Compte à rebours et petits fours

Publié le par blog-pl-seguillon

Le Blog, à la différence de l'antenne,  se prêtant aux confidences, je ne résiste pas à vous avouer l'embarras dans lequel se trouvent parfois les journalistes devant la confusion des genres.

Invité hier, comme nombre de mes confrères, à la présentation par Dominique Strauss-Kahn de son dernier ouvrage "365 jours" (*), je suis resté perplexe sur la nature de cette réunion.

Imaginez le décor rococo à souhait du salon des miroirs, passage Jouffroy, dans le neuvième arrondissement de Paris, un lieu aujourd'hui fort à la mode, jadis célébré par Aragon  dans son poème " Les mots m'ont pris par la main".

Représentez -vous un aréopage constitué pour moitié de  de cadres proches de DSK - de Pierre Moscovici à Jean-Christophe Cambadelis , de Catherine Trautmann à Catherine Tasca ou de Jean-Marie Le Guen à Alain Bergounioux et, pour moitié, de journalistes ainsi que  de nombreuses stars des médias, Claire Chazal, Guillaume Durand, Jean-François Kahn, Michel Field, Valérie Lecasble, Ivan Levail   et j'en passe.

Ajoutez à cela champagne de qualité, petits fours en abondance et applaudissements nourris et vous comprendrez toute l'ambiguïté de ce  rendez-vous mi-mondain, mi-militant, à demi meeting politique et à demi conférence de presse.

La recette  est incontestablement  efficace. Du point de vue des règles de la communication j'entends. Elle a permis de faire de la publication du énième livre d'un candidat socialiste à la présidentielle  après ceux de Jack Lang , Lionel Jospin ou François Hollande ,  un petit événement médiatique. Elle a donné le sentiment qu'est de la sorte relancée une pré campagne présidentielle de Dominique Strauss-Kahn qui peine toujours à embrayer comme d'ailleurs celle de ses compétiteurs socialistes à l'exception de Ségolène Royal .

Mais une telle réunion, par son ambiguïté, ne pouvait que mettre le politique en porte à faux et le journaliste mal à l'aise. Ainsi, tandis que Dominique Strauss-Kahn exposait longuement et laborieusement le sens et l'objectif de ce livre dans lequel il revient sur l'année écoulée pour mieux démontrer ce que serait l'avenir s'il en avait la charge, les trois quarts de l'assemblée papotaient allègrement, indifférents aux propos du candidat comme s'il ne s'agissait que d'un simple cocktail mondain.

Quant au journaliste il se demandait si on ne le confondait pas avec les supporters tant les applaudissements paraissaient incongrus dans ce qui se voulait une réunion de presse et  tant les organisateurs le remerciaient chaudement de sa venue.

Entre Ségolène Royal qui bâtît son programme à partir du Net et Dominique Strauss-Kahn qui présente le sien avec un petit air de convention américaine, il  nous faut sans doute - je parle des journalistes - nous habituer à ce mélange des genres.

Reste le livre lui-même. On finirait par l'oublier ! Il ne manque pas d'intérêt. Nous aurons l'occasion d'en reparler. C'est une lecture quotidienne de l'actualité durant l'année écoulée qui est une manière originale pour Dominique Strauss-Kahn de découvrir ce que seraient ses grandes options si les socialistes en faisaient leur candidat à l'élection présidentielle de 2007, une hypothèse à laquelle continuent  de croire ou feignent de croire ses partisans.

* Grasset 360p. 18,90 euros.

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cindi21 08/09/2006 11:10

socialocaviaron voit que l'argent est quelque chose de bien çà permet de vouloir augmenter les impots des français car lui il en a. Combien donne-t-il aux différentes causes???on n'est pas en Amérique on est en France et les français ne se laissent pas avoir par ses grandes soirées, il est vrai que son livre peut rapporter gros mais quel intérêt à ce livre.???De toutes façons quand il y a un POT , il y a toujours des partants!!!!