement hélicoïdale pour faire avancer le vaisseau française et européenne en une ligne parfaitement droite c’est bien ainsi que José Manuel Barroso a qualifié le parcours du Président Sarkozy.

La semaine dernière, malgré vos sollicitations à critiquer « l’erreur » que constituait selon vous la prochaine rencontre de NS et du Dalaï-lama ? Non seulement Barroso n’a pas critiqué cette rencontre mais il s’est montré plus qu’élogieux avec le Président Sarkozy dans la manière dont il traitait tous les dossiers internationaux.

Ceux qui un jour critique NS parce qu’il ne boycott pas les JO, puis ceux, souvent les mêmes, qui lui fixe des rendez-vous avec le D-L, ceux qui voudraient lui imposer son agenda.
La meute des associations, politiques, journalistes comme vous PLS tous ces donneurs de leçon, boycott, critiques, rencontres, pas rencontre, n’ont cessé de donner de la voix en trublions du Yaka !

Une certitude, Nicolas Sarkozy avait indiqué qu’il rencontrerait le D-L cette année en décembre, voilà qui est fait.
Une autre certitude Nicolas avait avant les JO demandé aux autorités Chinoises l’ouverture d’un dialogue avec le D-L sur le Tibet, ces négociations ont eut lieu, NS se rendit à Pékin pour les JO, le dialogue Chine-Tibet se poursuit.

La bonne question est la suivante: pourquoi les dirigeants Chinois mettent-ils apparemment plus de pression économique et diplomatique vis-à-vis des décisions françaises aujourd’hui alors qu’elles semblent moins pressantes face aux autres dirigeants occidentaux ?

Ce n’est pas le poids économique de la France qui les motive, nous sommes hélas encore loin des Allemands, des USA ou des Anglais.

La France, aurions-nous pris subitement du poids politique en Europe et dans le monde ? Force est de constater comme le firent de nombreuses organisations internationales qui ont récompensé NS pour son action pour les droits de l’homme ainsi que son dynamisme en lui décernant le titre de dirigeant de l’année.

Les derniers évènements, Georgie, crise financière, initiative du G20 à Washington, crise économique, ont à l’évidence montré qu’il y avait en Europe une nouvelle personnalité qui relançait le leadership européen, et dont la parole quand elle s'exprime -important pour les chinois- était immanquablement suivie d’actions concrètes.

Les Chinois l’ont naturellement perçu, il leur faudra compter avec cette nouvelle Europe, non seulement pour les droits de l’homme mais compter également avec de nouvelles dispositions à l’OMC mettant en œuvre les dispositions de l’économie durable en une meilleure réciprocité (travail des enfants, des détenus, pollutions, environnement social) ; NS avait promis de changer tout cela. Les Chinois savent maintenant à qui ils ont affaire et tentent de le réduire !!
Alain

Nimbus 08/12/2008 09:36

Lors du passage de la flamme à Paris, Paris n'a pas louvoyé mais c'est couché !!
Je n'oublierai jamais l'omniprésence et la violence de la police chinoise tandis que la police française se tenait à distance en observateur...hébété.

SEDAThttp://ann.over-blog.com/ajout-commentaire.php?ref=1477621&ref_article=25280795 08/12/2008 09:15

Bjr Pierre-Luc Séguillon...!

Le premier ministre est chef du gouvernement...!
Le Président de la République française est chef d'Etat,Nicolas Sarkozy est donc un loup des mers,un louvoyeur...!

L'action de louvoyer,en vocabulaire maritime,est,pour un bateau,de tracer des zigzags (comme au ski) afin de remonter au vent...!
Les allures de près,tribord et bâbord amures,ne permettent pas d'aller dans la direction d'oû souffle le vent.Il est donc nécessaire de louvoyer (chinoiser) afin de gagner dans ce sens (temps)...!

Reynaldo.