Fièvre médiatique

Publié le par blog-pl-seguillon

 

Il n'est pas aisé de garder la tête froide dans le déferlement d'informations, de rumeurs , de nouvelles avérées ou douteuses qui déferlent actuellement sur les rédactions concernant les affaires auxquelles serait mêlé l'Exécutif.

L.C.I. n'échappe pas à cette fièvre médiatique.

Un exemple .

Hier soir , 18h., nous parvient l'information publiée par le "Canard Enchaîné" selon laquelle Jacques Chirac posséderait un compte bancaire au Japon sur lequel se trouverait  une somme de 45 millions d'euros.

L'information, à première vue, ? paraît énorme. Branle bas de combat dans la rédaction! Mais, très vite, il nous apparaît que c'est là le réveil d'une vieille affaire. Elle date de 2001. A l'époque l'Elysée apprend qu'un magistrat, Gilbert Flam, chef du groupe des affaires protégées mène discrètement une enquête au titre de la DGSE sur un compte bancaire que Jacques Chirac possèderait au Japon. Ce magistrat est réputé de gauche.

Jacques Chirac demande alors au général Rondot d'enquêter ... sur cette enquête dans laquelle il voit un coup tordu de la gauche à la veille des présidentielles. N'oublions pas que nous sommes alors en situation de cohabitation. Cela conduira d'ailleurs à une violente explication entre Lionel Jospin et Jacques Chirac , le second reprochant au premier d'utiliser les services de l'Etat pour monter un dossier contre lui.

En fait , il semble bien que l'un et l'autre, mutuelement convaincus de la mauvaise foi de la partie adverse, soient tombés d'accord pour laisser l'affaire en suspens jusqu'à l'élection présidentielle.

Que reste-t-il de l'enquête du général Rondot sur l'enquête selon sa propre déposition? 

1. Que l'enquête du magistrat Gilbert Flam s'inscrivait dans le cadre normal de ses compétences.

2.  Que le document de la DGSE ic'est-à-dire le rapport de Gilbert Flam , attestait bien l'existence d'une somme de 45 millions d'euros sur un compte ouvert au nom de Jacques à la Tokyo Sowa Banque.

3. Qu'il y avait dans cet affaire un parfum de coup fourré même s'il y avait sans doute un fonds de vérité.

Conclusion : voici donc une information à la fois nouvelle et ancienne, pour partie confirmée, pour partie infirmée. Pour tout le moins, les preuves avérées manquent. Ce qui permet d'ailleurs à l'Elysée démentir l'existence de ce compte.

C'est dire combien il nous faut être prudents et vigilants. Le temps des médias n'est pas celui de la justice. Encore doit-on éviter l'embalement.  

 

 

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