Ci-devant Bayrou, avocat du tiers état

Publié le par blog-pl-seguillon

 

François Bayrou aurait-il raison ?

Dans l’ouvrage qu’il vient de publier, intitulé « Au nom du tiers état » (*), le président de l’UDF dénonce une fois encore avec virulence la magistrature d’opinion qu’exercent dans notre pays médias et puissances d’argent. « Nous avons laissé se reconstruire les ordres d’autrefois, écrit-il. Ce n’est plus, comme il y a trois siècles, le monopole de la noblesse et du clergé. Mais le mécanisme est le même . Il s’est construit une sorte de noblesse de robe dans les cercles du pouvoir. Il s’est mis en place une cléricature médiatique pour présenter les choses à l’usage des spectateurs et des lecteurs, des consommateurs de médias. Une magistrature de l’opinion appuyée sur la puissance impressionnante de grands groupes industriels ou financiers en affaire avec l’État, ou voulant y entrer »

Ainsi, il est de bon ton, dans cette « cléricature médiatique », de tenir pour quantité négligeable François Bayrou, l’homme qui prétend parler au nom du peuple « gênant » et « indocile », le candidat qui entend exister hors d’une bipolarisation de notre vie politique réduisant les élus au rôle d’automates, le leader politique qui veut changer les institutions et estime qu’il serait possible de gouverner avec les bonnes volontés et les compétences de droite et de gauche.

 

De François Bayrou l’on parle avec un sourire condescendant dans les rédactions. Mais tandis que le bruit médiatique se concentre autour de Ségolène et de Nicolas, le bon François va son chemin sans vacarme mais avec constance. Au gré de conventions régulières, il tricote son programme. Il parlait aujourd’hui d’écologie avec ses troupes. Sa renommée se construit sur la toile plus que dans les médias classiques. Dans le dernier sondage IFOP-Paris Match, le président de l’UDF gagne deux points et récolterait 12% des voix dans l’hypothèse d’un duel Royal Sarkozy.

Mais, précisément, la presse ne semble avoir fait aucun cas de cette progression et l'a quasiment passée sous silence comme si elle avait voulu justifier les doléances de François Bayrou à son encontre.

Le défenseur du tiers état ne fait toujours pas recette auprès de la cléricature médiatique!

 

* François Bayrou, « Au nom du tiers état », Hachette littérature, 2006, 16 euros

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Nicole 23/10/2006 08:00

Monsieur Bayrou est certe un homme respectable, mais pas vraiment un homme politique "neuf". S'il avait dû faire l'unanimité des Français et même des adhérents de son parti, il y a longtemps que nous le saurions.Il existe un candidat jeune, plein d'ambition pour la France et qui est a même de rassembler une majorité de nos concitoyens.Ce candidat s'appelle Franck ABEDSon mouvement, Réconciliation Nationaleet son site : reconciliationnationale.frvous permettra de mieux le connaître ainsi que son programme.

koz 22/10/2006 18:56

Depuis combien de temps Monsieur Bayrou est-il en politique ? Veut-il vraiment nous faire le coup de la pureté virginale, de la page blanche, de la table rase ? Ou se contente-t-il de la stratégie victimaire ?

Mirino 22/10/2006 18:23

On pourrait  même ajouter que si Mr Bayrou est sincere dans sa quète de contribuer à changer l'ordre de choses, sinon tenter de miner le monopole des magnats, qu'il descende de sa tour en ivoire lui aussi, et reponde (par exemple) à ce modeste commentaire.

palloporo 22/10/2006 17:37

Il y a dans les propos de M. Bayrou une part de vérité indéniable concernant la "cléricature médiatique" ou la "magistrature de l'opinion"...etc. Ce sont les médias qui ont créé le "mythe Royal" et "l'épouvantail Sarkozy". L'obsession de M. Bayrou: créer une force politique centyriste importante, jouant de médiatrice entre une gauche à vocation antilibérale totalitaire, et une force de droite libérale et nationaliste. Conception utopique et irréalisable car cette force d'appoint à faire basculer le balancier tantôt à droite, tantôt à gauche, serait plus que néfaste au bon fonctionnement des institutions. Dans une récente intervention télévisée, M. Bayrou soutenait fermement la théorie de revenir aux élections législatives à la proportionnelle, même si celles-ci devaient amener à l'Assemblée "des gens que je n'aime pas", disait-il. S'il est vrai qu'il faudrait inventer un système électif à fin que toutes les sensibilités politiques soient représentées à l'Assemblée, il est vrai aussi que l'élection à la proportionnelle nous ramènerait dans la cacophonie de la 4e République. Mais il y aurait un moyen d'ajouter une sorte de proportionnelle au système actuel: élire 1 député par département dès le 1e tour. En plus des députés élus ayant obtenus plus de 50% des suffrages éxprimés, serait élu le candidat du département ayant obtenu le plus grand nombre de suffrages en dessous des 50%. Un candidat qui a obtenu 49% des suffrages au 1e tour est potentiellement plus représentatif que celui qui a obtenu 30% des suffrages, et qui sera élu au 2e tour grâce au report des voix d'un 3e candidat. Mon point commun avec M. Bayrou est l'instauration de la 6e République à régime Présidentiel où le Chef de l'exécutif prendrait toutes ses responsabilités de gestion, ne pouvant plus "s'appuyer sur son fusible" pour sauver la mise

Mirino 22/10/2006 13:26

Si je comprends bien, ce que Mr Bayrou dénonce, est le phénomène tout à fait naturel, partie intégrale de la nature humain aussi ancienne que la ‘civilisation’ elle-même.

Lui-même il en bénéfice, naturellement et ironiquement, car sa position, sa ‘célébrité’ et donc le soutien médiatique qu’il reçoit automatiquement par conséquence, lui apporteraient le succès qu’il aurait besoin pour son œuvre dénonçant justement ce phénomène, celui de la même main qui le nourrit.

L’alternative de cet ordre de choses, ce monopole, c’est quoi au juste, l’égalitarisme, ce rêve utopique contre nature ?La nature plante la graine de notre caractère et nous donne ou parfois ôte notre chance. Les circonstances contribuent aussi à déterminer notre vie, et il y a enfin une raison pour tout. Il ne peut pas être autrement. Ce n’est pas la fatalité, c’est la réalité. C’est aussi l’une des raisons essentielles pour laquelle la vie est belle.