Méhaighnerie juge Bayrou

Publié le par blog-pl-seguillon

   Il n'est pas besoin de prier longtemps Pierre Méhaignerie pour obtenir son opinion sur la stratégie de François Bayrou. Les deux hommes se connaissent de longue date. Ils ont les mêmes racines politiques. Ils ont longtemps cheminé de concert. Pierre Méhaignerie a appelé à voter Bayrou aux dernières élections présidentielles.

   L'actuel président de la Commission des Finances à l'Assemblée nationale a pourtant  rejoint l'UMP à sa création. Et, aujourd'hui, il se montre sévère à l'encontre de son ancien compagnon. François Bayrou, estime Pierre Méhaignerie, aurait du camper sur la position du "non mais"  dans  l'actuelle majorité parlementaire, plutôt que d'adopter l'attitude du "non non !" à l'encontre de ses anciens amis.

   En prenant ce parti, François Bayrou donne le sentiment de cautionner la politique et le projet des socialistes en dépit des critiques sévères qu'il formule à l' encontre de la formation de François Hollande.  Résultat, estime Pierre Méhaignerie, le président de l'UDF perd sur les deux tableaux et les prochains sondages ne devraient guère lui accorder plus 5% des intentions de votes aux présidentielles de 2007.

   Pour  étayer son propos, Pierre Méhaignerie rappelle l'expérience malheureuse des centristes en 88. A l'époque, et Pierre Méhaignerie en était, ils avaient soutenu de fait Michel Rocard , Premier ministre de François Mitterrand. Ils ne furent  pas payés de retour et il leur fut reproché d'avoir contribué à diviser la droite d'opposition.

    Ces critiques rejoignent celles formulée ce matin dans "Le Figaro" par un fidèle de François Bayrou , le député européen Jean-Louis Bourlanges. Ce dernier souhaiterait que François Bayrou,  plutôt que de rêver surmonter l'apartheid gauche-droite, occupât franchement la place que tiennent chez nos voisins européens la sociale démocratie et que "la gauche française prisonnière de ses archaïsmes, de ses dogmatismes et de ses alliances extrémistes, laisse obstinément vacante".

    Mais, pour cela, il faudrait que François Bayrou s'attelle à la construction d'un vrai projet socio-économique. Or, et c'est à nouveau Pierre Méhaignerie qui le regrette, le président de l'UDF observe le même désintérêt pour l'économie que celui dont faisait preuve François Mitterrand dans les années 7O.

    Il sera bien temps de réconcilier réformistes de droite et réformiste de gauche. Il est urgent en revanche pour François Bayrou de proposer un projet qui soit susceptible de séduire les uns et les autres.

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