Présidence française de l'Union: le verdict irlandais

Publié le par Pierre-Luc Seguillon



          Les fonctionnaires de la Commission européenne sont unanimes. La France a remarquablement préparé la présidence de l’Union qu’elle va assumer à compter du 1ier juillet prochain. Le gouvernement français s’est beaucoup investi, depuis le début de l’année, dans les dossiers européens.

 Les ministres, à quelques exceptions notables près dont celle de Jean-Louis Borloo, ont fait preuve d’une grande assiduité dans tous les conseils relevant de leur compétence. Les services ont minutieusement travaillé les dossiers que le chef de l’Etat souhaite aborder  durant les quatre à cinq mois de présidence utile : défense de l’environnement, politique énergétique de l’Union, défense européenne,  réforme de la politique agricole, gouvernement économique de l’Union, maîtrise de l’immigration… L’agenda des réunions  des six mois à venir est déjà établi. Et le gouvernement a fait en sorte que cette préparation se fasse en étroite liaison avec la Slovénie qui achève sa propre présidence ainsi qu’avec  la République tchèque et la Suède qui  succéderont à la France. Les voyages éclairs effectués par le président de la République  et plusieurs de ses ministres dans un certain nombre de capitales européennes ont été du meilleur effet. 

A Bruxelles on se réjouit tout particulièrement du rôle joué par le secrétaire d’Etat aux  Affaires européennes Jean-Pierre Jouyet.  Celui-ci confie-t-on dans les couloirs du  Berlaymont, connaît bien les dossiers européens  à la différence de son ministre de tutelle,  Bernard Kouchner. Annonçant à dessein une présidence modeste,  il tempère heureusement l’énergie et le volontarisme de Nicolas Sarkozy. On a apprécié à Bruxelles que cet ancien collaborateur de Jacques Delors  se soit efforcé de convaincre le président français  qu’à se trop mettre en avant il serait soupçonné par ses partenaires de vouloir instrumentaliser  cette présidence au profit des seuls intérêts nationaux  et qu’à trop embrasser de sujets il risquait de n’en vraiment traiter aucun.


             Tout semble donc prêt pour que cette présidence française qui s’ouvrira le 13 juillet prochain avec le sommet de l’Union pour la Méditerranée et s’achèvera, six mois plus tard, par la mise sur les rails des nouvelles institutions européennes soit efficace et réussie à cette éventualité près qui n’avait été envisagée  il y a quelques jours que comme une hypothèse d’école : un « non » irlandais au traité de Lisbonne !

L’hypothèse d’un échec du référendum irlandais entraînant les Britanniques dans une consultation que ne pourrait éviter Gordon Brown et qu’il ne manquerait pas de perdre n’a jamais été retenue comme une situation  plausible. Nulle  stratégie de rechange n’a été imaginée. Il n’existe pas de plan B. Moins encore qu’il y a  trois ans après le « non » français au traité constitutionnel !

Or, si tel est le cas demain soir après qu’auront été dépouillés les bulletins de vote des Irlandais, le bel édifice français s’écroulera comme chateau de carte. Le scénario bien huilé de la présidence française deviendra totalement caduc. C’est une présidence de crise que devra inventer, pour ne pas dire improviser dans la précipitation, et assumer la France. Paris  espérait effacer le « non »  français au traité constitutionnel par une présidence flamboyante. Paris devra dès lors trouver une issue politique à une situation dans laquelle il aura eu, par le passé, sa part de responsabilité. Il ne s’agira plus, dans cette hypothèse, de reprendre et d’accélérer la construction politique de l’Union européenne mais seulement d’éviter, sans doute avec l’aide de l’Allemagne redevenue l’alliée privilégié, qu’elle ne se détricote définitivement.


             Présidence flamboyante ou présidence de crise ? Nicolas Sarkozy saura ce qui l’attend dans quelques heures. 

 

 

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Bea 16/06/2008 10:44

Olivier cest peine perdu. Claude aime Sarko. Quand Claude parle d' leintelligende son rpincre qu'il admire tant, j'en ai les larles aux yeux! Quelle superbe declaration Claude!
Vous savez Olivier , l'amour rend aveugle, le coeur a ses raisons que la raison ignore? En fait Claude, c'est aussi le prenom d'une femme non? :)

Claude 15/06/2008 19:32

Olivier,

Loin de moi la pensée que vous pouviez être un imbécile. Je ne juge pas les gens sur les quatre sottises ou vacheries qu'ils peuvent se permettre à distance.

Je ne réponds pas aux objections ?

Vous affirmez avec aplomb et sans avoir les bases pour juger que Sarkozy est étroit de vue. Je vous explique d'une manière détaillée ce que ça veut dire et pourquoi on ne peut pas dire ça de lui. J'ai pourtant essayé d'être pédagogue au point d'être simpliste. Vous n'êtes surement pas un imbécile mais il y a quand même du boulot quand on veut être compris de vous. Le problème n'est pas de cerner les gens mais de les écouter. Moi, je vous écoute attentivement.

Mais il n'y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre... des fois qu'à écouter son château de cartes s'écroule.

Croyant les vexer vous assimilez les gens sans savoir à l'extrême gauche, ne m'en veuillez pas si par taquinerie je vous assimile au modem qui vous ressemble beaucoup.

olivier 15/06/2008 17:32

L'imbécile que je suis Claude n'a pas besoin des conseils d'un psy pour vous cerner; Je vous l'ai déjà dit, votre problème ce n'est pas vos convictions mais le fait que vous n'écoutiez que vous. Ce qui fait que vous ne répondez pas aux objections mais donnez votre sentiment^et poursuivez votre idée même si cela n'a plus rien à voir dans la conversation...
C'est malheureusement fréquent chez les hommes politiques. Inutile donc de vous dire que votre texte de 100 lignes argumenté comme il se doit, tombe complétement à l'eau tellement il est hors sujet. Evidemment cela vous donne l'occasion de railler le Modem ou de dire ce que vous pensez de moi ce dont tout le monde se fout moi y compris.
Saarkosy n'est pas un imbécile, lapalisse n'aurait pas dit mieux...

frédéric Maurin 15/06/2008 11:42

Je tenais juste à signaler l'existence du Plan B :

http://www.leplanb.org/

jean michel 14/06/2008 21:03

Cher PLS,

Les gouvernants actuels des pays de l'UE ont privé les européens (ceux qui paient la fameuse construction européenne) du libre choix entre le oui et le non au traité de Libonne qui pourrait se nommer le Traître de Lisbonne tant il ne tient pas compte de nos voix...

Quand Mr Sarkozy va-t-il enfin penser au bien des gens avant le bien de ses amis du CAC40 qui ne pensent voire ne respirent que "Profits, parachutes dorés et autres avidités de pouvoirs"?

Respectueusement vôtre.


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