Social: victoire à la Pyrrhus pour le gouvernement

Publié le par Pierre-Luc Seguillon

                                      

            Le gouvernement estime avoir bien joué. Il  se réjouit de la division syndicale qui affaiblit les opposants au démantèlement des trente-cinq heures. Pour comprendre les raisons du divorce entre organisations salariées, il faut revenir à l’accord signé entre la CGT et la CFDT d’une part, le Medef et la CGPME de l’autre le 10 avril dernier.

            Le compromis  portait sur un aménagement limité de la durée du temps de travail. Les organisations signataires acceptaient que dans une entreprise l’on puisse déroger au principe du contingent d’heure supplémentaires à deux conditions : que ce soit à titre expérimentale et que cette expérimentation ait l’approbation des syndicats représentants une majorité de salariés.

            FO et CFTC n’ont pas signé cette accord.

            Or, depuis, le gouvernement a choisi de passer outre cet accord entre partenaires sociaux. Xavier Bertrand a concocté un projet de loi qui généralise la dérogation et ne soumet plus son adoption qu’à une approbation minoritaire des salariés. Ce qui entraîne un démantèlement total des trente-cinq heures.

                                        
          
FO et la CFTC stigmatisent les syndicats signataires que se sont laissés berner par le gouvernement. Plutôt que de défiler aujourd’hui à leur côté, les deux organisations leur demandent de retirer leur signature.

          CGT et CFDT ont mis néanmoins toutes leurs forces dans cette journée d’action,   préparée de longue date contre l’allongement de cotisation pour les retraites et contre la mise en cause des trente-cinq heures. Bernard Thibault et François Chérèque  mobiliseront largement aujourd’hui même si le million de manifestants annoncé n’est pas atteint.

                                                                 
          
Mais le rapport de force est favorable désormais au gouvernement. Le projet de loi  sera soumis au prochain conseil des ministres. Il  devrait être adopté d’ici à l’été.

           A court terme, le gouvernement  semble  donc gagnant. Mais, à moyen terme, le succès de Xavier Bertrand risque de n’être qu’une victoire à la Pyrrhus. En commettant l’erreur grave, sur ordre de l’Elysée et sous la pression de Patrick Devedjian , d’agresser et de déstabiliser de la sorte les deux principales organisations syndicales, le gouvernement compromet la réforme des retraites, decrédibilise le discours de Nicolas Sarkozy sur le dialogue social et favorise une radicalisation des représentants des salariés.  
                                                                         

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chris de KIEV 19/06/2008 08:35

Non monsieur PLS c est une vraie victoire , les syndicats ne mobilisent car ils ne representent qu eux memes ; le PS se fait discret car il voit bien qu une majorité de francais approuvent alors le PS préfère (comme d habitude ) aller dans le sens du vent . Cela ennuie les médias car ils s étaient habitués à voir des gouvernements reculer à la première manif . Bravo Fillon et NS.

olivier 18/06/2008 18:44

Auncun problème sur les commentaires au sujet du coté passéiste et ridicule des syndicats Francais. Toutefois simplifier le problème des retraites en disant qu'il suffit de travailler plus longtemps est à mon avis absurde. Cela ne tient pas compte de l'entrée extrêmement tardive des jeunes sur leur premier emploi stable, qui est statistiquement fixée aux alentours de 27 ans... Vous en rajoutez 41 et voyez ou cela nous mène. compte tenu de l'évolution de chaque élément de l'environnement professionnel ou va t'on s'arrêter ??? A 50 ans de cotisations...?
Je suis pour le régime solidaire mais il ne pourra plus fonctionner sur le mode aprés guerre sauf à travailler comme les japonais jusqu'à la mort ce qui règlerait de facto le problème...
Bonne soirée

Claude 18/06/2008 10:26

Béa,
Je suis déjà une nouvelle personne depuis que je vous ai rencontré sur ce blog. Je me suis toujours entouré de femmes très intelligentes et c'est vrai que c'est lassant à la longue. Votre bêtise récurrente est donc une succession de bouffées d'air frais dans ma vie.
Merci.

Jeff de Burlats 18/06/2008 09:23

Bonjour PLS,
Deux remarques: 1/ Il me semble que la dérogation au contingent d'heures sup devrait être approuvée par au moins 50% des salariés... Est-ce une minorité?
2/ En quoi est-ce diabolique d'imaginer un dialogue direct entre patrons et salariés? Pourquoi vouloir toujours imprimer une vision passéiste des relations dans l'entreprise où les salariés sont toujours exploités et les patrons des "exploiteurs"? C'est là, le problème du syndicalisme français, engoncé dans ses archaïsmes et ses méthodes d'un autre temps.

Bea 17/06/2008 23:31

Avec de l'argent , on eut tout faire, et sarko nous le prouve! Si les syndicalistes sont aussi nuls, cest qu'ils se font acheté et qu'ils sont non seulement des mauviettes, mais surtout des faux culs!

Les chefs de syndicats sont devenus eux aussi des people!