Crise: des doutes et des certitudes

Publié le par Pierre-Luc Seguillon

                             
Tous les sondages le démontrent : d’une part  la crise avec  d’éventuels défaillances des banques françaises ainsi que le plan  Paulson avec  son hypothétique efficacité , d’autre part à nouveau l’emploi sont les deux préoccupations majeures des Français.  Aucun expert n’est aujourd’hui capable de dire l’amplitude des répercussions de cette tourmente financière sur l’économie réelle. En dépit de leurs paroles rassurantes, les dirigeants politiques demeurent en réalité encore fort dubitatifs quant à l’ampleur des dégâts provoqués par cette crise dans le système bancaire. Dans cette situation mouvante, bien  difficile à cerner,  il est néanmoins possible d’avancer quelques certitudes.

            A court terme, il faudra que la confiance revienne d’abord aux Etats-Unis avant d’espérer qu’il en aille de même dans les autres pays touchés par cette crise. Et il faudra attendre, pour ce faire, que l’Amérique se donne un président. On peut raisonnablement penser qu’une élection de Barak Obama créerait, par sa nouveauté, un choc autrement salutaire pour un rebond financier et économique que celle d’un John Mc Caïn trop évidemment inscrit dans la continuité de l’ère calamiteuse de Georges. W. Bush.

            Dans l’immédiat, il serait urgent que les Européens présentent un front uni et cessent de tirer chacun la couverture à soi. Il serait aussi opportun que le président français dont on peut louer le dynamisme avec lequel il tente de convaincre ses partenaires européens de la nécessité d’une action coordonnée, dont on doit reconnaître les efforts pour rassurer ses concitoyens, soit néanmoins plus économe de sa parole et de ses démonstrations publiques. La gesticulation fiévreuse ne vaut pas action et elle risque d’avoir l’effet contraire de celui escompté : créer l’inquiétude au lieu de prévenir la panique.

            A long terme, dirigeants des banques centrales, leaders politiques et responsables des institutions financières internationales en conviennent tous : une refondation du système est nécessaire et l’établissement de  nouvelles règles prudentielles indispenable.

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olivier 12/10/2008 11:03

Je constate avec plaisir que vous "arbitrez" vous aussi une part de responsabilité à chaque type de crise et d'autre part bien que votre argumentaire bien lissé soit reconnu par certains économistes, je fais partie de ceux qui attribue une part non négligeable de nos misères à l'irrationnalité des acteurs économiques.
Donc si tout était aussi simple on aurait déja les remèdes efficaces (La BCE et la FED en sont un exemple)
Salutations

Claude 11/10/2008 00:12

Olivier,

Je sais plus de choses que vous ne le pensez.

Vous exprimez votre point de vue et celui de pas mal d'autres qui aiment les choses compliquées.

Déjà il faut savoir que les hommes se compliquent beaucoup la vie pour contrecarrer la propension qu'ont les flux économiques à s'organiser d'eux mêmes. Ils s'organisent selon des principes assez simples et il est très compliqué de les en empêcher.

Donc les choses sont simples :

Les bourses plongent simplement parce qu'il y a plus d'offre que de demande solvable. Cela correspond très simplement à la très simple définition du "marché". La course aux liquidités provoque des ventes en masse (le plus souvent pour assumer des opérations à terme bien mal rémunératrices). Ceux qui ont des liquidités achètent mais un peu plus prudemment. Chaque jour les acheteurs regrettent de ne pas avoir attendu un jour de plus.

Je ne vois pas ce que vous voulez dire en parlant d'arbitrage entre la crise financière et la crise économique. Comme il n'y a pas d'arbitrage entre la loi de Newton et la pomme qui tombe, il n'y a pas plus d'arbitrage (qu'est ce que ça veut dire dans le contexte ?) entre la crise financière et la crise économique qu'elle active.

Le cheminement est simple :
1 - croissance trop forte (trop forte ?)
2 - les profiteurs spéculent et font tout flamber y compris et surtout le pétrole et les matières premières, matières d'oeuvre ou alimentaires.
3 - une crise économique en découle (une crisette pas bien méchante en nous organisant bien on peut l'assumer)
4 - La croissance s'essouffle, les salaires ne progressent plus alors que les prix montent.
5 - Les spéculateurs pauvres n'ont plus de quoi payer des échéances qui croissent (taux variables) et leurs biens sont dévalorisés par un marché qui stagne.
6 - Les banques saisissent les bien financés, ne trouvent pas à les revendre même au rabais et font encore baisser le marché. Elles se retrouvent avec des tas de garanties sans valeur sur les bras et n'ont pas de quoi rembourser leurs propres emprunts. La chute des dominos commence. C'est la fin de la phase subprimes.

7 - Les garanties sans valeurs déprécient les bilans. Les bonnes créances sont garanties comme les mauvaises par des biens qui ont baissé. Cela entraine une sur-dévalorisation des bilans (il faut revoir cette façon de comptabiliser les provisions et d'évaluer les risques. Je dis casse cou depuis 1984 et la 4e directive comptable mais je ne vois pas beaucoup de bonnes solutions).

8 - Les organismes financiers n'ont plus confiance les uns aux autres (qui empruntent le plus souvent pour rembourser des dettes). L'argent ne circule plus et de toutes les façons il y en a de moins en moins. Ceux qui en ont veulent bien en prêter aux Etats solvables mais plus aux personnes physiques ou morales. C'est la crise financière et la bourse qui baisse n'en est que le symptome.

9 - Quand les entreprises petites ou grandes n'ont plus d'argent à investir l'activité ne progresse plus, voire décroit et l'emploi suit le même chemin. De toutes les façons elles ont plus de mal a trouver des clients. C'est la crise économique.

Les ignorants qui opposent le capitalisme et le dirigisme (ceux qui ne savent pas parlent de keynésianisme parce qu'ils ont entendu ce mot qui est joli à la cellule locale du PS ou du PC mais je fais le pari que Keynes ne serait pas socialiste aujourd'hui, on peut en discuter) sont pas bien malins car cette crise aurait eu lieu d'une manière ou d'une autre quel que soit le régime politique dominant du monde. Quand l'activité est trop forte il n'y a pas assez de capitaux en circulation pour la financer, que ces capitaux soient gérés par des Etats ou des particuliers. L'expérience prouve qu'avec un régime socialiste les capitaux disponibles s'amenuisent très vite toutes autres choses étant égales par ailleurs. Si le monde entier était socialiste la crise aurait eu lieu plus tôt car il y aurait eu pénurie de capitaux plus tôt. Mais elle aurait été moins grave car on perd beaucoup plus quand on a beaucoup plus à perdre. Dans une économie de pénurie les cracks sont des vaguelettes au lieu d'être des tsunamis.

La crise financière s'arrêtera bientôt (3, 6 mois ?) mais la crise économique durera bien plus (un an , un an et demi ?). IL va falloir gérer les états au coup par coup et naviguer à vue pendant au moins 18 mois. Si à l'issue de ces 18 mois les réformes structurelles indispensables ne sont pas largement entamées nous mettrons plusieurs années à nous en remettre.

Il y a des tas de gens qui ne connaissent rien en dehors de la gestion cantonale et qui parlent à tort et à travers. Ces gens sont plus dangereux pour la confiance que les financiers les plus véreux.

J'espère avoir été aussi simple que je le voulais et sans être trop caricatural.

Cordialement,
Claude

olivier 09/10/2008 22:29

Claude vous ne savez rien de l'arbitrage crise fianciere crise économique (réelle)... personne ne sait vraiment (y compris les banques) et c'est pourquoi les bourses plongent. La crise s'arretera mais personne ne sait quand...

eLleaiMe 09/10/2008 19:38

Bonjour ,
Est-ce Gordon Brown qui brise l'alignement de l'atlantique ou Sarkosy qui rallie cette ligne ?
Je parle de ligne parce qu'il s'agit bel et bien d'un joli appât tendu par cet minorité de pêcheurs aux millions de poissons .
Suivre les déblocages Etatiques de numéraire pose la question des "CAGNOTTES" le jour ou des millions de personne sont sevrées de leurs acquisitions immobolières et d'autres de leurs socialisations .
Cette CREASE est de minute en minute la révélation de moyens mis au service d'une doctrine.
Oui l'économie n'a jamais été en danger ; La raison est très simple elle est la seule CREATION DE RICHESSE .Ces personnes peuvent influer le cours des indices boursiers , la direction des investissements financiers ; Mais n'ont aucun pouvoir sur la REALITE DU TRAVAIL .
Décortiquer au maximum le métier de base de chaques entreprises pour sous-traiter toutes les annexes ne détruit pas la valeur ajoutée mais contrairement la multiplie :Cette "CAGNOTTE" est-elle le "SURPLUS" (plus-values)de la valeur ajoutée récupérée par les Etats alarmistes (sauf l'Allemagne qui a tout réinvestit pour l'unification ) ?
Dans ce cas je reviendrais à ce que je disais bien avant : Il s'agit de "BLANCHIEMENT D'ARGENT" .La plume de l'aigle dévoile son message .Mettre en place la maitrise de l'inflation des salaires a permis aux Etats de prélever au nom de la solidarité (déficit).Le détournement est le reflet du déficit budgétaire social.
Ha ! claude dit moi le contraire avec tes mots.

jean-marc 09/10/2008 13:41

Bonjour,
La crise financière actuelle a entrainé une baisse significative des cours du pétrole depuis leur plus haut (peut-être du lui aussi à une spéculation liée aux difficultés financières des établissements financiers).
Ce qui m'étonne actuellement est que personne ne demande une baisse des tarifs du gaz, dont les hausses décidées en début d'année et en juillet étaient liées au cours élevé du pétrole. Ce pétrole baisse et le gaz reste au prix le plus élevé. Curieux ???
Jean-Marc