Crise: les générations à venir paieront l'addition

Publié le par Pierre-Luc Seguillon

        
En l'espace de quelques jours et en trois temps, trois mouvement, l’Exécutif a opéré un virage radical.

 

Il y a peine dix jours, le propos gouvernemental se voulait rassurant. La situation est sous contrôle, nous expliquait Christine Lagarde. Le système bancaire français est particulièrement sain. L’impacte de la crise financière ne saurait être que marginal.

 

Jeudi, dernier, changement de ton avec le discours vérité de Nicolas Sarkozy :  la crise aura des conséquences sur la croissance, le chômage et le pouvoir d’achat. Et le président de garantir la sécurité du système bancaire tout en estimant que celui-ci était en mesure de surmonter les difficultés actuelles. Ce discours précédait l’annonce d’un budget de temps de vache maigre et d’un chiffre du chômage catastrophique.

 

Ce matin dans les Echos,  premier ministre franchit une étape supplémentaire. Après Dexia, il n’exclut pas que d’autres banques soient touchées et qu’ils faillent également les renflouer. Il convient à demi mot que les hypothèses sur lesquelles a été construit le projet de budget sont probablement  déjà caduques. A commencer par une dérive des déficits et de la dette.

 

Il  y a quatre jours, Nicolas Sarkozy assurait qu’il n’hésiterait pas à prendre les mesures nécessaires pour soutenir l’activité si nécessaire quitte à ne pas tenir les engagements de réduction des déficits publics d’ici à 2012.

 

Nous y sommes !  Entre le soutien présent – un milliards d’euros pour renflouer Dexia – et peut-être futur du système bancaire si d’autres banques sont à leur tour touchées, la baisse des recettes fiscales du fait de l’atonie de la croissance,  l’augmentation de la prime pour l’emploi, la relance des emplois subventionnés, la revalorisation des retraites, il est clair que nous nous acheminons vers une explosion des déficits publics.

 

Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy n’a guère d’autre choix que le déficit et l’endettement. L’Etat n’a – par sa faute proclame l’opposition qui ne cesse de réclamer l’abrogation de la loi Tepa, , aucune marge de manœuvre. Il y a longtemps déjà que François Fillon, bien avant la crise, a expliqué que les caisses étaient vide et que l’Etat était au bord de la banqueroute.

 

La crise oblige Nicolas Sarkozy à renoncer radicalement à toutes ses ambitions initiales. Dans le même temps, elle permet au président de la République de s’exonérer d’une politique qui a fragilisé l’économie française et dé&jà contribué à creuser les déficits.

 

La crise financière n’est certes pas due à la politique conduite par Nicolas Sarkozy. Elle est à  l’origine financière et américaine avec la dérive des « subprimes », économique et mondiale,  avec l’envolée des prix du pétrole et des matières premières. Mais elle vient frapper une France déjà fragilisée et un Etat impécunieux.  Et il n’est d’autre réponse, faute de réserves, que l’endettement qui n’est rien d’autre que le choix de faire porter aux générations à venir le poids de nos erreurs et de nos difficultés présentes.

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KILANI Selim 08/10/2008 20:01

au lieu de lancer "La crise financière n’est certes pas due à la politique conduite par Nicolas Sarkozy. Elle est à l’origine financière et américaine avec la dérive des « subprimes », économique et mondiale, avec l’envolée des prix du pétrole et des matières premières."
ne pourrait on pas plutôt dire que cette crise est la conséquence de l'attentat du 11 Septembre 2001, et qu'on n'en voit les effets qu'après quelques années, vu tous les soutiens financiers qui on été déployés pour maintenir l'économie américaine après l'attentat?

Claude 03/10/2008 22:37

Béa,

Comme vous y allez. Pas à supprimer. Je dis qu'il y en a un million de trop, je n'appelle pas au génocide.

J'entends partout que c'était mieux avant. Que le service public marchait bien et que cela s'est dégradé. Je l'ai constaté moi même (sauf dans les activités libéralisées où cela va mieux et moins cher (Air-France, La Poste, France Télécom, etc.). Il y a 20 ans j'avais une carte d'identité en 8 jours et un passeport en 10 jours. Il faut de un a deux mois actuellement.

Je suis donc pour que l'on revienne à l'organisation de 1982. A cette époque il n'y avait presque pas de mécanisation et cela marchait mieux. Et il y avait 1.250.000 fonctionnaires en moins. Il y en a actuellement plus de 5 millions contre 3750000 en 1981. Avec la mécanisation (l'outil informatique bien utilisé) on doit, avec 3750000 fonctionnaires, faire plus de choses, mieux, que sans informatique. Ou s'il n'y a pas plus de choses à faire le gain de productivité doit permettre de descendre encore les effectifs.

Pour le nombre de profs ? Il y a moins d'élèves aujourd'hui qu'en 1982. A en croire l'OCDE nous avions en 1982 l'une des meilleurs écoles. Aujourd'hui avec plus de profs et moins d'élèves nous avons une des moins bonnes parmi les principales nations. Ou est l'erreur ?

J'ai eu certaines classes à 15 élèves (même à 12) et d'autres à 32 élèves et là où cela fonctionnait le mieux c'est avec des classes comprises entre 28 et 32. Car 32 élèves ont plus d'imagination que 12.

Selon des expériences étrangères un fonctionnaire en moins = deux emplois en plus.

Depuis l'arrivée massive des femmes sur le marché du travail nous savons que cela n'a pas créé de chômage mais de l'activité. Ce sera pareil quand 1250000 jeunes déterminés (forcément puisque d'ex-futurs fonctionnaires) ne seront plus recrutés par l'Etat mais par les entreprises.

Vous découvrirez ainsi que le meilleur moyen de s'enrichir c'est de produire plus de richesses (là Olivier va encore me dire que j'assène quelques vérités fondamentales et difficilement réfutables qui pourtant ne sont partagée qu'avec trop peu de gens. Jacques de Chabannes, marquis de La Palice ne fait plus recette : "bof ! Des richesses ? Pourquoi suer à en produire alors qu'il est si facile de les acheter à vil prix".)

L'alternative (proposée par d'autres) c'est d'embaucher plus de fonctionnaires pour un meilleur respect de la loi de Parkinson qui se vérifie partout et toujours. Cela n'améliorera pas les résultats mais fera prospérer la dette publique.

Cordialement,
Claude

gervais 03/10/2008 20:48

cela me fait rire la que ce touche les riche la crise tout le monde saffole moi je risque pas daller plus bas alors jaimerais que cela soit pire au mon il verrait comme ont souffre

eLleaiMe 03/10/2008 16:16

Bonjour,
POURQUOI TOUT CET ARGENT (concentrer l'argent sur les banques)?
UN CONFLIT D'ENVERGURE SE PRECISE-T-IL ?
SERA-T-IL MONDIAL ? SOCIAL ?
POURQUI ou POURQUOI ?
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne ?
Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c'est l'alarme.

Claude 03/10/2008 09:36

Bonjour Géronimo,

C'est quoi une "rupture générationnelle" ? Est-ce que c'est quand on parle de son argent de poche avec son gamin de 25 ans ? Est-ce quand ses vieux parents meurent dans l'indifférence pendant les vacances d'été de leurs enfants ?

Je dois confesser qu'au long de ma vie, surtout de préado et d'ado, j'ai déclenché une quantité invraisemblable de "ruptures générationnelles". Et j'ai bien l'impression que mes enfants (je n'en ai que cinq heureusement) sont décidés depuis longtemps a me faire subir leurs propres "ruptures générationnelles". Et comme il y a 23 ans d'écart entre le premier et le dernier j'ai droit à toutes les sortes de ruptures générationnelles adaptées à ce qu'ils ont à me démontrer. Je commence à avoir une grande expérience de la rupture générationnelle et des fossés qui se creusent entre vieux qui ont déjà perdu tout sens commun depuis qu'ils ne sont plus jeunes et jeunes qui ne l'ont pas encore tant qu'ils ne sont pas encore vieux.

Allez, je me fends d'un smilley ;o}))) car nous les vieux on ne rigole plus assez (sauf quand vous avez le dos tourné).

Mais aucun des cinq ne m'a fait la sortie de mon petit voisin, 28 ans, BAC+8 qui vient tout juste d'entrer en BAC+9 pour espérer avoir un Master 1 à la fin de l'année et qui me disait grosso modo ceci "vous les vieux vous êtes trop désinvoltes, vous jouez avec notre avenir en hypothéquant notre vie et en faisant des dettes énormes que de toutes les façons nous ne pourrons jamais rembourser. C'est sûr, surtout nous les intellos, les patrons, tous des vieux, feront tout pour ne pas nous embaucher. Il ne faudra pas être surpris si le fossé se creuse encore entre les générations, vous l'aurez bien mérité".

Moi je crois qu'il y a un remède à ça. Bossez jeunes gens. Bossez comme nous les vieux avons bossé et vous verrez que cela ne comblera pas le fossé mais, la dette, vous allez en venir à bout.

Courage,
Claude
PS - le même jeune voisin me disait une autre fois "la fac c'est de la m..., on a du mal à choisir une voie sympa et le temps de finir nos études c'est déjà une voie bouchée".