Chirac en campagne!

Publié le par blog-pl-seguillon

                                                                   

Le périple agricole de Jacques Chirac en Auvergne, ce jeudi, ressemble à s’y méprendre à une campagne électorale selon les bonnes vieilles traditions chères à l'ancien élu de la Corrèze.

 

     Il oblige en tous les cas à un double constat. Le président de la République se porte bien physiquement et politiquement.

 

      Jacques Chirac affiche, en effet, une belle santé physique. Il y a un an, il semblait diminué par son accident vasculaire. Aujourd’hui, il enchaîne les voyages à l’étranger et les visites dans la France profonde à un rythme peu ordinaire.

 

     Le chef de l’Etat est, par ailleurs, en bien meilleure forme politique. Il y a quelques mois, il était au plus bas dans les enquêtes d’opinion.  Aujourd’hui, grâce à l’été libanais, il a bénéficié d’un sérieux regain de popularité.

 

     Fort de cette double embellie, physique et politique, Jacques Chirac poursuit trois objectifs. 

 

     Tout d’abord, il entend exister jusqu’à la dernière minute de son quinquennat. Et pour ce faire il doit entretenir la fiction de sa possible candidature à un troisième mandat.

 

     Ensuite, il veut laisser un bon bilan. C’est chez lui une obsession. L’environnement économique actuel lui est favorable.

 

     Enfin, le président de la République veut être en mesure de peser sur le cours de l’élection présidentielle de 2007.

 

     Il a quatre bonnes raisons de le faire.

 

     Premièrement, Jacques Chirac a de la mémoire. Il n’a pas oublié la trahison de Nicolas Sarkozy en 1994. Il entend conserver la liberté d’exercer ce… devoir de mémoire ! 

 

     Deuxièmement, Jacques Chirac estime que Nicolas Sarkozy   n’a ni l’étoffe ni la philosophie de emploi présidentiel. Le comportement et les propos de Nicolas Sarkozy lors du voyage de ce dernier aux Etats-Unis n’ont fait que confirmer plus encore cette  conviction chiraquienne.

 

     Troisièmement, le chef de l’Etat n’a pas renoncé à remettre sur orbite Dominique de Villepin. L’un et l’autre sont aux  aguets. Tous deux sont prêts à exploiter le moindre faux pas du ministre de l’Intérieur.

 

     Quatrièmement, Jacques Chirac ne fait pas exception à une règle bien connue. Plus ou moins consciemment, il souffre mal que quelqu’un de son camp  puisse lui succéder. Il supporte plus mal encore que le postulant   prétende rompre avec sa politique ce qui est une manière d’en faire le procès.

 

     Voici pourquoi, sur le devant de la scène, le chef de l’Etat, le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur jouent la partition de l’unité et de la convivialité. 

 

     Voici aussi pourquoi, dans les coulisses, le chef de l’Etat, comme le Premier ministre, critique sans ménagement la politique de Nicolas Sarkozy , ( du voyage aux Etats-Unis au laborieux traitement du squat de Cachan en passant par le mauvais bilan sécuritaire en Seine Saint Denis ) et n’a de cesse de lui tirer le tapis de dessous les pieds  !

 

 

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Mirino 10/10/2006 09:37

Je vous remercie pour votre compliment généreux Mr Grandjules. Cette ‘tirade’ cependant ne s’agit pas d’un portrait, mais d’une hypothèse probablement bien naïve et idéaliste.En effet il n y avait aucune allusion à Mr Sarkozy.On aimerait croire néanmoins que ce dernier a toutes les qualités y compris l’intégrité pour pouvoir bien assumer cette responsabilité. Il s’est déjà bien engagé, en prenant parfois desrisques mais jusqu’à présent il n’a pas trébuché et personne n’a contesté sérieusement ses arguments. Ceux qui croient en lui n’ont pas encore eu la moindre raison d’en être déçus.

En ce qui concerne les banlieues, le soft touch n’a jamais marché, et d’autant moins aujourd’hui. Ne faut -il simplement appliquer et si nécessaire modifier la loi en donnant les forces de l’ordre les moyens pour la faire respecter et en veillant aussi que la justice fonction de manière efficace, non partisan et strictement selon la loi?Si c'est le cas il me semble que Mr Sarkozy agisse tout à fait en ce sens.

(Nous les européens qui n’avons même pas le droit de vote, aimons entretenir nos illusions qu’en écrivant nos petites tartines, nous contribuons aussi à paver le destin du pays où nous nous trouvons, même avec des petits cailloux aussi minuscules!)

grandjules 09/10/2006 18:46

Bravo, Mirino, pour cette belle tirade bien léchée et pleine elle aussi de bons sentiments. Il est simplement curieux que dans le portrait que vous dressez je ne reconnaisse aucunement M. Sarkozy! Sarkozy inquiète au lieu de rassurer, souffle sur les braises des banlieues au lieu d'agir.

Mirino 09/10/2006 10:30

Les grands « diseu » et peu « faiseu » sont ceux qui se cachent derrière des belles phrases, des formules moralistes, des théories utopiques et les « causes ». Ceux qui même lorsqu’ils essaient d’appliquer leurs théories irréalistes, n’acceptent jamais l’évidence qu’elles ne sont pas réalisables ou efficaces. Ceux qui croient que l’unité est la force lorsque en fait la force véritable vient de celui ou celle qui mène, qui inspire, qui donne de l’espoir, de la fierté, qui nous encourage à réaliser nos aspirations, à nous surpasser. Celui ou celle qui a des idées positives, révolutionnaires et réalisables.

La vieille image de la « gauche »  que l’on persiste à promouvoir : le parti des justes, des généreux, des sociaux, des égalitaristes, des modernes, des bons;  insinuant automatiquement que par définition l’idéologie de l’opposition ne peut que consister des valeurs opposées, est de plus en plus mythique, totalement dépassée et aussi ridicule que mensongère.Les réalités économiques du monde ne permettent plus une large marge d’alternance entre les partis. Le problème croissant de la sécurité y compris des imprévus internationaux ne permet plus l’isolationnisme ni la tolérance et la générosité sociale sans bornes déterminées.



En conséquence le critère essentiel aujourd’hui est moins le politique que les qualités personnelles du Chef d’Etat, ainsi que celles du Premier Ministre. Leur courage, leurs principes et leurs convictions. Et naturellement ces qualités déterminent le politique.

grandjules 08/10/2006 16:30

J'en ai oublié de répondre à mon camarade de jeu Ebichu, auprès de qui je m'excuse!

Mais je maintiens qu'il ne faut pas avoir les yeux en face des trous pour voir en Sarkozy l'héritier de Chirac. Peu importe qu'il le dise parfois: ce n'est pas vrai (vous allez encore me dire que je fais des procès d'intention). Certes, il a le même électorat que lui - cela, c'est un fait, même s'il drague tantôt chez Jean-Marie, tantôt à gauche. Sa stratégie est donc d'essayer de faire gober le coup de la "rupture" aux mêmes qui ont acheté la "fracture sociale". (Tiens! en voilà un bon argument de vente: rompons la fracture!).

Mais après tout, vous avez sûrement raison: Sarko est bien l'héritier de Chirac: grand "diseu", petit "faiseu", comme on dit en Normandie.

grandjules 08/10/2006 16:21

M. palloporo, j'ai déjà eu l'occasion de vous répondre qu'il était un peu "rapide" et inexact de réduire les causes de la victoire de la gauche en 1981 à la trahison de Jacques Chirac. Qe je sache, ceux que quelqu'un d'autre sur ce blog appelle "qq milliers de militants fanatisés" ne représentent pas tout l'électorat. Et le reste des votants n'est pas captif de l'absence de consignes de vote données publiquement par M. Chirac.

A cet égard, vous avez beau vous réclamer de Giscard, je ne le considère pas comme détenant la vérité révélée (et ce même s'il côtoie maintenant quai de Conti les rivages de l'immortalité). Ce même Giscard, pourtant, avouait dans un moment de lucidité qu'il était persuadé de sa défaite en 1974, et de sa victoire en 81. Tout ça pour dire que vous n'avez toujours rien compris si vous réduisez l'alternance de 81 à une histoire de tapis tiré ou de savonnette. Je ne me souviens pas d'ailleurs d'avoir vu autant d'espoir et de gens en liesse en 1974 qu'en 1981.

Si, comme vous le prétendez, vous savez apprécier les bonnes choses à gauche comme à droite, avouez donc enfin que beaucoup de choses ont été réalisées par la gauche au pouvoir. Allez, pour vous encourager, je fais la moitié du chemin: il n'y a pas non plus, bien sûr que du positif. Et accordez-moi aussi que le bilan de M. Chirac est désastreux et inexistant.