Europe : la zone grise

Publié le par blog-pl-seguillon

          Lundi, je fais un saut à Bruxelles pour y rencontrer notre commissaire européen, Jacques Barrot que je connais depuis longtemps et dont j'apprécie les analyses. Je le retrouve   dans le très beau bâtiment où siège la Commission , le bâtiment Berlaymont. A l'entrée, je croise un confrère en poste à Bruxelles : vous êtes ici dans le château de la belle au bois dormant m'explique-t-il en riant. Il n’a pas tort.   Tout est ici impeccable : les murs sont neufs, les moquettes épaisses et les bureaux lumineux. Mais il ne s'y passe rien !

            Jacques Barrot avec lequel je déjeune ne me tient pas un discours très différent. Certes, l'ancien ministre de l'Emploi est un travailleur acharné. il ne chôme pas à Bruxelles  Son secteur, les transports, évolue très vite. Il peut se targuer d'avoir mis en place un certain nombre de dispositions techniques susceptibles d'améliorer le fonctionnement des transports et notamment des transports routiers en Europe.

             Mais il convient, pour s'en désespérer, que la Commission ne joue pas du tout son rôle d'entraînement politique à l'heure où l'Europe est en panne. Pensez-vous, me demande-t-il, que les questions internationales et l'Europe seront des sujets évoqués dans la campagne présidentielle française  ? Je suis bien obligé de convenir qu'il y a bien peu de chances pour que nos candidats à la candidature puis nos candidats à la présidentielle regardent plus loin que le bout de l'Hexagone.

            Au retour, je fais le voyage dans le Thalys auprès d'un des plus anciens députés européens – il a été élu pour la première fois 1979. Il n'appartient pas au même bord politique que Jacques Barrot . Mais son diagnostic n'est guère différent. A ses yeux, Manuel Barosso , le président de la Commission, est un homme habile, un fin manœuvrier, mais qui est incapable de tenir tête aux chefs d'Etat et de gouvernements et qui, en sorte de ne pas leur déplaire, ne prend aucune initiative. Qui plus est, ses convictions hautement libérales l'inclinent à légiférer le moins possible, ce qui a pour conséquence de mettre la Commission en quasi chômage technique.

            L'exemple le plus frappant de ce vide politique est la question énergétique. Barosso a été incapable d'engager les Européens dans l'édification d'une véritable politique énergétique commune. Celle-ci fait pourtant aujourd'hui cruellement défaut et le fera plus encore demain au regard des tensions internationales croissantes.

         Comme le dit Jacques Barrot , l'Europe est depuis un an dans une zone grise ou l'on ne distingue plus chiens et chats. Je ne suis pas certain qu'on en sortira de sitôt surtout après avoir rencontré, la semaine passé, Yves Thibault de Silguy , ancien commissaire européen, l'homme qui a fabriqué concrètement l'euro entre 1995 et 2000. Aujourd'hui président du conseil d'administration de Vinci, il se demande si nous ne sommes pas entrés dans une période de régression , de babélisation, voir, qui sait, demain, de confrontation comme l'Europe en a tant connues par le passé ! Des perspectives qui n'ont rien de réjouissant !

        Des perspectives qui devraient bien nous sortir de notre torpeur européenne surtout quand on constate l’apathie de l’Europe au Proche-Orient au moment où cette région s’embrase !

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mjr71 06/09/2006 10:56

Parlez-en !Comment l'europe peut-elle avancer alors qu'elle est dirigée par 25 Chefs d'Etat ou de Gouvernement qui ont chacun un droit de veto. Ceux qui nous ont fait refuser la constitution se sont sont bien gardés de nous expliquer que le non Français ne changerait rien à ce qui avait déja été construits par les gouvernements de MM FABIUS, ROCARD, CRESSON, BALADUR, JUPPE, JOSPIN... ainsi que par nos Présidents successifs depuis le début de l'Union. Alors nous avons refusé ce qui aurait pu améliorer le fonctionnement de cette Europe en nous permettant de pouvoir corriger ses défauts sans être bloqué par 1 ou 2 Pays. L'UE est aussi le moyen de vivre en paix avec nos voisins. Alors oui, c'est un sujet qui mériterait d'être mieux abordé par nos "Présidentiables".

ebichu 06/09/2006 10:56

à quoi bon!On dirais que c'est sans espoir pour l'europe désormais et c'est bien dommage.. moi qui croyais dur comme fer avant le non francais à l'europe maintenant il faut se faire une raison, l'europe n'est plus qu'un vaste marchin commun truffé de subventions ou les plus habile en tir partie et les autres trainent la patte... L'europe n'est ni grande politiquement ni economiquement, elle se contente de faire bonne impression et on dirais que c'est tout ce qu'on lui demande de toute maniere... Je dois avouer que je suis ecoeuré de ce resultat, en l'absence de toute possibilité de changer les choses, autant voté pour l'extreme droite à pres tout... ils mentent tout comme le PS ou l'UMP mais au moins il ne donnent pas de fausse illusions quand ils parlent de l'europe ou du monde... y s'en foutent! comme les autres, mais ouvertement...