Diplomatie: continuité ou rupture ?

Publié le par blog-pl-seguillon

   

Dans le dernier numéro de la revue " Le meilleur des Monde s", Nicolas Sarkozy expose sa vision de la défense et de la politique étrangère de la France. Certains s'en offusquent au prétexte que seul le président de la République aurait vocation à s'exprimer sur le sujet  et qu’un ministre serait mal venu de formuler en la matière sa propre opinion.

 

   Ils ont tort.

 

   Il est parfaitement légitime qu'un candidat à la présidence de la République dise sa conception de la politique étrangère et de la défense de la France. Je dirais même qu'il à le devoir d'éclairer de la sorte le choix futur des électeurs.

 

   Mais il faut bien constater que la gouvernance diplomatique prônée par le ministre de l'Intérieur et les orientations de politique étrangère qu'il dessine marquent une rupture avec la pratique et  les choix de Jacques Chirac. Dans ce domaine comme sur les autres terrains, Nicolas Sarkozy prétend , selon son expression, bousculer les lignes.

 

   Prenons l'exemple de la gouvernance. Le président de l'UMP réfute l'idée selon laquelle défense et politique étrangères relèveraient d'un domaine " réservé" du chef de l'Etat. D'un point de vue constitutionnel, il a parfaitement raison. En rigueur de termes, il n'y a pas de domaine réservé selon la constitution de  1958. Si le président de la République est le chef des armées, le Premier ministre est responsable de la Défense. Et si le chef de l'Etat accrédite les ambassadeurs et négocie les traités internationaux, la constitution ne dit nul part que la politique étrangère est un domaine qui lui est strictement réservé. Georges Pompidou ou Jacques Chaban-Delmas, Pierre Mauroy ou François Mitterrand ont eu l'occasion de le souligner en leur temps. Il n'empêche que le général De gaulle a instauré une pratique reprise par tous ceux qui l'on suivi à l'Elysée qui donne au chef de l'Etat une autonomie de décision en matière de politique étrangère et de défense dont ne bénéficient aucun des dirigeants des grandes démocraties.

 

   Toutefois, connaissant le tempérament de Nicolas Sarkozy on peut douter, en dépit de ses affirmations, qu'élu président de la République, il associerait d'avantage le Premier ministre et le parlement aux décisions de politique étrangère !

 

  Voilà pour la gouvernance. Venons-on aux grandes orientations.

 

     Nicolas Sarkozy souhaite des relations plus vigilantes avec l'Iran, plus étroites avec les Etats-Unis et plus sourcilleuses avec la Russie. Reste qu'il existe des pesanteurs historiques, géostratégiques et énergétiques incontournables. La politique étrangère est comme un grand paquebot dont le cap ne peut être aisément modifié. Voilà pourquoi l'on peut également douter qu'entré à l'Elysée, Nicolas Sarkozy déclarerait la guerre à l'Iran, mettrait Poutine en quarantaine ou ne connaîtrait point de différents sérieux avec Georges W. Bush ! Qu'il soit de gauche ou de droite, le nouveau chef de l'Etat imprimera peut-être quelques inflexions à notre diplomatie. Il n'en reste pas moins certain que, comme ses prédécesseurs, il s'inscrira sans doute d'avantage dans une longue  continuité.  L’expérience prouve qu’en politique étrangère à la différence de la politique intérieure, la continuité l’emporte toujours sur la rupture.

 

 

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Mirino 14/10/2006 12:54

Pour inciter la dialogue,  j'ai attendu un tollé, mais rien! Disons donc en anticipation, et pour clôre:Evidemment l'allusion à l'existence de 'Palestine' était dans le contexte historique.'Palestine' était 'Canaan' des Canaanites mentionné dans le bible. Connu aussi comme 'le Pays des Hébreux'. Le terme 'Palestine' est dérivé de 'philistin'. Les philistins étaient un non-sémitique ethnique groupe peu nombreux qui habitaient dans un petit zone du cote sud de nom de 'Philistia' dont la frontière se correspond avec la Bande de Gaza. Philistia est aussi citée dans le bible dénotant cette région de sud (Gaza).Bien que les 'philistins' semblent avoir disparu par la période assyrienne, le nom était retenu. Les grecs formaient alors un mot comme 'Palaistinel', plus tard latinisé pour devenir 'Palaestina'.Le Qur'an se réfère aussi à 'Holy Land' quand Moïse proclamait aux enfants d'Israël: 'O mon peuple, entre le pays sacré que vous a assigné Allah, et ne tournez point le dos ignominieusement, car ce sera la cause de votre ruine'. (Surah 5: 21)(Si les enfants d'Israël (Jacob) descendants d'Abraham furent également les musulmans, tous ces 'enfants d'Israël' devraient pouvoir être capable de vivre ensemble en paix, comme avant).Mais si 'Palestine' était formellement établi au 20e siècle en même temps que l' Israël était formellement rétablie, en refusant de reconnaître la droit d'existence à Israël, le Hamas, comme représentant des palestiniens, renoncerait en principe et par extension logique, leur propre droit d'exister.

Mirino 13/10/2006 16:38

Encore une fois, on ne peut pas re-écrire l’histoire, même si la décision des Nations Unis en 1947 de ‘rendre Israël aux israéliens’ était mal réfléchie.

Mais une chose est certaine. Jamais cette décision aurait pu être prise si les palestiniens avaient déjà établi leur Etat. Palestine n’existait pas, et n’a jamais existé.

Mirino 13/10/2006 15:48

(D’un point de vue théologique, Israël, ainsi en première ligne, devient forcement le ‘conservateur’ de ‘Holy Land’.Si les fanatiques continuent à utiliser le mot ‘croisé’- c’est parce que pour eux les guerres des Croisades entreprises du XI au XIII sous l’impulsion de la Papauté pour reprendre le Sainte Sépulcre aux Musulmans et défendre Jérusalem continuenttoujours !Tous les prétextes sont donc bons (territoires occupés etc) pour les perpétuer.Et lorsqu’on regard sur une carte la différence entre le petit Etat d’Israël et l’énorme pays d’Iran, on reste ébloui par de telles ‘préoccupations’ de territoires!Imaginez alors si Israël envoyait ses gosses équipés de bomb-belts en Iran !Si ce n’était pas d’une question de survie, cette situation serait risible tant elle est ridicule, futile et veillotte.

 Naturellement il y existent des modérés palestiniens, et très courageux aussi, mais c’est bien dommage que beaucoup d’entre ce peuple semblent aussi conditionnés à haire aveuglement, et qu’ils soient aussi inconscientes du fait que depuis belle lurette ils ont été manipulés, utilisés et abusés).

Mirino 13/10/2006 12:54

Avancer que parfois on ne peut pas l’éviter n’est pas forcement une ‘justification’ pour ‘la guerre’. Il n y a jamais eu une guerre ‘juste’.Mais bonne ou mauvaise l’intervention en Iraq pour faire tomber un regime tyrannique Mr Ebichu était terminée en deux mois. Le peuple était heureux d’être libéré, et par la suite ils ont choisi librement la démocratie. Personne ne l’avait imposée comme vous insinuez. Il aurait pu facilement refuser ce choix. En plus sans cesse les membres élus du gouvernement se mettent courageusement en premier ligne pour leur peuple. Il en faut bien de la conviction, du courage et de la bonne volonté pour faire cela, et les traiter de fantoches des EU comme font certains européennes, est bien grossière, lâche et insultant.

Depuis, le pays a été constamment infiltré par des activistes terroristes d’al-kaida entres autres, qui n’ont jamais cessé de semer le désaccord entre le peuple en commettant les actes criminelles le plus barbares et abominables pour inciter une guerre civile. Pourquoi ? Pour détruire cette jeune démocratie avant qu’elle puisse se développer. Ces fanatiques acharnés considèrent la democratie contre leurs intérêts et même contre leur interprétation fondamentaliste et déformée d’Islam. Et c’est bien ça la menace réelle.

On peut beau adopter la stance des trois singes mais ça ne changera rien. La menace démure.Restant au chaud chez nous à nous occuper de nos oignions ne veut pas dire que ces malades vont faire pareil.  Ils ne vont pas faire du jardinage tranquillou chez eux avant de prendre du thé et regarder la tv. Le mal existe. Tant qu’ils existent ils ne vont pas cesser à essayer de mettre en œuvre leurs objectifs psychopathiques.

Pour Israël, aussi en première ligne, c’est encore plus simple. Si cet Etat existe toujours c’est parce que ils ont gagné le droit d’exister à travers cinq guerres. Si ce n’était pas le cas, Israël (nom très ancien donné à Jacob qui est devenu celui du ‘pays promis’, tandis que le nom ‘Palestine’ n’a jamais figuré dans l’histoire) n’existerait point aujourd’hui.

 On ne peut pas re-écrire l’histoire, mais il y a toujours une raison pour tout.En considérant ce que les Israéliens ont accompli à travers 50 ans chez eux, c’est un voisin à respecter. Il n y a qu’un minorité qui continue à croire le contraire.Et si Israël continue à occuper certains territoires hors de leurs frontières c’est uniquement pour des raisons de leur propre sécurité, car chaque fois qu’ils les ont abandonnés, au lieu de les développer intelligemment, ces territoires ont été utilisés stupidement pour attaquer Israël encore et encore.

L’Egypte et la Giordani ont une attitude bien plus saine et civilisée à l’égard d’Israël aujourd’hui. C’est une question de temps et de l’éducation (et sans doute de changement de dirigeants) en ce qui concerne l’Iran et la Syrie).

Mirino 13/10/2006 09:07

Personne n’aime la guerre, Mr Ebichu, mais parfois, à cause des ambitions des fous qui se moquent du monde ainsi que l’enseignement de l’histoire, elle est inévitable si on tient à ses valeurs, son identité et sa vie.

L’Israël peut beau continuer à se douter actuellement- ce qui montre que sa démocratie est en bonne santé, tandis que le Hezbollah peut beau continuer à créer ‘la victoire’, mais ce dernier ainsi que l’Iran vont réfléchir davantage avant d’entreprendre un tel objectif aussi dément, barbare et irresponsable à l’avenir.

D’ailleurs même si Israël avait réussi à éliminer le Hezbollah laissant seulement un comme seul survivant pour la postérité, celui-ci aurait aussi crié ‘la victoire’.

 Concernant l’Iraq. Le peuple a choisi, massivement. C’est aussi la responsabilité du monde libre de veiller que son choix  soit respecter et défendu, sinon la démocratie ne sera jamais assurée nulle part. Tel est l’enjeu, exactement comme en Afghanistan. Se tromper le cible à l’égard d’Iraq est trop facile, irresponsable et ne représente aucune soutien au peuple iraqien qui évidemment mérite bien mieux que cela.