PS: le pire des scénarios

Publié le par Pierre-Luc Seguillon

 

 

            Je terminais hier ma dernière chronique sur ce blog en évoquant le pire des scénarios pour le PS. Eh bien ! Le pire est arrivé. Quarante deux voix de différence sur 130000 électeurs entre une Martine Aubry proclamée hâtivement Premier secrétaire du PS et une Ségolène Royal qui réclame un nouveau vote.  On ne pouvait imaginer situation plus catastrophique pour ce parti au terme d’un congrès calamiteux.  Les militants qui ont donné leurs voix au maire de Lille demeurent persuadés que tous les malheurs du PS sont dus à ce trouble fête qu’est Ségolène Royal  depuis  trois ans. On n’enlèvera pas de l’idée des partisans de l’ancienne candidate à la présidentielle qu’elle a été en définitive victime d’un véritable complot des éléphants et de l’appareil dont la seule ambition commune était de lui faire barrage. Ajoutons à cela les traditionnels soupçons de tricherie dans les fédérations et particulièrement dans les grosses fédérations  et l’on aura une idée du climat de guerre civile qui caractérise désormais la vie du  parti socialiste.

Ce qui est certain c’est que le véritable débat qui partage aujourd’hui les socialistes – conception du parti, positionnement sur l’échiquier politique, stratégie d’alliance, corpus idéologique n’est toujours pas tranché au terme du congrès de Reims et moins encore au terme de cette élection. Théoriquement, Martine Aubry, proclamée gagnante par les instances du PS, peut gouverner ce parti. Elle aura pour elle une majorité au parlement du PS, le conseil national. On voit mal cependant comment la dame des trente-cinq heures,  femme de caractère certes, mais  carrée et brutale dans son propos, pourra réconcilier les deux ailes de cette formation aujourd’hui littéralement brisée, cassée, blessée. Pas un instant, Ségolène Royal ne renoncera à suivre  comme elle l’entend un chemin dont elle est convaincue qu’il la conduit naturellement et légitimement à l’élection présidentielle. Bertrand Delanoë, le grand perdant du congrès de Reims, espère sans doute secrètement de son côté que ce dénouement favorable à Martine Aubry lui redonne un petit espace pour 2012. Il serait naïf de penser que Martine Aubry ne cultive pas désormais une même ambition présidentielle.

Autrement dit, rien n’est réglé, rien n’est tranché au parti socialiste. Le feuilleton calamiteux – tragi-comique,  offert depuis des semaines par les socialistes aux Français va se poursuivre. Nous ne sommes pas au bout des rebondissements… surtout si, au terme de leurs chamailleries, les socialistes décident d’organiser un nouveau vote pour clarifier une situation quasi inextricable !

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Claude 30/11/2008 19:26

LM,
Allez posez le sur la table on va trier. Mais dites nous au moins de quoi vous parlez que l'on sache par où commencer.

eLleaiMe 29/11/2008 00:28

Claude,
Ne soyez pas un conservateur qui se nie , dont le sens de la réforme se résume au privilège de conservation de son égo .
L'ignorance a cette vertu d'être que l'erreur humaine est à l'échelle de son savoir .
En d'autres termes plus le savoir est grand et plus l'erreur devient humaine .
Petites gens ou gens d'en-bas votre ignorance décuple mon erreur humaine !
Sir ou majesté , que votre bon vouloir soit humainement erroné !
La révolte des paysans ( des gueux) nous interdirait-elle de consommer notre privilège !
J'entends 150.000 adhérants , comme d'autres 370.247 ou 109.239 adhérants, vouloir règner sur 64 millions de personnes et surtout les 23,5 millions d'actifs ;OUI , à la réforme .....

ESQUIRE 25/11/2008 12:34

Un parti politique s'articule généralement autour d'idées et d'un programme que défendent ensuite leur principaux partisans.
Nous avons un PS où les partisans le sont ... d'eux mêmes et une absence totale d'idées et de programme!
Depuis plus de 10 ans, M. Hollande critique tout mais ne propose rien. Les candidats à sa succession, refondateurs ou réformateurs du parti, restent apparemment fidèles à cette "ligne". A quoi donc sert aujourd'hui le PS ?

Claude 25/11/2008 09:20

LM,
Ne soyez pas plus royaliste que sire Bayrou qui reconnait lui même qu'il s'agit d'une erreur humaine pardonnable et pardonnée (dont, au demeurant, il est le bénéficiaire puisque cela à créé le Buzz en sa faveur).

La différence essentielle c'est qu'à l'assemblée, très démocratiquement, l'historique des votes individuels est conservé et que les erreurs s'expliquent toujours quand il est nécessaire de les expliquer. De plus, cette erreur n'a pas faussé le vote (+ une voix - une voix).

Je vais mettre votre erreur d'appréciation au compte de l'erreur humaine plutôt qu'au compte de la mauvaise foi ou de l'ignorance.

Bien sûr que la démocratie au PS concerne les adhérents lésés. Mais il est quand même important que les sympathisants sachent à qui vont leurs sympathies et en tant que non sympathisant, je suis heureux d'être conforté dans mon jugement (on sait jamais des fois que je me sois trompé depuis des années... Ouf ! je suis rassuré).

Salutations,
Claude

Jeff de Burlats 24/11/2008 20:32

Et pour tout ça....le silence!
(Léo Ferré - Requiem)