JOSPIN, LA VOIE "ROYAL"

Publié le par blog-pl-seguillon

Je dois faire amende honorable. J’ai cru, jusqu’à hier soir, que Lionel Jospin , en dépit d’une situation qui lui était objectivement très défavorable, irait à la bataille des primaires socialistes. Je l’ai cru parce que plusieurs de ses proches en étaient persuadés et me le disaient quand , il est vrai d’autres de ses mais cherchaient depuis plusieurs jours à l’en dissuader.  Je l’ai cru parce que je le voyais faire le tour des médias depuis des semaines avec visiblement l’envie d’en découdre. Je l’ai cru parce que lorsque nous l’avons reçu  au Grand Jury RTL – LCI – Le Figaro il paraissait avoir retrouvé un formidable goût de l’action politique. Je l’ai cru parce je le voyais animé fermement d’une double volonté : effacer l’échec subi par lui en 2002 et contredire une candidature de Ségolène Royal dont il ne partage ne partage ni la conception du parti ni la conception de la vie politique.

Eh bien ! je me suis trompé.

Peut-être ne l’ai-je cru que parce que… je l’espérais, convaincu à tort ou à raison et quel que soit le résultat final, qu’une participation de Lionel Jospin à bataille présidentielle avec un Nicolas Sarkozy donnerait au débat une densité qui risque de faire défaut.

Je me suis trompé sans doute parce que je n’ai pas mesuré entre autres causes la faille psychologique dont est affecté l’ancien Premier ministre, un défaut qui explique pour partie son échec de 2002 et qui explique aussi pourquoi il s’est lancé cette fois si tard, trop tard dans la bataille.

Ce modeste orgueilleux ou cet orgueilleux modeste est un être de raison. Il lui manque cette passion qui va au-delà de la raison et qui caractérise les grands fauves de l’univers politique.

La décision qu’il a prise hier soir et annoncée lors d’un dîner qui réunissait ses proches est certes éminemment raisonnable. ( Si vous avez entendu Lionel Jospin s’exprimer ce matin sur les ondes de RTL, au micro de mon confère Jean Michel Apathie , vous aurez noté la fréquence du mot « raison » dans la bouche de l’ancien Premier ministre ! )  Objectivement, le rapport de forces lui était défavorable. De fait, il n’était pas parvenu à le modifier . Mais pouvait-il le faire sans se déclarer ? Incontestablement, sa candidature ne faisait pas figure de candidature de rassemblement mais au contraire avait tout l’allure d’une candidature de confrontation.

Lionel Jospin a refusé cette confrontation. On imagine ce d’autres aurait fait dans de pareilles circonstances, un François Mitterrand ou un Jacques Chirac. Le second était seul et abandonné de tous hormis un ou deux fidèles à l’automne 1994. Il s’est battu contre l’évidence et a emporté la palme. Le premier était promis par les siens à la retraite voire au rebus à la fin des années 70, jugé « archaïque » tandis que Michel Rocard incarnait la modernité. Il a refusé de jeter le gant et a régné 14 ans !

Lionel Jospin , lui, a attendu longtemps que François Hollande l’appelle quand ce dernier attendait qu’il l’adoube. Il a cru que la force de la raison aurait raison du phénomène Royal, il n’a pas vu que ce phénomène devenait un fait !

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Mirino 29/09/2006 15:05

Jospin en panneIl lui manquait en effet l'audace, la confiance et la conviction, parties intégrales du courage nécessaire pour assumer la tâche. Sans ces qualités essentielles, comment pouvait Mr Jospin même songer à devenir le chef de l'Etat?

Thibault CRUZ 28/09/2006 21:53

"Un homme ne doit jamais s'avouer vaincu. Un homme, ça peut-être détruit, mais pas vaincu". Cela, c'est le vieil homme et la mer d'Ernest Hemingway. Toi, Lionel Jospin, qui abandonne les tiens, c'est plutôt "le vieil homme amer"!

Alexandre 28/09/2006 14:20

Moi aussi je crois qu'il ira jusqu'au bout comme Chirac ou Mitterrand.Il aurait peut être gagné après tout au lieu d'abdiquer encore une fois devant les pressions médiatiques et du clan Royal qui je n'en doute pas conduira le PS à l'échec en 2007.