Des hommes politiques inoxydables !

Publié le par blog-pl-seguillon

     Nos   hommes politiques français – on le dira peut-être un jour aussi des femmes politiques, sont dotés d’une propriété particulière et exceptionnelle. On ne   retrouve cette vertu, à ce point   développée dans aucune autre démocratie moderne.   Ils sont inoxydables. Véritables phénix, ils renaissent toujours de leurs cendres. On les croit morts, il ressuscitent. On les pense retraités, ils font retour sur la scène publique.   On les estime discrédités ou carbonisés,   ils se redressent comme si de rien n’était. Ils sont à la politique ce qu’était jadis Joséphine Baker au music-chall. Ils n’en finissent jamais de faire leurs adieux !

     L’exemple vient de loin. Le François Mitterrand , onze fois ministres entre 1945 et 1958, paraissait enterré avec cette quatrième république qu’il avait servi en complet veston croisé. Eh bien, le même, relooké velours, écharpe rouge et chapeau à large bords façon Léon Blum,   revient aux affaires en 1981 et y demeurera quatorze ans durant. Quasi jusqu’à la mort ! Une prouesse.

     Jacques Chirac , deux fois battu, trahi, bafoué, compromis dans moult dérapages municipaux entre néanmoins à l’Elysée en 1995 et se paie le luxe de faire, au second tour, de l’élection présidentielle de 2002   un score digne d’un chef d’Etat africain.

    Ce qui se passe au sommet vaut pour la base. Prenez l’exemple d’Alain Carignon . De longs mois de prison et le voici requinqué et reparti à la conquête de sa fédération UMP de l’Isère.   Prenez le cas d’ Henri Emmanuelli . Condamné   ( il est vrai en bouc émissaire du P.S.) pour financement partisan illégal,   il retrouve ensuite sa place sur les bancs de l’Assemblée et dans la direction de la rue de Solférino.

     Eh bien cette rentrée nous offre encore trois cas remarquables tout à fait remarquables de résurrection politique.

     Lionel Jospin . Au soir du 21 avril 2002, il avait fait ses adieux à la vie politique. Brutalement. Au grand dam de ses partisans. Et pourtant… et pourtant,   il aura   suffi quatre ans plus tard,   que le retraité de l’île de Ré fasse acte de contrition sur ses maladresse passées et confesse d’une voix sincèrement émue, l’explication et la justification de son départ, pour que déjà l’on parle de son évident retour, soit comme candidat à la présidentielle, soit dans le rôle de faiseur de roi.

    Et voilà qu’ Alain Juppé, lui, ? revient de son court exil canadien. Il nous avait confié sur son blog avoir pris goût aux charmes des automnes québécois. Il avait, en revanche laissé entendre qu’il avait   perdu la passion de la politique active. Ah cette récurrente « tentation de Venise  »   ! Toujours présente mais jamais déterminante. Nous voilà donc détrompés. Du vent ! Faites place à l'enfant pordigue ! La majorité municipale de Bordeaux a démissionné comme un seul homme pour que l’ancien Premier ministre, chausse à nouveau   ses bottes et, s’y campant bien droit, retrouve son fauteuil provincial, première étape évidente vers la reprise d’un rôle national. Il jure ses grands dieux, il est vrai, qu'il ne sera plus désormais agressif mais tout pétri de gentillesse.

    Je parie que, comme beaucoup, et j’en conviens comme moi-même, vous avez cru au printemps dernier Dominique de Villepin achevé et abattu par le parcours désastreux du CPE. Je confesse m’être trompé. J’ai cru, à tort, en prenant exemple sur ce qui se passait dans les autres démocraties, que notre Premier ministre poète à ce point désavoué par la rue, par l’Assemblée, par son parti, par le président de cette formation, par le patronat, par les syndicats, par les jeunes, voire par une grande partie de ses propres ministres ( sans compter les nauséabonds relents de l’affaire Cleartstream ) ne pourrait faire autrement, par obligation et par sens de l’honneur, que de démissionner.

      Je bas ma coulpe. Je me suis bel et bien planté. Piteusement. Lamentablement.

     Le grand Dominique, tel le roseau, a courbé l’échine, laissé passer l’été mais ne s’est pas brisé. Il s'est refait une petite santé politique. Il a repris un peu de poids dans les sondageS. Le bronzage breton a fait le reste. Il fait montre d’une résistance à nulle autre pareille. Il était hier soir sous les projecteurs du vingt heures, ragaillardi, regonflé et n’ayant rien perdu ni de son goût l’action ni de ses ambitions et moins encore de son amour du verbe flamboyant.   De l’emploi, il fait son combat et son bilan et promet à cet effet une conférence sur le sujet en fin d’année. Du pouvoir d’achat, dont il sait qu’il sera le cheval de bataille de la gauche, il fait sa préoccupation majeur à coups de quelques cadeaux électoraux. Il promet tant de n’avoir aucune visée présidentielle, tout consacré qu’il est aux tâches ministérielles et tout réconcilié qu’il se dit avec Nicolas Sarkozy , qu’on ne peut exclure qu’il pense toujours aussi fortement à l’Elysée !   Qui peut jurer ce que sera l’histoire des prochains mois ? Qui sait… des fois que le petit Nicolas déraperait sur le champ politique ou dévisserait dans les sondages…

    Foi de journaliste …oxydable lui, jamais plus je ne dirai qu’un homme politique est fini, à moins, tel Saint Thomas , de le voir dans sa tombe pour le croire mort.

    Donc…ne jamais oublier cette spécificité du modèle politique français : l’acteur politique y est inoxydable!

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cvolrace51 04/09/2006 12:34

InoxidableJe suis d'accord avec Alinfo, nous sommes bien dans une république bannanière, il est grand temps de réformé tout cela, plus de département, plus de séna, et la France fera de vrai éconnomie car moins d'élu qui cumul des avantages et indemnités très confortable, pendant que le petit peuple doit ce serré la ceinture sur la santé et autres.