Inspiration gaullienne

Publié le par blog-pl-seguillon

     Est-ce la présence d’Yves Guéna,  gaulliste orthodoxe s’il en est ? Est-ce la patte d’ Henri Guaino , ancien commissaire au plan et collaborateur de Philippe Séguin, aujourd’hui plume du président de l’UMP ? Une chose est certaine, le discours prononcé par Nicolas Sarkozy , hier soir, à Périgueux se voulait d’inspiration gaullienne et social.

    Gaullien était ce discours dans le style, tout d’abord. Il y a des mots qui ne trompent pas. En entendant le ministre de l’Intérieur déclarer : « nous sommes les citoyens d’un vieux pays », on ne pouvait s’empêcher de songer à l’interpellation du général de Gaulle à la télévision, lors des barricades d’Alger, le 29 janvier 1960 : «  Eh bien mon cher et vieux pays nous voici donc ensemble, une fois encore, face à l’épreuve » . On pensait encore au premiers mots du fameux discours prononcé à Montréal par Charles De gaulle, le 24 juillet 1967 : «  Au nom du vieux pays, au nom de la France, je vous salue ! » et clos par « vive le Québec libre » !

    Gaullien, le discours de Nicolas Sarkozy l’était encore par la référence insistante à l’histoire. Le projet républicain du « candidat naturel »  de l’UMP se veut héritier d’une longue filiation. Et le ministre de l’Intérieur de citer Mirabeau et Victor Hugo, Gambetta et Jaurès, Clemenceau et Malraux !

    Gaullien aussi était le ton volontariste. Le « je » était prédominant dans le propos de Nicolas Sarkozy , le « je veux » et le «  je propose » répétitif.

    Gaullienne, enfin, était la philosophie de ce long développement.

    « La République est d’abord une certaine idée de la Nation », a souligné Nicolas Sarkozy . Et l’orateur a visiblement voulu réveiller une fierté nationale polluée par le masochisme du déclin et de la repentance.

     « La République est aussi une certaine idée de l’Etat », a poursuivi le président de l’UMP. Et de déclarer : «  comme en1958, il faut refaire l’Etat »  car la France a besoin d’un Etat fort pour être forte. La référence historique au retour du général n’est pas anodine !

     La république est, enfin, une certaine idée de l’équité et du mérite. Et Nicolas Sarkozy de prôner l’effort et sa juste récompense, mais aussi de multiplier les propositions très sociales.

 

     Un tel discours avait évidemment pour objet d’opérer un recentrage du candidat sur un terrain que prétendent lui disputer Dominique de Ville pin ou Michèle Alliot-Marie.

     Si Nicolas Sarkozy n’a en rien renoncé à faire de la rupture son mot d’ordre, celle-ci est apparue moins comme une rupture libérale que comme la volonté de rendre à la à la Nation sa fierté, à l’Etat sa force et son efficacité et à la République  sa capacité à intégrer et à récompenser chacun selon son mérite.

     Le président de l’UMP réduit de la sorte l’espace politique de ses concurrents chiraquiens. Mais il risque, se faisant, de décevoir ses soutiens les plus libéraux mais aussi d’ouvrir un espace à un centre droit plus européens moins étatique.

 

 

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LAUGIER 14/10/2006 17:05

Ce n'est pas parce qu'on prononce 2500 fois (je n'ai pas compté, c'était incomtable, le mor République qu'on est plus républicain, 2500 fois le mot France... D'autant que j'aimerais mieux que les mots République et France ne soient pas associés à des phrases comme (à peu près mais le contenu y est) : "que les parasites ne vivent pas aux crochets de ceux qui travaillent et se lèvent de bonne heure"... Traduisez cette phrase en Allemand et imaginez qu'elle ait été prononcée à Nuremberg... Vous imaginez l'effet. D'autant que les gestes y sont!!!Faut pas se laissez impressionner, Monsieur Séguillon! Franchement la comparaison avec de Gaule me paraît déplacée.

LAUGIER 14/10/2006 16:57

Mirino 13/10/2006 19:07

Pourquoi on cherche toujours à cataloguer ? Est-ce que c’est parce que l’on imagine qu’un personnage comme Nicolas Sarkozy n’est pas capable de développer ses propres opinions,ses propres convictions, et qu’il modèle même ses discours et son style sur quelqu’un comme De Gaulle ? Ce serait une supposition ridicule et inutile.

 Bien sûr De Gaulle s’est fait un mythe glorieux mais il a fait quelques erreurs bien graves aussi, dont beaucoup de gens ne lui pardonneront jamais, mais cela est une autre histoire.

Acceptons ou rejetons Mr Sarkozy comme il est, en lui donnant au moins le crédit d’être lui-même. Il mérite au moins ça, car il a déjà pris certains initiatives franches que jamais De Gaulle aurait prise sous de telles circonstances.De toute manière ce qui se passe en ce moment est bien plus interessant .Il vaut peut-être mieux donc regarder en avant qu’en arrière.

Louis 13/10/2006 18:12

Le recentrage "gaullien" de M. Sarkozy n'est pas du tout crédible. Il ne suffit pas de faire un discours de circonstance aux accents gaulliens pour être gaulliste. On ne peut pas être atlantiste comme l'est M. Sarkozy et tenir un discours gaullien crédible. On ne peut pas prôner l'alignement de la politique étrangère de la France sur celle des Etats-Unis d'Amérique et, dans le même temps, prétendre être gaulliste. C'est la preuve que M. Sarkozy change constamment son discours au gré des sondages.

http://www.electionpresidentielle2007.fr

charles 13/10/2006 17:51

M. Séguillon, vous qui êtes un analyste averti de la politique française, vous savez mieux que quiconque qu'il n'existe pas (ou vraiment très peu) d'hommes politiques dont les idées se confondent  intégralement avec une doctrine politique.

Seules les grossières caricatures dressées par les adversaires de Sarkozy ont pour but de l'assimiler parfois à un doctrinaire libéral, parfois à un doctrinaire atlantiste ou que sais-je encore...

La réalité qui me crève les yeux, c'est que Sarko est un pragmatique ayant longuement réfléchi aux blocages qui asphyxient la France et qui souhaite y apporter des solutions crédibles et efficaces sans se soucier des étiquettes.

Ainsi, son ambition pour son pays et sa volonté de voir ses concitoyens revendiquer et aimer le formidable héritage culturel et intellectuel de la France font de lui un bien meilleur héritier du gaullisme que n'importe qui d'autre et notamment bien meilleur que les obcessionnels de la repentance comme Chirac et sa clique.

Pour autant, moi qui suis convaincu que seules des recettes libérales sortiront notre pays de ses difficultés économiques,  j'ai également trouvé largement matière à satisfaction dans le discours de Sarko. Il a évoqué toute une série de réformes (concernant l'état, l'université, l'école...) qui sont de nature à relancer la compétitivité de la France et à enrayer la spirale de la paupérisation de notre pays.

Tout ça pour dire qu'il n'y a pas grand sens à opposer régulièrement ceux que l'on qualifie de "gaullistes sociaux" et ceux que l'on qualifie de libéraux. Ce sont des philosophies politiques parfaitement compatibles (d'ailleurs Sarkozy incarne très bien leur mariage). A dire vrai, je n'ai aucun doute sur le fait que le général de Gaulle lui-même, soucieux qu'il était de la grandeur de la France, serait aujourd'hui très partisan des recettes libérales, seules à même d'enrichir la France et donc seules à même de permettre une politique sociale digne de ce nom.