Edwige: changement d'acteur, de ton et de tactique

Publié le par Pierre-Luc Seguillon

   
Entre hier et aujourd’hui, l’Exécutif a brusquement changé d’acteur, de ton et de tactique au sujet du fichier contesté Edwige

    Hier, c’est François qui est à la manœuvre. le Premier ministre,  renvoie sèchement dans ses cordes le ministre de la Défense qui a eu le tort à ses yeux d’émettre publiquement des doutes sur l’opportunité de ce nouveau fichier. La consigne est sans appel : circulez il n’y a rien à corriger.

    Aujourd’hui, c’est Nicolas Sarkozy qui a pris l’affaire en main. Et qui a décidé de déminer rapidement cette bombe à retardement. Rama Yade, la secrétaire d’Etat aux droits de l’homme est montée au front pour estimer que des précisions et des clarifications sont nécessaires. Michèle-Alliot, le ministre de l’Intérieur est  dépêchée au 20 heures de TF1 où elle va expliquer qu’il est possible d’apporter des corrections au décret instituant le fichier Edwige.

    Où l’on constate une nouvelle fois la différence entre la raideur du  Premier ministre  et la plasticité  du chef de l’Etat prompt à discerner dans le miroir des médias l’éventuel danger.

    De « La Croix » au « Parisien » en passant par « France soir », les quotidiens ont titré ce matin sur le fichier qui «fait peur aux Français», le fichier qui « embarrasse », le fichier qui « inquiète ».

    En ouvrant les journaux ce matin, Nicolas Sarkozy a vite compris que ce qui semblait encore la semaine passée un pétard anodin devenait une bombe à retardement qui risquait d’empoisonner la rentrée politique, de coaguler  toutes les oppositions, de donner un nouvel espace à François Bayrou et de devenir l’abcès de fixation de tous les mécontentements. Le président, furieux, a aussi  constaté que cette affaire  lui avait déjà volé la vedette ce matin dans la presse en polluant   son voyage à Moscou et à Tbilisi et en occultant ce qu’il considère comme un succès diplomatique personnel.

    Qui plus est, le chef de l’Etat a voulu déminer cette affaire promptement pour éviter une collusion avec l’audition publique demain par la Commission des finances demain de Bernard Tapie dans l’affaire du Crédit lyonnais  qui risque également de scandaliser l’opinion.

    La marge de l’Exécutif demeure cependant étroite. D’un côté, il est sous la critique d’une opinion et d’une opposition politique, syndicale et associative  qui récuse ce fichier et sous la menace d’une annulation par le Conseil de l’Etat, de l’autre il est sous la pression de la Commission européenne qui demande à tous les pays membres de l’Union de se doter des ces moyens de fichage.

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Bea 19/09/2008 10:24

Cher Claude, admettez que ce fichier devait "un peu" poser problème, étant donné que Mr Fillon est revenu sur les points cruciaux sources des polemiques...

ninet Josette 17/09/2008 18:15

contrairement à ce que vous croyez Monsieur, de nombreux français ne sont absolument pas gênés par cela, vous avez certainement beaucoup à vous reprocher.Les anglais nettement plus surveillés que nous, ne s'en plaignent pasz outre mesure.une pétition ne représente pas la majoriteé remplace pas la majorité, surtout quand celle-ci est surtout co-signés par des gens de gauche Cessons de polémiquer pour le simple plaisir de critiquer le gouvernement. Vous êtes un orfèvre en la matière, votre sourire sarcastique devient de plus en plus intolérable
Si vous avez des être chers, ce qui peut être possible et que l'un d'eux même ss'il a très ans le viole ou le tue, vous seriez peutêtre bien content que l'on le retrouve rapidement grâce aux fichiers même si il était parfaitement innocent auparavant.
A partir du moment, où la santé et les penchants sexuels ne sont pas concernés, je ne vois pas en quoi cela peut être genant... sauf pour certains, bien sûr...

Claude 15/09/2008 19:28

Olivier,

Vous craignez les dérives alors qu'il n'y en a pas encore eu. Vous semblez ne pas savoir qu'Edvige est la reconduction édulcorée du fichier des RG qui existe depuis des dizaines d'années. Certains nous disent, soit par sottise, soit de mauvaise foi, que si ce fichier tombe entre les mains d'un régime totalitaire (genre nazis ?) il ferait un mauvais usage d'Edvige. C'est nous prendre pour des naïfs, Edvige ne contiendra presque rien par rapport à la foultitude de fichiers officiels. Un tel hypothétique gouvernement n'aurait qu'à fusionner tous les fichiers à sa disposition (Wikipedia, SS, Assedic, Allocations familiales, cartes grises, permis de conduire, casier judiciaire, infractions routières, mutuelles, assurance, annuaires téléphoniques, cartes d'identité, passeports, listes électorales, fichiers scolaires ou universitaires, fichiers des fonctionnaires et des agents de l'Etat, fichiers des salaires du Trésor Public, fichier de la Banque de France, etc. etc. etc.) pour avoir le fichier les plus extraordinairement documenté. Avec les moyen modernes et quatre ingénieurs il leur faut 5 jours pour fédérer toutes ces bases de données (qui n'utilisent que 4 ou 5 SGBDR à elles toutes grâce à la standardisation). Le plus difficile serait l'exploitation d'un tel fichier.

Dans une société qui "tourne rond", un tel gouvernement n'est pas possible. Nous aviseront en cas de crise grave de régime pour savoir qui est pour un gouvernement par défaut et qui est pour la démocratie.

Cordialement,
Claude

olivier 15/09/2008 16:35

Ca commence toujours par un motif imparable et ca finit en eau trouble... Un fichier ok mais on ne pourra pas éviter les dérives ensuite et c'est ca qui est génant. Quant à dire qu'avec ce type de fichier on pourra se prémunir plus efficacement contre les "méchants"... je vous laisse admirer le résultat US...

Claude 14/09/2008 20:50

Bonsoir,

Bien sûr Evelyne, je suis tout à fait d'accord avec vous. C'est justement ce qui est prévu. Voir le texte aimablement communiqué par Lecteur et que personne n'a lu avant de râler. C'est court, clair et sans ambiguïté. Toutes les informations prévues se trouve le plus souvent sur Wikipedia (sauf la situation patrimoniale dont c'est bien la moindre des choses qu'elle soit connue quand on gère des affaires publiques ou que l'on aspire à les gérer et qui de toutes les façons est connue par les services du fisc).

Cordialement,
Claude