Sarkozy change de cap et tient la barre!

Publié le par Pierre-Luc Seguillon

Nicolas Sarkozy n’a pas changé d’image.


Dans la tempête, Nicolas Sarkozy  a changé de cap économique. Crise oblige!

Une crise dont il a reconnu la semaine passée qu’elle aurait un impact négatif sur la croissance, l’emploi et le pouvoir d’achat. Le triptyque autour duquel il avait construit son programme  et qu’il entendait mener à bien grâce à des solutions libérale est aujourd’hui largement compromis. La croissance est en berne, le pouvoir d’achat ne cesse de s’éroder. L’emploi est en chute libre.

 

Pragmatique Nicolas Sarkozy prône désormais l’intervention de l’Etat sur la scène nationale garantissant la sécurité du système bancaire et une action conjuguée des gouvernants européens au niveau de l’Union pour prévenir d’éventuelle déroute d’institut financier.

 

Social, le chef de l’Etat n’hésite pas à relancer les emplois aidés, à revaloriser les retraites, à augmenter la prime de Noël, à faire racheter par l’Etat quelques 40000 logements pour pallier les effets de la crise.

 

Hétérodoxe, Nicolas Sarkozy laisse désormais filer les déficit pour financer ce plan très social démocrate d’accompagnement de la crise. Il y est encouragé par son conseiller Henri Guaino qui propose rien moins que de mettre provisoirement au congélateur les critères de maastricht. Du Chevènement dans le texte!

 

Aujourd'hui avec la crise financière comme hier avec la crise géorgienne, la première préoccupation de Nicolas Sarkozy est en réalité, quitte à opérer un virage politico-économique à 180%, de démontrer à l’opinion qu’il y a un capitaine à bord, que celui-ci tient la barre, qu’il n’est pas inerte et qu’il agit comme président français et comme président du conseil européen.

 

Difficile de dire aujourd’hui quelle portée aura cette nouvelle politique économique plus porche de l’orthodoxie sociale démocrate que de l’orthodoxie libérale. Difficile aussi de dire si Nicolas Sarkozy parviendra samedi à trouver un compromis heureux avec ses partenaires européens, notamment avec Angela Merkel qui répugne à une action européenne globale.   En revanche l’image d’un président, présent, actif, est essentielle aujourd’hui, sinon pour rétablir la confiance du moins pour éviter un vent de panique qui ne ferait qu’ajouter une crise à la crise.       

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eLle aiMe 07/10/2008 00:02

Bonjour ,
Bravo alain ,
Enfin quelqu'un qui parle spéculation ici ; Je commençais à me demander , si en parler devenait tabou !
Et oui , la balladurette , la jupette , la fignonne , bien médiocre , à côté de la sarkosette . LE RETOUR GAGNANT sur investissement banquier >>> l'économie de marché va galoper à brides tirées .
Combien de gens sur le bas côté pour saliver devant la caravane ?
Je dis et redis CREASE FINANCIERE FACTICE OU FACTITIVE !!!!
La caravane ne s'arrête pas ; Elle achemine sa cargaison : L'USURE .
Bien à vous .....

Alain 04/10/2008 18:17

Cher PLS,

Le Monde est au bord du gouffre
Le monde est au bord du gouffre, déclare François Fillon, premier ministre devant les parlementaires UMP, reprenant à son compte l’article paru dans le New York Time du 2 octobre sous la plume de Paul Brugman. Pourtant, que faisaient hier nos commentateurs du microcosme, « Récession or not récession, that’s the question ? » L’Insee venait de publier sa prévision de croissance de Q3 (-0.1%), on se souvient que la banque de France l’avait établi à (+0.1%), l’Insee prévoyant pour l’année une croissance du PIB de (+0.9%), croissance molle nous ont dits Christine Lagarde et Eric Woerth.

() La crise économique européenne
Depuis le début d’année on peut parler d’une Crise Economique Européenne alimentée par : l’Euro fort et les dumpings monétaires (dollar, yen, yuan), le 3° choc pétrolier, l’augmentation des matières premières et la crise financière des Subprime qui commence à éclabousser les marchés boursiers et les résultats des groupes bancaires en Europe.

Crise européenne identifiée par un ralentissement général en Europe depuis le second trimestre (PIB -0.2/-0.3%), alors qu’aux US, jusqu’en juillet-août 2008 le taux de croissance se maintenait à un rythme de 3%, une dernière prévision d’avant crise financière faisait état de 2.4% pour 2008.
L’Espagne lançait en juillet un plan de relance similaire à notre Tepa, avec la suppression complémentaire de l’ISF. Crise qui affecte nos marchés de l’emploi, France +40.000 chômeurs, Espagne +70.000 chômeurs pour le dernier mois.

() La crise financière mondiale
Les places boursières du monde entier ont enregistré une chute vertigineuse de leurs valeurs, la bulle immobilière des prêts hypothécaires Subprime du nom des facilités de crédits immobiliers données aux plus nécessiteux américains sous l’impulsion bienveillante des administrations fédérales Clinton d’abord puis Bush, administrations sourdes aux nombreuses voix qui s’alarmaient des conséquences dramatiques d’un retournement du marché immobilier. Eh bien ! Nous y voici !

Les banquiers ont leur part de responsabilités, l’Etat fédéral également, on peut s’étonner de constater que le plan Henry Paulson (3) qui vient d’être adopté donne le sentiment d’une certaine improvisation alors que les dérèglements étaient engagés et prévisibles selon certains experts, les élections peut-être ?
Depuis moins d'un an la bourse de Paris aura perdu 30%, Moscou 60%, nos grands argentiers sont au chevet des finances européennes et mondiales, il y a urgence.

L’effet sur l’économie réelle sera rapide par la frilosité des crédits, les réseaux bancaires ont une visibilité très réduite sur leurs liquidités, il est primordial de maintenir la confiance des déposants et de restaurer la confiance des échanges interbancaires aujourd’hui très écornée.

C’est avant tout l’objectif du plan Paulson, assécher les produits corrompus et restaurer au plus vite la confiance interbancaire moteur de l’économie réelle.
De nombreuses lignes de crédits industriels ont été coupées, aux US en Russie interrompant des ouvrages en cours. Wall Street est en train de transmettre sa fièvre à Main Street, l’économie réelle.

En France les premières annonces, garantie de l’Etat aux déposants, garantie de l’Etat à la sauvegarde des banques sont de nature à stabiliser les déposants. Le métier de base des banques doit absolument être préservé afin d’alimenter les deux moteurs de croissance que demeurent la mondialisation et l’innovation.

L’immobilier doit être soutenu, en dépit des disclosure US, l’Etat va étendre sa garantie pour 30.000 logements sociaux, la ligne de crédit bancaire passant de 20% sur les projets jusqu’à présent à un taux de garantie de 60%.

Le G4 discute, formons le vœu que dans les prochains jours, des décisions européennes de consensus puissent enrayer les menaces réelles de grave dépression. Les américains ont su dépasser leurs différences associant leurs responsables Républicains & Démocrates, en France malgré la crise qu’il annonce sans fard, François Fillon ne reçoit aucun écho de la classe politique à son appel à l’union nationale!
Alain

Ps : Sur la base d’un taux de foreclosure relativement modeste pour cette crise, des spécialistes US prédisent une grande destinée au trading du siècle de Paulson, coût 700B$ retour 1400B$ ! Hors effet collatéraux sur l’économie.

Alain 04/10/2008 14:56

Quand l’Etat fédéral américain inocule le virus des Subprime

A compter de 1993 le département US Housing Urban development (HUD) devint l’organisme de tutelle de Freddie Mac et Fannie Mae. Les différents patrons du HUD utilisèrent ce pouvoir sur Freddie Mac et Fannie Mae pour augmenter l'accès au crédit des classes impécunieuse en particulier aux minorités américaines.

Ainsi, les différents patrons du HUD purent-ils faire adopter des mandats obligeant les GSE (Freddie & Fannie) à compter au moins 42% de prêts Subprime dans leur portefeuille (1995), 50% en 2000, et 56% en 2004 !
Cela, incita certaines banques peu scrupuleuses à commercialiser de la Subprime à n'importe qui, à n'importe quel prix.

Voir l’article du New York Times de septembre 1999 du lien suivant.
http://query.nytimes.com/gst/fullpage.html?res=9C0DE7DB153EF933A0575AC0A96F958260&sec=&spon=&pagewanted=print
Alain

Alain 04/10/2008 12:53

Un timonier récompensé à la barre

Pour ceux qui ne le savaient pas, notre Président aura reçu fin septembre deux récompenses internationales importantes :

() La première celle de la fondation Elie Wiesel, prix Nobel de la paix, qui le couronne pour son action au profit des droits de l’homme dans le monde

() La seconde celle de la plus puissante ONG américaine, la fondation Appel à la Conscience ACF dont le président et fondateur Arthur Schneier explique que "Nicolas Sarkozy a fait preuve de détermination et persévérance dès qu'il est apparu dans l'arène internationale où il s'est attaqué aux défis politiques, sociaux et humanitaires d'aujourd'hui" , "Il s'est fait le champion des droits de l'Homme, de la démocratie et de la tolérance, lui décernant « Le prix mondial de l’homme d’Etat 2008 »
Je suis certain de faire plaisir à tout le monde ici, n’est-ce pas
Alain

Alain 04/10/2008 12:49

Les parachutes dorés:
Beaucoup de commentateurs et spécialistes politiques, semblent avoir la mémoire bien courte pour avoir déjà oublié cette loi N° 2007-1223 du 21 août 2007 et de son article 17 voulu par Nicolas Sarkozy pour contrer et encadrer par la loi les contrats de droits privés offrant des parachutes dorés à des dirigeants d’entreprises en graves difficultés, comme ce fut le cas pour Jean-Noël Forgeard Chez EADS/Airbus.

Article 17
I. – L’article L. 225-42-1 du code de commerce est complété par cinq alinéas ainsi rédigés :
(1/5) « Sont interdits les éléments de rémunération, indemnités et avantages dont le bénéfice n’est pas subordonné au respect de conditions liées aux performances du bénéficiaire, appréciées au regard de celles de la société dont il préside le conseil d’administration ou exerce la direction générale ou la direction générale déléguée. »

Les alinéas 2-5 sont relatifs au contrôle des critères et au non versement avant toute décision actée en assemblée par le conseil d’administration.

Cependant comment interpréter aujourd’hui la demande présidentielle sous forme d’ultimatum au patronat ? Les entreprises et les grands groupes doivent établir des règles, éthiques et contractuelles, de sorte que les critères de performance des responsables dirigeants vis-à-vis de ceux de l’entreprise ne puissent donner lieu à interprétations susceptibles de contourner l’article 17 ci-dessus.

Si rien n’était fait, le législateur pourrait comme un amendement, repoussé, l’avait proposé en août 2007, limiter le montant des rémunérations (l’amendement fixait une valeur maximale de 1M€). Voilà qui ne favoriserait pas la recherche d’un talent concurrent, qui pourrait risquer d’être remercier sans indemnités réellement compensatrices.

Naturellement notre législation française ne saurait s’appliquer "aux entreprises et groupes étrangers". Obtenir une législation internationale similaire à la française et une éthique internationale afin de supprimer certaines aberrations serait un progrès appréciable.
Alain