Audiovisuel :public : la réforme patauge piteusement

Publié le par Pierre-Luc Seguillon


                                                          

Opposition acharnée de la gauche à l’Assemblée et réticences d’une partie de la droite, manque d’enthousiasme des sénateurs, menaces du côté du conseil constitutionnel, scepticisme de l’opinion… la réforme  de l’audiovisuel public, voulue par Nicolas Sarkozy semble bien mal engagée.

L’idée de supprimer la publicité sur les chaînes publiques et de lui substituer un financement public n’a certes rien de scandaleux. Les Vertes l’avaient inscrit une telle mesure  dans leur programme. Les socialistes en ont plusieurs fois caressé le projet lorsqu’ils étaient aux affaires.

Mais une première question se pose.

Est-ce bien opportun et raisonnable en cette période de crise. Les socialistes rappellent que les caisses de l’Etat sont vides et que supprimer la publicité sur le secteur public de l’audiovisuel  c’est à l’évidence le fragiliser. Edouard Balladur et quelques autres, au sein de la majorité, dont les membres du Nouveau Centre estiment que l’Etat aurait mieux à faire dans ce contexte de déprime économique que de se mettre un nouveau fardeau financier sur les bras. Quant aux personnels de France Télévision, ils ont bien compris que cette réforme risquait de les mettre au pain sec et de contraindre à terme à privatiser une partie du secteur public.

 

Cette modification du financement pose aussi un problème constitutionnel. Celui de l’égalité devant l’impôt. Décréter que l’on va taxer les opérateurs de téléphonie mobile et les fournisseur d’accès à Internet au motif qu’ils auraient de l’argent est une étrange conception de la fiscalité qui risque de se voir censurée par les sages du Conseil constitutionnel.

Reste enfin le soupçon qui pèse sur un pouvoir accusé par certains de ne proposer cette réforme que pour favoriser à terme ses amis de l’audiovisuel privé !

Il est évidemment une autre question posée par cette réforme. C’est celle du mode désignation du PDG de France télévision. Le faire désigner en conseil des ministres fut-ce après avis du CSA et examen et approbation par les trois cinquième des membres des commissions culturelles des deux assemblées, constitue un véritable régression  démocratique. A tel point qu’un ancien ministre de Jacques Chirac, François Barouin a pu parler d’un recul de vingt cinq ans ! Voilà une mesure qui suscite la colère de la gauche et n’enthousiasme pas la droite, c’est le moins que l’on puisse dire. Sa constitutionalité ne devrait cependant pas être récusé par les Sages du Conseil constitutionnel, Nicolas Sarkozy n’étant pas allé après s’être arrogé le droit de nomination jusqu’à vouloir s’arroger celui de révocation !

 

Reste le non dit public de ce projet de loi énoncé pourtant par Nicolas Sarkozy devant ses proches et flairé tant pas les députés que par l’opinion : il s’agit bien à échéance relativement courte d’imposer à terme une solide cure d’amaigrissement à l’audiovisuel public et a contrario de donner un coup de pouce à l’audiovisuel privé.

 

Les élus de la droite n’ont donc aujourd’hui qu’entre deux attitudes : lâcher du leste, ce dont ne veut pas entendre parler le président de la République ou passer en force ce qui ne serait guère glorieux sur  un sujet aussi sensible pour la vie démocratique que le sort de l’audiovisuel.

 

Qu’en pensez-vous vous-mêmes ?

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Alceste 07/12/2008 11:28

Digression à propos de Molière et Corneille. Au cas où nos amis s’intéresseraient à un canular qui a la vie dure, voici une bonne adresse pour commencer :
http://www.crht.org/ressources/dossiers/

SEDAThttp://ann.over-blog.com/ajout-commentaire.php?ref=1477621&ref_article=25280795 07/12/2008 11:25

Bjr Pierre-Luc Séguillon...!

A Alain...!

A ce que je susse,la vie est écrite dans un livre,et que nous ne pouvons écrire sans avoir été inspiré,ce qui est écrit a déjà été écrit et ce qui ce dit a déjà été dit,et ce qui ce fait a déjà été fait,différemment,il y a une transformation et une création de la matière et de la pensée,si il y a un ordre et il y aussi des"ordres",il y a le maître et l'élève ...!

Molière ou Corneille...?
Le verbe "Savoir" ou "Sucer"?
Le choix est "Cornélien"...!

Les choses visibles proviennent des choses invisibles et l'histoire de la vie est dans sa dialectique,nous supposons (hypothèse),nous posons (thèse),nous opposons,(antithèse),nous composons (synthèse)...!

Et Corneille,de qui était-il le "Chef-Oeuvre"?

Opus Dei,mon très cher Alain...!

@+,Reynaldo.

Alain 06/12/2008 18:24

Cher PLS,

Que demain les chaînes du service public de France télévisions puissent se libérer du dictat de l’audimat et puissent nous proposer : diversité, originalité et qualité en revenant aux sources européennes, celles préservées par la vénérable BBC anglo-saxonne, je n’y vois pour ma part que des avantages.

Pour être franc, ce projet ne représentait pas pour moi un caractère politique prioritaire susceptible d’apparaître comme un enjeu de société. Un tel projet figurait dans les cartons de gauche et de droite chacun butant devant les mêmes contradictions :

- Pas de Pub pour FTs c’est inévitablement apparaître favoriser les chaînes privées dont TF1 ( je ne partage pourtant pas cette évidence annoncée, voir audience BBC)
- Pas de revenus publicitaires s’est l’augmentation de la redevance (gauche) ou d’autres taxes TV, télécom (droite)

Maintenant que le projet est devant le parlement, les opposants au changement de tous horizons se serrent les coudes, l’échéance se rapproche puisque 2009 devrait être le lancement de la première phase des soirées sans pub. Faisant corps pour, enfin, faire échouer une réforme du Chef de l’Etat les oppositions se raccrochent à toutes les aspérités du projet.

Le financement, la gauche voulait augmenter la redevance, les français & NS ne le voulaient pas. La droite veut taxer les TV et les sociétés de télécommunications, il faudra bien dégager le budget de substitution promis par le chef de l’Etat, à l’Euro près !

Le groupe France Télévisions recentré en société unique, pour une bonne gouvernance et des réductions de coûts, l’élimination des postes hiérarchiques (OHs) au sein de chacune des sociétés du groupe vont permettre une plus grande réactivité et une économie substantielle en rapport avec ces temps de crise.

La désignation du Président de FT fait débat, à l’hypocrisie qui prévalait à la désignation par le CSA (sous multiples conciliabules avec le pouvoir), le chef de l’Etat a souhaité appliquer les mêmes dispositions que pour les autres sociétés publiques, désignation en conseil des ministres Après Avis Conforme du CSA, le parlement vient d’y ajouter après Avis conforme des 3/5 des commissions audiovisuelles du parlement. Le Président de la République en chambre d’enregistrement d’une désignation devenant bien complexe ?

Connaissant relativement bien FTs, la place autoritaire qu’occupent les syndicats au sein de France 3 a toujours été un problème pour la gouvernance de cette entreprise. Forte de ses vingt six antennes régionales, merci Alain Peyrefitte leur promoteur, et de son antenne nationale, les syndicats ont toujours pesé très lourdement sur tous les sujets, investissements, personnels, ligne éditoriale.

Sujet de bien des plaintes en terme d’égalité de traitement opposition majorité, le CSA n’aura jamais été en mesure de canaliser les positions très gauchisantes tels qu’elles apparaissaient aux journaux 12/13 & 19/20 de France 3 en période de conflits sociaux.

Journal régional Plus national martèlent l’un après l’autre en donnant avec largesse et connivence la parole aux manifestants, aux grévistes, aux micro-trottoirs sans aucunes réserves, sans droit de réponse ni égalité de temps de parole. Silence on tape sur la droite!
De la bonne vielle intox Stalinienne au 21ième siècle !

J’entends que les journaux de France 3 pourraient être allongés à un format de 1heure 15 pourquoi pas, avec la belle Audrey qui a son fan club pourquoi pas, avec je l’espère une rédaction un peu moins sectaire plus responsable et plus dynamique.
A titre personnel je suis un fan des éditions régionales que je visualise sur le net.

La Télévision publique représente la France.
La télévision publique n’est :
() Ni la chose du gouvernement, elle n’est pas à sa botte
() Ni la chose des syndicats qui poursuivent des objectifs politiques, telle la lutte des classes.
Le CSA doit pouvoir arbitrer plus efficacement à France 3 en matière de parité et d’égalité de traitement majorité opposition.
Alain

Alain 06/12/2008 18:16

Hervé Bourges et Catherine Tasca, personnalités de gauche, ont été promus à la direction du CSA, par qui ???

Alain 06/12/2008 16:26

Sedat, partagez-vous cette affirmation de Pierre Louys: Molière est un chef-d'oeuvre de Corneille.