Lens : rien n'est encore écrit

Publié le par blog-pl-seguillon

 

Ce qui caractérise cette répétition générale des primaires socialistes qu’a été la rencontre de Lens,  c’est le sérieux de cette confrontation et la qualité des interventions.

La réunion de Lens a été de bonne tenue. Il n’y a pas eu de dérapage,  pas de  coups bas. A la différence de ce qui a pu se passer ces derniers mois,  le PS a donné l’image d’une formation qui hésite encore dans le choix de son candidat mais qui n’en est pas pour autant au bord de la guerre civile.

Les interventions des six candidats à la candidature déclarés ou potentiels ont été de bonne qualité politique. Chacun dans son style. Ségolène Royale dans le registre de la proximité, Lionel Jospin magistral, Jacques  Lang lyrique, Dominique Strauss Kahn pragmatique, Martine Aubry militante, Laurent Fabius enflammé.

A l’exception de la carte scolaire que Ségolène Royale veut assouplir et que ses camarades veulent conserver, les convergences l’emportent largement sur les divergences.

Tous se veulent à gauche et se font les avocats du projet socialiste, à commencer par Ségolène Royal

Tous, sans exception, prône le rassemblement des socialistes.

Tous à l’exception de Ségolène Royal se font les dents sur Nicolas Sarkozy ,  jugé dangereux , changeant réactionnaire et voire vendu à Georges Bush !

 Il n’en est que plus difficile de désigner un gagnant de cette première confrontation.

A l’applaudimètre, Ségolène Royal, Lionel Jospin et Laurent Fabius , l’emportent sur leurs concurrents.

A l’analyse, deux interventions dominaient largement toutes les autres, celle de Lionel Jospin par la hauteur de vue, celle de Laurent Fabius par le souffle. 

A l’évidence, la prestation  de Ségolène Royal, bien que meilleure que le discours prononcé aux universités d’été de la Rochelle,  paraissait néanmoins bien pale et bien anodine au regard des autres interventions de ses concurrents.

Mais l’issue de cette confrontation n’en reste pas moins  incertaine.

Dans quelques jours, Lionel Jospin dira s’il est ou non candidat.  Le plus vraisemblable est qu’il le sera. S’il ne l’était pas,  il est fort probable que Martine Aubry se lancera dans la course.

Encouragé par la réussite de Lens, François Hollande organisera d’autres débats. De là,  deux questions. Ces débats, relayés par la presse infléchiront-ils une opinion publique aujourd’hui massivement favorable à Ségolène Royal ? Et, en tout hypothèse, le choix des militants se conformera-t-il à celui de l’opinion en son état actuel ou s’en distinguera-t-il  comme s’en distingue aujourd’hui l’appareil du PS.

A Lens,  le PS ne s’est pas déchiré. Mais il n’a pas non plus choisi !

Publié dans blogpls

Commenter cet article