la cigale se fait fourmi

Publié le par blog-pl-seguillon

Bien que nous soyons à quelques mois de l'élection présidentielle, on ne
peut faire reproche au projet de budget 2007 qu'a présenté le ministre de
l'Économie et des Finances, Thierry Breton, d'être un budget
électoraliste. Traditionnellement, les majorités au pouvoir ont tendance à
jouer les fourmis dans un premier temps pour se faire cigale quand vient le
temps des urnes. Paradoxalement, le cours de ce quinquennat est à
l'inverse. A l'approche de l'échéance électorale, ce gouvernement se veut
économe.

Certes, il y a bien ces 8 milliards d'allègements d'impôts. Mais ils ont
été décidés l'an dernier. Et, à la vérité, ils ne signifient pas pour autant
que les prélèvements obligatoires ont diminué. Rapportés à un PIB qui a
augmenté, ils demeurent stables. En réalité ils ont même augmenté depuis le
début de la législature.

En revanche, l'État revoit son train de vie et il ne cède guère à la règle
des cadeaux de dernière heure.

Ce budget est un budget propre, un budget de bon intendant même si le député UDF, Amédée de Courson, qui est un expert des questions budgétaire lui reproche à juste titre quelques astuces comptables.

On retiendra en effet la baisse des déficits ramenés à 2,5% du PIB, la baisse des dépenses de l’État qui, pour la première fois progresseront moins vte que l’inflation et le timide désendettement de l’État à 63,6% du PIB.

On peut évidement estimer que les prévisions de croissance du gouvernement sont trop optimistes et que si la croissance n’est pas celle attendue aucun de ces objectifs ne sera atteint.

L’effort de remise en ordre des comptes publics n’en est pas moins réel.

Au fond, ce budget est moins conçu pour faciliter l’élection d’un membre de l’actuel majorité que pour laisser du président sortant une bonne image. Jacques Chirac est en effet obsédé par le bilan qu’il laissera et il entend apparaître comme celui qui laissera les comptes de la maison France en bon état tout en ayant au moins partiellement rempli ses engagements de baisse d’impôts.

Pourtant, au regard du passé, ce budget est politiquement bien faible et au regard de l’avenir politiquement bien neutre.

Ce tentative de remise en ordre des comptes de la nation ne vaut pas quitus à Jacques Chirac du bilan des quatre années écoulées.

Il ne saurait occulter en effet trois années de déficit public au-delà du seuil maastrichtien des 3% du PIB, une dette de l’État qui a augmenté de 8 points en cinq ans pour atteindre 66,6% du PIB au printemps dernier, l’inflation de la dépenses publique avant de la vouloir tardivement réduire, l’augmentation des prélèvements obligatoire en dépit des baisses d’impôt sur le revenu et le déficit des comptes sociaux qui s’est creusé de 50milliards d’euros en cinq ans !

Au regard de l’avenir, ce budget est politiquement neutre. Il n’a pas de colonne vertébrale, par de grands axes, pas de priorité définie. Il n’incarne pas un projet ou ne ambition politique claire. Il est vrai qu’en toute hypothèse ce n’est qu’un budget pour une demi année. Il faut en effet s’attendre qu’après l’élection présidentielle, quel qu’en soi le vainqueur, il soit largement modifié.

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spah 28/09/2006 09:13

Pour la baisse des impôts, je suis assez surpris du traitement des médias de la baisse des mensualisations ou des deux premiers tiers payants de 8%: pour eux c'est une baisse, alors qu'il s'agit juste d'un étalement ! Alors oui, dis comme ça, là, on rentre dans les objectifs de Chirac, mais euh, je ne lis nul part qu'il s'agit d'une simple répartition.

Breton nous parle de pouvoir d'achat, de redonner les fruits de la croissance et j'en passe, mais, c'est juste mettre un crédit à 0% pour régler ses impôts!

Quant à l'année utile, on sent en effet qu'elle doit l'être pour Chirac et les chiraquiens...

Mais on peut saluer en effet l'établissement d'un budget sobre et neutre, alors que d'autres auraient laissés une ardoise plus conséquente...