PS: Processus d’exclusion ou promesse de résurrection

Publié le par Pierre-Luc Seguillon

 

 

De la rédaction des motions  qui a précédé le congrès de Reims à la constitution de la nouvelle direction qui en est l’aboutissement en passant par la coalition qui l’a emporté d’un fil, tout semble avoir été fait au PS depuis des semaines pour barrer la route à Ségolène Royal et tenter de la marginaliser elle et ses amis. Ces derniers n’ont pas oublié la fameuse nuit où fut recherchée la synthèse et où toutes les propositions de compromis qu’ils avançaient étaient rejetées automatiquement et sans même être examinées par les lieutenants de Bertrand Delanoë, de Martine Aubry et de Benoît Hamon. Ils viennent de vivre le même scénario lors du conseil national qui s’est tenu aujourd’hui.  La maire de Lille, sans en avoir discuté au préalable avec eux,  a mis les proches de Ségolène Royal devant le fait accompli. Ou bien ils ratifiaient sans broncher le texte qui leur était  soumis en dernière minute et dès lors étaient associés à la direction du PS ou bien ils refusaient d’aller de la sorte à Canossa est étaient rejetés dans la minorité.  Or, la feuille de route rédigée par Martine Aubry « pour faire renaître le parti socialiste » comportait  trop évidement  des passages volontairement provocateur à l’encontre de Ségolène Royal. Ainsi de ces phrases  dont le seul objet est n’était autre que de dissuader celle-ci de ratifier ce texte : « Nous n’admettrons pas, écrit Martine Aubry, de voir notre parti  se transformer progressivement en un parti au service d’une candidature ; il est temps d’en finir avec la personnalisation des enjeux » et la maire de Lille – qui a associé le Modem à la gestion de sa ville,  de marteler  son opposition ferme à toute alliance avec le parti de François Bayrou !

Martine Aubry peut aujourd’hui espérer avoir définitivement cassé et marginalisé Ségolène Royal. La volonté d’en finir une bonne fois pour toute avec la présidente de la région Poitou Charente est sans doute le principal ciment de la coalition quelque peu hétéroclite qu’elle a constituée. Son choix de la parité et le renouvellement générationnel qui caractérise son équipe sont un atout. Son positionnement gauchisé n’est pas nécessairement un handicap en cette période de crise.  Il n’est pas impossible qu’elle réussisse à redonner vie au parti d’Epinay ainsi ravalé et rajeuni. Il est néanmoins difficile d’imaginer une  Ségolène Royal définitivement marginalisée. L’expérience montre que les défaites ne font que conforter sa détermination. Elle peut encore se targuer de représenter la moitié du parti tandis que Martine Aubry n’en gouverne que l’apparence de la totalité. Celle-ci a conquis l’appareil. Celle-ci a conquis l’appareil. Celle-là n’a pas perdu les militants et ses sympathisants. L’une a l’atout de la structure mais est prisonnière  de l’intendance et otage d’une majorité sans cohérence. L’autre est libre de ses mouvements et de ses propos mais a le handicap de n’avoir par à ses dispositions l’outil partisan.

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Alceste 08/12/2008 12:24

Pour aller plus loin dans la compréhension des événements, il est de la première importance de se pencher d’abord sur le cas V.Peillon, non le maître à penser de S.Royal (on mesurerait volontiers l’immensité de la tâche) mais littéralement sa couverture intellectuelle. Sa récente diatribe à l’encontre de François Furet (« La révolution française n’est pas terminée », au Seuil en août dernier), dont maintes voix autorisées ont amplement mis en lumière les grosses ficelles (moins du point de vue proprement historique que politique, du reste), est un véritable manifeste, celui d’une prétendue pensée progressiste qui passe par l’élimination, quoi qu’il proclame (le décidément très médiatique ex-voto à Jaurés, évidemment) de l’histoire du socialisme. A le voir aujourd’hui partout se draper de vertu au nom de ce qu’il appelle la démocratie, dont la traduction sommairement comptable qu’il lui donne est consternante de mauvaise foi, il met en œuvre, systématiquement, ce qu’il se croit en droit précisément de reprocher, d’un point de vue historique, à Furet, d’avoir analysé la révolution à travers le prisme de la pensée marxiste. Or chez V.Peillon ce n’est plus de prisme qu’il s’agit, mais d’obsession. Ce qu’il présente comme son combat au regard du libéralisme n’est que la traduction de ses propres hantises, vulgairement réduites à un problème de place à prendre (il faut dire que la politique de N.Sarkozy est de nature effectivement à susciter des vocations), lesquelles sont occupées, et bien occupées malheureusement pour lui. Ses critiques à l’encontre des membres de l’équipe Aubry sont assez misérables pour que cela apparaisse au grand jour. Il peut être satisfait : il a d’ores et déjà donné le départ à des cohortes de termites et autres capricornes sur internet. A droite, on ne se trompe pas sur le profit à tirer de tout cela : il suffit de voir comme on y rivalise d’ardeur dans les manifestations d’affection à l’égard de S.Royal

catherine 08/12/2008 11:01

Mon commentaire se fondait sur l'attitude de Royal à dire qu'on la méprisait parce qu'elle était une femme. Je pense que la compétence ou l'incompétence ne sont pas sexuées. Aubry , malgré ses actions controversées, a un statut que n'a jamais pu atteindre Royal.Je rejoins PLS dans la mesure où Aubry premier secrétaire femme empêchera Royal de mettre en avant son statut de femme comme paravent de ses faiblesses. Aubry (comme Parisot) n'en ont pas besoin de ce type d'argument. Maintenant sur la composition du bureau, c'était à Martine Aubry de le présenter. Le PS veut se présidentialiser. Un président choisit avec qui gouverner. Il y a à côté un parlement représentant les motions. Pour la sérénité du parti, j'aurai aimé quelques représentants de la motion E, mais là encore , tous ont-ils refusé de plein gré ? J'ai entendu ce matin Peillon, et je croyais rêver, tellement il a été dur alors qu'il avait été plutôt "soft" après le résultat. Royal la voulait (pour elle) la présidentialisation du PS. Elle pense que le PS l'a fait perdre, maintenant elle veut faire perdre le PS.

Claude 08/12/2008 08:19

Catherine,

Pourquoi voulez vous que le prédateur se pose en victime ? Je ne suis pas socialiste mais cela ne m'est pas égal parce que refuser la représentation de la moitié du PS, cela ne donne pas confiance dans sa capacité de devenir un parti réellement démocratique. On a déjà vu ça avec les 35 heures, bouleversement majeur de l'économie en France, qui ont été imposées à tous sans aucune consultation de l'opposition ou des syndicats d'entreprises. Elle a commencé comme ça, elle continue comme ça et elle finira forcément comme ça.

Claude

catherine 07/12/2008 20:34

Résurrection de qui ? celle de Royal ou celle du PS ? Politiquement parlant, j'espère celle du PS.
Aubry a montré qu'on peut être femme sans être victime. Bref c'est tout simplement une femme politique. Ca repose...

Alain 07/12/2008 20:00

Martine, la revanche du Hérisson

Princesse du Poitou, c’était un beau scoop
Quand on a fait la nique au grand macoute

Pourtant de grâce, Ségolène ne recommence pas
Avec cette mégère de Lille, ce fut un faux pas

Désir Royal délétère !
Que diable allait-elle faire dans cette galère !

Lente avec talent, sans se monter le bourrichon
La Martine sut tenir avec mordant son paillasson

Popote moins gracile mais futée la maire de Lille
Face aux militants à la tribune, en mer ce fut belle île

Libérée de ses épines elle sut donner le grand frisson
Portes ouvertes enfin vers cette ligne du parti,la raison

Avenir Royal de misère !
Que diable allait-elle faire dans cette galère !

Alain