Nicolas Sarkozy: les dividendes politiques de la crise

Publié le par Pierre-Luc Seguillon

                                 

 

            Si l’on considère le moment présent, une évidence s’impose : la crise est politiquement bénéfique à Nicolas Sarkozy.

 

1.           D’abord, et cela tient à ses qualités propres – volontarisme, dynamisme, pragmatisme, ténacité, parce que la crise a confirmé et conforté son image présidentielle. Servi par les circonstances qui l’on placé à la tête du conseil européen pour six mois, le président de la République est apparu comme le véritable patron de l’Europe  capable de bousculer les réflexes nationaux, de prendre des initiatives audacieuses et de fédérer les énergies de l’Euro groupe.

 

2.           En second lieu, la manière dont Nicolas Sarkozy  a géré cette crise – après un court temps de flottement,  lui a valu  le soutien quasi unanime de toutes les catégories de la population tant la peur avait envahi les esprits: les banquiers qui respirent, les agents économiques soulagés et les Français rassurés sur leurs dépôts…

 

3.           Paradoxalement encore, la crise sert le chef de l’Etat en ce qu’elle le délie, de fait, d’engagements électoraux dont il apparaissait, depuis des mois déjà, qu’il ne pourrait les tenir : hausse du pouvoir d’achat, retour à l’équilibre  budgétaire, baisse du chômage. La crise vaut excuse inespérée pour le chef de l’Etat !

 

4.           J’ajouterai enfin que cette crise est source d’une véritable jubilation politique chez Nicolas Sarkozy  Non, bien évidemment,  qu’il ait souhaité ce tsunami financier ou  s’en réjouisse. Mais la crise  est pour cet  hyperactif,  comme l’a été le conflit russo-georgien, cet été, l’occasion de donner toute sa mesure.

 

            Seulement, si l’on considère l’avenir, il n’en va pas tout à fait de même. C’est maintenant que commencent les vraies difficultés avec les effets différés et inévitables de cette crise financière sur la réalité économique et sociale du pays. Un train de réformes complètement chahuté, un projet de budget trop évidemment caduc, un chômage irrestiblement en hausse, une grogne sociale quasi programmée ! Toute la politique de l’Exécutif est à retricoter. Et les dividendes politiques que Nicolas Sarkozy retire de son action dans l’instant risquent d’être éphémères dans la durée.

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Bea 17/10/2008 10:00

Claude , je ne sais pas sur quel ton il fallait prendre votre message, mais sachez que je l'ai pris sur le ton de l'ironie et de la méprise....

Quant à ce brave Christophe Barbier, je suis d'accord avec vous: depuis qu'il a annoncé fierement qu'il etait le meilleur ami de Carlita, et qu'il s'était venté d'etre le premier a interroger la premiere dame en passant sur toutes les emmissions people de la télé (en oubliant de censurer dans son interviez la comparaison stupide de Carlita avec les collabos de 1940...), Mr Barbier a vu ses chevilles doubler de volume, et a perdu toute sa crédibilité, bien que son début de carrière fut remarquable. Cher PLS, vous auriez du faire une leçon de journalisme à votre collègue....

Claude 16/10/2008 21:12

Béa,

Pour une fois que je me fendais d'un sourire pour vous donner raison...

Bea 16/10/2008 17:45

Je crois cher Claude qu'en parlant de fours crématoires, vous vous lancez sur un sujet plutôt glissant et dangereux ... De telles phrases minables et comparaisons à deux balles, sont diffamatoires, et répréhensibles!

N'est-ce pas, cher Claude, le grand économiste, qui n'a d'ailleurs même pas su venir la crise.

Alain 15/10/2008 18:59

Le PS s’abstient

Dans la compétition mondiale, l’équipe européenne est soudain prise d’une crampe systémique, elle n’avance plus, boit la tasse et menace de couler.

Que font les dieux politiques de l’olympe ? Rapidement le gouvernement européen propose un remède à cette crampe qui met en péril toute son équipe, le gouvernement français met en musique le remède qu’il lance à son représentant en grande difficulté sous forme d’une triple bouée de sauvetage.

Le parlement français est consulté, que vont-ils décider ?

Les français sont impatients, vont-ils comme le parlement britannique lancer les trois bouées en même temps (droite, gauche et centre) afin d’aider leur représentant à surmonter cette crise dans l’union nationale ?

Et bien, que voit-on ?
- La droite lance sa bouée avec enthousiasme
- Le centre lance sa bouée avec conviction
- La gauche socialiste, ronchonne, demeure bras croisés et s'abstient, elle ne veut pas lancer sa bouée au prétexte qu’avec cette bouée la France ne pourra pas nager pour cette croissance négligée (mieux vaut couler)
- Quand à la gauche communiste, elle a tendu le poing pouce vers le bas, en lançant sa bouée lestée d’une gueuse de plomb !

Après cela, après certains sifflets, on viendra nous dire qu’on aime la France !
Alain

Alain 15/10/2008 18:49

Cher PLS,
Si l’on peut se féliciter de voir l’Europe enfin gouvernée, dynamique, réactive et créatrice comme l’ont publiquement déclaré les Présidents de l’Europe, pour la BCE, la Commission et l’Eurogroupe ; Eux qui félicitaient l’action de Nicolas Sarkozy, Président du Conseil européen, je ne suis pas certain que les français en soient très conscients, contrairement à votre déclaration « les dividendes politiques que Nicolas Sarkozy retire de son action dans l’instant ».

D’ailleurs les sondages d’opinions effectués les 10 & 11 octobre (BVA) montrent au contraire une perte de confiance de l’ordre de 2 points par rapport à septembre.
Il est vrai que lorsque l’on constate que nos enseignants universitaires de haut niveau ne font pas la différence entre les milliards de garantie susceptibles d’être proposés en crédits de refinancement bancaires remboursables ou en augmentation capitalistique de fonds propres et les Milliards du budget de fonctionnement de l’Etat pour être dépensés (santé, travaux, écoles…) il apparait bien difficile de convaincre le français moyen de la crédibilité de mesures financières ayant en fait peu d’impact sur le budget de l’Etat.

Ce devrait être votre rôle à vous journalistes d’avoir cette fonction didactique économique, or que constate-t-on, soit des déclarations ânonnant les mesures officielles, soit des débats de vrais spécialistes économiques qui ne tiennent pas compte de la compréhension du public.
Alain