Nicolas Sarkozy est-il devenu de gauche ?

Publié le par Pierre-Luc Seguillon

                                 

            Au regard des nouvelles mesures annoncées par le chef de l'Etat, certains se demandent si ce dernier ne s'est pas converti à la social démocratie !.
            Si être de gauche signifie  remettre en cause le capitalisme, Nicolas Sarkozy n’est pas de gauche. Il explique qu’il veut "refonder le capitalisme" afin qu'il  ne soit plus, à intervalle régulier, saisi de convulsions financières. On peut se demander pourtant si la crise n’est pas un phénomène inhérent au système.

            Si être de gauche c’est prôner l’intervention active de l’Etat et des exécutifs européens dans l’économie, le président de la République peut sembler brouiller  les frontières partisanes et bousculer ses propres repères.

            Le président a sonné la mobilisation de l’Etat pour sauver les banques, pour sauver les entreprises et aujourd’hui pour sauver l’emploi. Et il s’efforce, avec plus ou moins de bonheur, à faire de même au plan européen.

          Nicolas Sarkozy est pragmatique. Il n'a de cesse de le proclamer et de le démontrer. C’est une vertu dans la gestion de cette crise. Il est ainsi capable de se départir des positions qui étaient hier les siennes pour aujourd’hui prendre des mesures d'urgence  aux antipodes de sa philosophie politique passée.
           Il y a un an, il applaudissait hier le modèle américain et encourageait l’accession à la propriété par l’emprunt. Il dénonce aujourd'hui des banques qui ont pêché par imprudence en stimulant une course aberrante au crédit.

            Il critiquait jadis une économie fondée sur l’assistance et des emplois artificiels financés par l’Etat. Il annonce aujourd’hui la création massive d'emplois aidés et n'hésite pas à recourir au traitement social du chômage.

            On l'a connu plutôt méfiant à l’encontre de l’échelon européen. Depuis qu’il en préside le Conseil,  il est plus européen que les Européens.

            Nicolas Sarkozy est animé d’une énergie peu commune. C’est une incontestable qualité dans la tourmente. Doué d'une quasi ubiquité, le président  est sur tout les terrains, nationaux, européens, internationaux. Il n’est pas un jour qui passe sans qu’il prenne, ou du moins annonce, une nouvelle initiative.

            Mais ce pragmatisme et cet activisme ne vont pas sans inconvénient. 
            Au plan national, à trop annoncer sans proposer une vision à plus long terme, le président donne le sentiment d’une action brouillonne qui peut avoir l’effet anxiogène inverse de celui qu’il voudrait produire.

            Les milliards sont apparemment distribués sans compter au point que nul ne s’y retrouve dans cette comptabilité. Les mesures pleuvent  et il est bien difficile de distinguer dans un flot ininterrompu de promesses,  ce qui est annoncé, ce qui est décidé et ce qui est ou sera effectivement concrétisé.

            Au plan européen, à force de se prendre pour le patron d'une Union européenne dont il ne fait que présider le Conseil jusqu'à la fin de l'année, Nicolas Sarkozy risque d’en désunir les membres au moment où il conviendrait qu’ils soient plus unis. L’Allemagne renâcle. Jean Claude Junker est déstabilisé. Le président Vaclav Klaus, qui doit prendre le relais de la président européenne en janvier prochain , reproche au président français  de vouloir siphonner la présidence tchèque et d'instrumentaliser l'Europe à son seul profit politique et médiatique!

            Le problème n’est donc pas de savoir si Nicolas Sarkozy est de gauche ou de droite mais de savoir si son action est ou non efficace et dans quelle mesure elle s'inscrit ou non dans un projet cohérent de long terme.

 

 

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Bea 04/11/2008 11:14

Mon pauvre Claude, c'est bien la peine d'etre un érudit économiste soixante-huitard, un vrai-faux prix Nobel en économie qui a loupé sa carrière, pour faire de réflexions d'une telle puérilité digne d'une cours de collège...

Claude 02/11/2008 10:37

Chère Béa, Je n'ai jamais dit que je vous trouvais adulte... Au collège on ne fait pas de politique en classe (j'espère que c'est vrai partout) mais les gamins ont généralement plus de jugeotte que beaucoup d'adultes.

Bea 01/11/2008 20:04

Il est clair cher Claude, qu'il est bcp plus facile de convaincre un gamin de voter Sarko qu"un adulte..:))) hihihihihihihi

Jeff de Burlats 31/10/2008 19:56

Cher Sedat, victime du syndrôme d'Obélix dès ma plus tendre enfance dans les corons quand je L'ai vu et entendu, j'erre désespéremment dans le désert politique français à la recherche du gaullisme,depuis que je suis libre de tout devoir de réserve, ... Que de moulins, que de moulins...

Claude 31/10/2008 19:56

Hi ! Hi ! Vous êtes impayable.

Béa, "pas grand monde" cela veut dire presque personne. Comme vous ne me comprenez pas plus que les autres je suis donc englobé dans tout ce qui n'est pas ce "pas grand monde" là.

Moi qui me croyais pédagogue parce que je faisais comprendre des choses plutôt compliquées à des enfants de 10 à 16 ans, voilà que je n'arrive même pas à faire comprendre quelque chose d'ultra simple à une Maître de conférences en Statistiques Physiques qui n'est même pas encore vieille. Je baisse, la retraite ne me vaut rien.

Hi ! Hi !
Bonsoir,
Claude