Crise financière: le syndrome pellerin

Publié le par Pierre-Luc Seguillon

                    

Experts économiques, autorités monétaires et dirigeants politiques semblent également désemparés par la crise.

Les premiers tiennent un discours fluctuant. Un jour ils nous annoncent que la crise est finie. Le lendemain ils promettent qu’elle sera longue. En vérité ils paraissent incapables de dire l’amplitude, la durée et les répercutions de cette crise de l’économie «  virtuelle »  sur l’économie réelle.

De leur côté, les autorités monétaires hésitent sur l’attitude à adopter. Convient-il de laisser sombrer les cowboys de la finance qui ont tant joué  hors des règles prudentielles et beaucoup gagné afin de les sanctionner et que serve à l’avenir cette leçon ? Faut-il néanmoins leur venir en aide en sorte d’éviter une crise systémique qui mettra bas l’économie mondiale et coûtera fort cher aux citoyens au risque qu’à peine surmontée cette crise les spéculateurs renouent avec leur pratique des produits financiers spéculatifs ? La banque Lehman Brothers a coulé et les autorités monétaires ont refusé le sauvetage. L’assureur AIG était près de sombrer et la Fed est venue à son secours.

                               

Quant aux dirigeants politiques, ils sont gagnés par le syndrome Pellerin.  Souvenez-vous de ce scientifique qui nous avait expliqué, il y a un peu plus de vingt ans,  que le nuage de Tchernobyl s’était arrêté aux frontières de la France ! Eh bien, écoutez Madame Christine Lagarde, notre ministre de l’économie, elle ne parle pas autrement. Rassurez-vous bonnes gens nos banques, nous explique-t-elle. La crise est à nos portes mais  nos banques sont saines. L’impact de la crise sera limité.

La vérité est tout autre. Certes les banques de dépôts observent des règles prudentielles plus rigoureuses que les banques d’affaires. Nul n’a oublié cependant les pertes de la Société générale. On verra aussi dans les prochains mois ce qu’il adviendra chez Natexis aujourd’hui en position difficile. En toute hypothèse, les caisses de l’Etat étant plus vide que vide, ce dernier serait dans l’incapacité d’opérer le sauvetage d’une institution financière en perdition. Mais, sans imaginer le pire,  il est évident que les banques vont prêter plus difficilement, faute de liquidités. Dès lors les particuliers auront plus de difficultés pour obtenir des crédits. Déjà les tractations dans l’immobilier ont chuté. Demain ce pourrait bien être au tour des prix de l’immobilier. Quant aux entreprises, faute de crédits, elles investiront moins ce qui ne peut qu’entraîner un ralentissement de l’économie.

La vérité c’est qu’après un trimestre de croissance négative en France (- 0,3%) le prochain risque de n’être guère plus reluisant. La vérité, c’est que nous serions alors déjà formellement en situation de récession. Où sont les 2% de croissance que nous promettait benoîtement la ministre de l’économie ? Il n’est pas étonnant dans ces conditions que l’emploi se tasse à nouveau.

                                                         
On laisse entendre que l’Elysée va bientôt s’exprimer sur le sujet. Etrange mutisme en effet ! Nicolas Sarkozy parle de tout sauf… de cette crise financière et de la manière d’y réagir. Mais que peut-il dire. La vérité de la situation ? Pour s’être risqué il y a quelques mois à évoquer la situation réelle des Finances publiques, François Fillon s’est fait taper sur les doigts. Pour décréter une nécessaire rigueur ? Le président de la République s’y refuse. Pour  annoncer des mesures de relance ? L’Etat, endetté jusqu’au cou et menacé par des pertes de recettes fiscales supplémentaires  n’a pas le moindre euro pour le faire.

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

L'Abrincate 08/10/2008 09:33

e que nous avonsa tous compris dans cette crise financière...
http://bboeton.wordpress.com/2008/10/08/crise-financiere-ce-que-nous-avons-tous-bien-compris/

SEDAT 01/10/2008 10:34

Bjr Pierre-Luc Séguillon...!
Pas d'accord avec Claude...!
Sacrilège...!
L'or est un refuge,il a une valeur "Etalon",il est inaltérable,inextinguible,transcendant comme Dieu est éternel,éclatant comme le soleil (d'ailleurs son nom vient du latin aurum,signifiant aussi aurore).
L'or symbolise ainsi le pouvoir et le divin.


P.S C'est vraisemblablement celà qui en fait un métal si prisé,plus que sa rareté.Cela lui a aussi donné une grande charge symbolique,dès sa découverte par l'homme.

Reynaldo.

Claude 30/09/2008 15:33

LM,
Vous ne suivez pas bien l'actualité. Au fait, il y a combien de temps que l'or n'est plus nulle part un étalon et que les monnaies ont un cours forcé ? L'or n'est il pas redevenu une simple matière d'oeuvre ?
Claude

Torrents 29/09/2008 20:33

En retraite la blonde

elleaime 29/09/2008 00:46

Bonjour claude ,
Ce n'est pas une vérité ; Qu'en pensez-vous ?
1°) La propriété de l'innovation est devenue essentiellement privée depuis la création de pôles de compétence et maintenant de Campus .
2°)Inclassable : C'est bien cela qui dérange ; Il ne pose que des questions , sans prétention d'avoir les réponses .
3°)Vous voyez ? Je parlais système dans le système ; Et aujourd'hui nous parlons d'ablation de communes , de conseils généraux . Connaissez-vous la notion de pays (agglomération de collectivités )? Cela s'appelle-t-il le passage d'arme ou plutôt la prise de contrôle de la ruralité ?
4°)je parlais de la composition des lignes des portefeuilles de ces fonds : Les lignes monétaires ou titratisation des subprimes ; Penchons-nous sur les monétaires qui évoluent très peu ?
5°) L'évolution est-elle la mutation naturelle ? Pour soit-disant la crise financière , Cela est-il la transformation des stocks d'ors en devises ? Est-ce une évolution ou une intervention par force (qui ? ) ?
6°)L'argent ou devises ont-ils une cotation , et sont-ils appréciés par les banques centrales ? Existent-ils en tant que produit ? Dévaluer le dollar est-ce le risque de déclencher une crise économique hors USA ?
LA CRISE FINANCIERE SERAIT-ELLE FACTICE OU FACTITIVE ?
Cordialement , eLleaiMe