Monarchie crépusculaire

Publié le par blog-pl-seguillon

   J'ai toujours trouvé que Jacques Chirac était un homme qui attirait naturellement la sympathie. Les relations qu'il avait avec les journalistes, du temps où il les voyaient encore, étaient particulièrement conviviales.

   Son extrême pudeur, gardant secrète sa personnalité derrière une grande bonhomie, inspirait le respect.

    Comme beaucoup de mes concitoyens, j'ai apprécié les positions prises par le chef de l'Etat sur la scène internationale, tout particulièrement lors de la deuxième guerre du Golfe.

    Mais je suis terriblement impressionné aujourd'hui par la médiocrité glauque de cette fin de règne. Sa principale caractéristique en est   l'arbitraire le plus total.

    Parce qu'il s'est conduit en monarque et non pas en démocrate, Jacques Chirac n'a pas appelé à Matignon l'homme fort de la majorité, en l'occurrence Nicolas Sarkozy ni au début du quinquennat ni au lendemain du référendum perdu. Pour succéder à Jean Pierre Raffarin, le chef de l’Etat a choisi un homme de la cour, en l'occurrence Dominique de Villepin. Celui-ci croit pouvoir pallier son absence de légitimité démocratique - il n'a jamais été élu, par la brutalité de ses décisions. Jacques Chirac a privilégié le fait du prince sur le fait majoritaire. Il en paie aujourd'hui le prix avec un gouvernement impuissant et paralysé, incapable d'imposer une réforme.

    Parce qu'il s'est conduit en monarque, Jacques Chirac a voulu que soit promu à la tête d'EADS, la maison mère de l'avionneur européen, un affidé, Noël Forgeard. Il l’a fait contre l'avis de l'actionnaire Lagardère et malgré les réticences de notre partenaire allemand. Or, Il y a doute aujourd'hui sur la compétence du patron d'EADS  alors que plus d'un quart de la capitalisation de l'entreprise s'est envolé en fumée. Et  il y a interrogation sur la manière dont Noël Forgeard a vendu ses stocks option en temps opportun et avantageux ! Cela ne sent pas très bon !

Parce que la monarchie est partout à l'œuvre, elle inspire à un CSA docile la mise au compte de l'opposition des temps de parole de François Bayrou. Cela sonne ridicule. Mais cela sent aussi le moisi !

    Parce qu'il agit en autocrate, Jacques Chirac amnistie un politique qui lui est proche, Guy Drut. Et, comble de l'arbitraire, il l'amnistie dans l'affaire où lui-même, comme maire de Paris, est impliqué (l'affaire des marchés publics d'Ile-de-France). Cela sent très mauvais.

    Le pire est peut-être que journalistes, observateurs de ce triste spectacle, nous nous sommes à ce point accoutumés à ces comportements discrétionnaires et cyniques que nous ne voyons plus à, quel point ils sont un  déni de démocratie voire parfois une insulte à la moral publique.

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