Le désarroi des éléphants

Publié le par blog-pl-seguillon

                                                                  

De Lionel Jospin qui a jeté le gant,  à Dominique Strauss-Kahn et à Laurent Fabius qui maintiennent leur candidature à la candidature, le désarroi des ténors du PS devant le phénomène Ségolène Royal est frappant. La rencontre avec Dominique Strauss-Kahn et ses amis, à l’occasion du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro m’en a fourni hier un nouvel exemple.

     Certes l’ancien ministre des Finances affichait une sérénité voire un optimisme de circonstances. Il est vrai que le retrait de Lionel Jospin lui donne un peu d’oxygène. Il espère secrètement qu’une partie des suffrages des militants qui se seraient portés sur l’ancien Premier ministre lui seront favorables lors du premier tour des primaires du PS. Il feint de croire que son expérience, sa compétence mais surtout les propositions économiques sérieuses qu’il proposera durant sa campagne et qu’il a dessinées hier soir durant sa prestation télévisée auront finalement raison de la popularité de Ségolène Royal chez les militants socialistes.

    Certes, Dominique Strauss-Kahn manie la rhétorique économique avec aisance.

    Certes, il fait plutôt fait une bonne émission hier soir même si sa prestation était d’avantage celle d’un Premier ministrable que celle d’un présidentiable.

    Il n’empêche ! Lors des échanges à bâtons rompus qui ont suivi l’émission avec ses partisans,  la conversation passionnée de ces derniers ne portaient que sur Ségolène Royal, sur ces propos, sur son comportement et sur la difficulté à contrecarrer un mouvement qui paraît de plus en plus irrésistible … du moins au sein du P.S.

    Jean-Paul Huchon reconnaît qu’à la région Ile de France,  les élues femmes  qui soutiennent la présidente  de la région Poitou Charpentes sont déchaînées tout en convenant que celles qui lui sont hostiles le sont tout autant.

    Avec son flegme habituel et sa lucidité tranchante, Jean Christophe Cambadélis, partisan de longue date de Dominique Strauss Kahn ne cherche pas à minimiser la vague ségoliste tout en affirmant avec un sourire complice qu’il demeure néanmoins une petite chance d’inverser le mouvement en faveur de son héros.

    Une collaboratrice du président de la région Ile de France conte une réunion de section socialiste. Un jeune adhérent beurre, raconte-t-elle, se lève pour prendre la parole. Il défend une candidature Jospin. En d’autre circonstances il eut été écouté dans un silence religieux. Cette fois, à peine a-t-il ouvert la bouche que toutes les militantes de la section lui coupent la parole pour défendre Ségolène Royale !

    Le député de Paris, Jean-Marie Le Guen , analysant le dernier discours de Ségolène Royal et notamment sa référence insistante à la nation, estime, très critique,  que la candidate socialiste lance pèle mêle des thématiques dont elle ignore elle-même tout autant que son entourage où elle la conduiront. Mais il reconnaît aussitôt admiratif à regret que Ségolène Royal a un flair remarquable et sent mieux que quiconque les préoccupations des Français et , en l’occurrence leur revendication identitaire !

    En somme, tous, de Dominique Strauss-Kahn à ses amis, feignent de croire encore possible de battre Ségolène Royal lors des primaires qui vont opposer les candidats à la candidature mais aucun ne se fait grande illusion sur l’issue finale : Sauf dérapage majeur et fort improbable de sa part, c’est Ségolène Royal qui portera les couleurs socialistes dans la course présidentielle.

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spah 03/10/2006 09:43

Pour ma part, j'ai écouté très attentivement DSK, et j'ai beaucoup apprécié son positionnement "social démocrate". Dommage que cette affirmation arrive un peu tard selon moi.

Mais il serait bon que la démocratie française se trouve un leader "social démocrate", débarrassé des dogmes du socialisme pure et dure.

Centriste, j'aurais plus de facilité à voter pour un DSK qu'une Ségolène Royal...

S'il n'était pas choisi par les militants, il serait bon de voir émerger pendant les 5 années suivantes un véritable parti de démocratie sociale, européen, présentant un programme économiquement viable et pragmatique. Il est anormale que la France soit en retard par rapport à ses voisins sur cette "offre politique".