De l'art du déminage

Publié le par blog-pl-seguillon

 Apparemment, Jacques Chirac s'est énervé à la fin de la semaine dernière et a demandé au gouvernement de trouver au plus vite une porte de sortie honorable dans le dossier de la fusion Suez-Gaz de France. Le président sentait que si Dominique de Villepin s'entêtait, on allait tout droit à la crise ouverte  non plus cette fois avec la rue mais avec les élus de la majorité présidentielle.

 

     De son côté, Dominique de Villepin a compris que ses jours étaient comptés s'il persévérait à affronter les députés de la majorité sur le terrain d'une fusion dont la plupart ne voulait plus entendre parler.

 

    Un des derniers ministres qui lui soient proche lui a d'ailleurs mis vendredi le marché en main. Ou bien tu fait le forcing sur cette fusion et tu quittes Matignon dans les jours qui viennent au motif que tes choix courageux ne sont soutenus ni par les élus ni par le chef de l'Etat, ou bien tu trouves le moyens au plus vite de déminer ce terrain explosif.

 

   C'est donc ce qu'a fait  Dominique de Villepin en reportant la discussion du projet de fusion à la rentrée de septembre et en demandant à Thierry Breton de monter en ligne pour défendre le projet afin que lui-même soit moins exposé.

 

    Il est trop tôt pour dire si ce report équivaut à un abandon ou à une pause. Il permet en tous les cas au gouvernement de déminer un terrain explosif - on était tout proche de la crise de nerfs avec les élus UMP de l'Assemblée  nationale, il permet au Premier ministre de sauver formellement le projet. Il sera présenté en Conseil des ministres la semaines prochaine. Il permet aussi au à Dominique de Villepin de se sauver lui-même du moins provisoirement. Il permet à Jacques Chirac, délivré de manière provisoire de cette épine d’envisager plus sereinement son traditionnel entretien du 14 juillet.

 

     La présentation, dès la fin de ce mois, en conseil des ministres de ce projet de loi qui, en toute hypothèse, ne sera discuté au parlement qu’à la rentrée de septembre est supposée dissuader ENEL de songer à quelque OPA inamicale sur Suez d’ici à l’éventuelle adoption par les députés et les sénateurs du projet de loi.

 

     Après avoir reculé devant la rue, lors de la bataille du CPE, le Premier ministre, avec le dossier Suez-GDF , est cette fois contraint de reculer devant ses propres amis… ce qui est assez exceptionnelle dans l’histoire de la cinquième République !

 

    Il ne pouvait faire autrement sauf à être contraint de rendre son tablier. Ce recul lui accorde un nouveau sursis… qui est encore dans sa tête semble-t-il – il est sans doute le seul à le penser - une nouvelle petite chance de se lancer dans la course présidentielle !

 

 

 

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