Lionel-Ségolène : le combat singulier

Publié le par blog-pl-seguillon

Si le scénario paraît présidentiel paraît - je dis bien " paraît" écrit à droite, la gauche socialiste connaît ces jours un début de clarification en dépit des apparences de grande confusion.

Il s'agit, il est vrai, d'une échéance plus proche, les primaires internes au P.S. qui se préparent durant ce mois de septembre et se joueront officiellement durant le mois d'octobre et jusqu'à la mis novembre.

S'il est sept candidats potentiels en lice à la candidature, tout porte à penser que c'est un duel Royal-Jospin qui va mobiliser les militants et qu'ils devront trancher. 

La présidente de la région Poitou-Charentes continue d'installer sa candidature dans un tête à tête avec les Français au point jusqu'à la rendre quasi évidente pour les militants socialistes. Ce week end elle a poursuivi son dialogue avec l'opinion en choisissant ces sujets de proximité qui font le quotidien des Français et pour lesquels elle peut revendiquer son expérience ministérielle. Elle a ainsi choisi, rentrée oblige, d'évoquer l'école en prônant l'abolition d'une carte scolaire honnie des classes moyennes et des aides aux enseignants désemparés par la difficulté de leur tâche .

Pendant ce temps, Lionel Jospin distille à dose progressive l'évidence de sa possible candidature. Montée en puissance calculée dont le coup d'envoi a été lancé à la Rochelle et que vont rythmer durant tout le mois de nombreuses interventions médiatiques, passages sur les antennes et entretiens accordés à la presse écrite. Lionel Jospin a ainsi accepté d'être l'invité du Grand Jury RTL-LCI- Le Figaro le dimanche 17  septembre.

Chaque étape  est mûrement réfléchie.  Après le temps de l'expiation confession ( j'entends l'explication de son départ telle qu'elle autorise la logique de son retour ) voici venir le temps de la critique ( je veux dire la volonté de démontrer la vacuité du projet de Ségolène Royal ) et celui des propositions déclinée à parti de son ouvrage " Le monde tel que je le vois " .

L'ancien Premier ministre, s'efforce donc de la sorte d'opposer, son expérience à la nouveauté qu'incarnerait Ségolène Royal , sa compétence à la fragilité supposée de sa concurrente, sa réflexion de fond sur les problèmes internationaux au menues préoccupations régionales de la présidente de la région Poitou Charente , mais surtout son sérieux, sa rigueur et sa solidité sans doute quelque peu rebutante, à la séduction quelque peu inquiétante de la star des sondages!

Pendant ce temps, ses partisans, de Bertrand Delanoé, maire de Paris, aux anciens ministres Glavany, Vaillant, Guigou ou ... Martine Aubry s'activent en sorte de promouvoir cette candidature.

  Pendant ce temps encore, les autres compétiteurs semblent frappés de tétanie. Laurent Fabius  n'en finit pas de croupir en queue des sondages. Jack Lang vaticine à Damas ou Téhéran, Dominique Strauss-Kahn, quoiqu'il en dise, commence à se demander si son intérêt bien compris ne serait pas de rallier Lionel Jospin dont il fut et pourrait redevenir un grand ministre sinon le Premier d'entre eux en cas de victoire de la gauche.

Lionel ou Ségolène ?  Chacun possède  ses atouts et souffre de  handicaps évidents. Le Premier, parce qu'il a l'expérience et peut se targuer d'avoir durant cinq ans gouverné la France sans anicroche majeur  l'emporte par le sérieux et par la rigueur. Il peut convaincre.  La seconde plaît  parce qu'elle est femme, parce qu'elle traite des problèmes quotidiens et semble proche des préoccupations quotidiennes des Français, parce qu'elle incarne la nouveauté en dépit d'une longévité politique peu commune. Elle peut séduire. Le désir de Ségolène existe. L'appétit pour Lionel doit encore être suscité. La présidente de la région Poitou Charente peut aisément et logiquement fuir le débat et arguer que toute critique à son encontre n'est que l'effet d'un horrible machisme ( ce qui a été trop évidement le cas ces dernières semaines tant furent vulgaires certaines piques que lui adressèrent ses compétiteurs ). Lionel Jospin aspire à un débat dans lequel il a toutes les qualités de conviction et de compétence. Il serait meilleur président  que candidat. L'art de la communication fait de Ségolène Royale une excellente candidate. Son aptitude à gouverner  demande encore à être démontré.  

L'issue de ce duel dépendra pour beaucoup de deux énigmes encore non résolues. Quelle sera l'attitude et le choix d'un François Hollande  qui jusqu'à présent a fait du mutisme sa défense sinon son arme privilégiée ? Quel sera le comportement et la décision des militants qui pour être des Français comme les autres ne sont point aussi sensible qu'on pourrait le croire aux humeurs que chacun sait bien changeantes des sondages .

Ce qui est certain, en toutes hypothèse, c'est que ces deux personnalités suscitent au sein de leur parti autant de répulsion chez leurs adversaires que de passion chez leurs partisans. Ce qui ne fait point de doute encore c'est que Lionel Jospin  fera tout pour prévenir une candidature Royale.

Pour tout dire , donc, rien ne semble définitivement écrit au PS, mais il est de plus en plus plausible que l'enjeu se résume - pour les primaires socialistes du moins , à un combat singulier entre l'austère Lionel Jospin et la flamboyante Ségolène Royal.

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cindi21 06/09/2006 10:41

trop c'est trop...Vous dites la Fambante Ségolène?? Je croyais qu'il s'agissait de la présidence de la République et non d'un concours de beauté pour femme d'un certain âge?? Quant à Mr Jospin : qui lui demande de revenir ?? Ses amies Aubry et autres qui n'osent pas se présenter dans ce nid où dejà il y a trop d'oeufs....Jospin est un homme sans paroles qui peut le croire aprés ce qu'il a dit??Et qui veut de lui??l'homme aux 35 H...

fwi282 06/09/2006 10:40

Fin de la retraite ou encore un ressuscitéQui aurait cru il y a quelques mois queM Jospin y reviendrait face à Mme ROYAL comme vous l'écriviez si bien il y a peu , un homme politique n'est jamais mort si on ne l'a pas vu dans sa tombe , quoique !! Cela étant, ce retour ouvrirait une autre perspective de débat et même si Jospin est austère à priori,il tiendrait peut être plus tête à Sarkozy que Mme Royal (attention je ne la juge pas en tant que femme (l'étant moi-même:)) mais en fonction de son expérience.

jano75 06/09/2006 10:39

Mois de juin 2007 (part 2)L’UMP vainqueur - Le vague Blairisme de Mme Royal serait alors abandonné par la gauche alors même que cette mouvance représente vraisemblablement l’avenir d’une gauche européenne cohérente. Mr Fabius sortirait comme l’homme fort du PS en ayant gagné le « non » et en ayant été repoussé par les meneurs du PS. Ce Ps du mois de juin 2007 flirterait avec l’extrême gauche, les verts et Mr Bové ? Si le perdant était Mr Jospin ? Affirmerait il « je me retire de la vie politique » ? Une telle situation serait presque pire que la défaite de Mme Royal. Un Ps sans tête et sans corps, tout accaparée à la résolution de cette question sans réponse : quel avenir ? Une nouvelle fois, Mr Fabius serait le grand ‘vainqueur ‘ d’une telle situation. Finalement, Une UMP gonflée par la victoire et un PS rabougrit retombant très a gauche laisserait une réelle place à un Mr Bayrou aujourd’hui moqué. La place libre au centre, voir centre gauche pourrait même persuadé les derniers hésitant tel Mr Strauss-Kahn à rejoindre le seul groupe parlementaire parlant d’Europe et de la mondialisation sans tomber dans les travers de la connivence avec le medef. La question du jour : « Jospin, pas Jospin ? » ne doit pas nous faire oublier que la ligne d’arrivée passée, la course continue, et même que certains vieux loups de mer ont bien compris que la ligne était en JUIN 2007. 2007 ne sera-t-elle pas l’année « Fabius » ?

jano75 06/09/2006 10:39

mois de JUIN qd tu nous tiens...(part 1)Certes les pions s'avancent et se reculent de jour en jour... mais n'oublions pas le mois de juin 2007 où les perdants devront se regarder dans les yeux de leurs électeurs. Imaginons que l'UMP ou le PS gagne. Cela n'est pas certains puisque Mr Lepen est bien loin d'avoir dit son dernier mot alors même que les 2 ou 3 % de Mr Megret pourraient lui permettre d’être en tête au premier tour. Dans ce cas, le vainqueur serait alors élu sur un score de dictature africaine. Si le gagnant était Mr Jospin, la question « plus ou moins » que Mr Chirac ferait les gros titres d’une élection encore esquivée… Revenons au moins de JUIN 2007. - Le PS vainqueur - Mr Sarkozy aurait du mal à faire face à la tempête interne, mais pourrait vraisemblablement tenir le parti et avoir une vie politique encore devant lui. Un certain Mr Chirac s’est sorti de situation bien pire… Dans ce cas, un boulevard pour Mr Juppé s’ouvrirait. Dés lors, l’aberration démocratique vécue actuellement à bordeaux serait des plus rentable à long terme pour le meilleur d’entre eux…