Fabius y croit encore

Publié le par blog-pl-seguillon

    

Un visiteur soupçonneux me fait grief de n’avoir pas annoncé, comme j’ai coutume de le faire, l’invité dimanche du Grand Jury, en l’occurrence Laurent Fabius. Il me reproche   d’avoir de la sorte omis de solliciter les questions que les habitués de ce blog souhaitaient peut-être poser à l’ancien Premier ministre. Et il  voit dans cet oubli le signe d’un évident parti pris en faveur de Ségolène Royal ! Sans doute ai-je eu tort de ne pas signaler à votre attention la présence de Laurent Fabius dans cette émission. Mais la raison n’est nullement partisane. Cette omission  s’explique par une paresse passagère ! Vendredi et samedi  derniers, comme nombre d’entre vous sans doute, j’ai profité des douceurs exceptionnelles de l’été indien. Au labeur quotidien du blog, j’ai préféré les promenades automnales en forêts.

     Je fais donc amende honorable. Faute confessée, faute à demi pardonnée… je me contenterai donc de parler de cette émission a posteriori.

     Incontestablement, le propos de Laurent Fabius possède une cohérence qui fait défaut à la présidente de la région Poitou-Charentes.

     Il s’adresse à la raison quand sa concurrente ne se préoccupe que des humeurs d’une opinion qu’elle s’efforce d’épouser.  Voilà pourquoi Laurent Fabius  nous a confié après l’émission, cherchant peut-être à s’en persuader lui-même : « si le débat se poursuit sur le fond, je peux encore l’emporter dans un second tour de primaires ».

      Il est vrai aussi que son discours rivé au projet socialiste devrait logiquement séduire d’avantage  les militants que l’approche social réformiste d’un Dominique Strauss Kahn qui cherche à conquérir les classes moyennes. Les membres de l’entourage de l’ancien Premier ministre  présents dimanche soir à RTL expliquaient ainsi avoir la conviction que, contrairement à ce que disent des sondages qui ne portent que sur des sympathisants, leur champion créerait la surprise et arriverait devant Dominique Strauss Kahn , lors du premier tour des primaires socialistes.

     Rien n’est évidement impossible en politique.

     Et l’effritement de popularité que connaît actuellement Ségolène Royal, même si les enquêtes d’opinion continuent de  lui accorder une très forte avance sur ses concurrents, donne des arguments aux partisans de l’ancien Premier ministre. Ces derniers soulignent  qu’au sein même du PS Ségolène Royal bénéficie de ralliements dus à une présomption de succès plus que d’adhésions réelles. Dès lors que cette présomption de succès faiblit à proportion du fléchissement dans les sondages, tous les retournements de situation sont imaginables.

     A ceci près que le retard de Laurent Fabius sur la candidate socialiste est considérable et que le positionnement radical de l’ancien Premier ministre souffre d’un manque de crédibilité tant il s’est fait par le passé le champion de l’aile la plus libérale du PS souhaitant lorsqu’il était ministre de l’économie et des Finances de Lionel Jospin la privatisation de GDF ou encore appelant une baisse de l’imposition des classes les plus aisées !

 

                                                            

 

Je profite également de ce blog pour vous annoncer, dès aujourd’hui, que le prochain invité du Grand Jury sera le Garde des Sceaux Pascal Clément. Vous avez une semaine pour formuler vos  interrogations sur le fonctionnement et l’organisation de la justice.

La météo annonce froidure et temps maussade pour la  fin de semaine. J’en fais promesse au visiteur sourcilleux de ce blog à qui je dédie ces quelques lignes, je ne ferai pas cette fois  école buissonnière !

 

 

 

 

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Mirino 07/11/2006 18:17

Cher Grandjules,



Adam Smith vécut avant la révolution Industrielle, non pas pendant le 19e siècle. De toute façon il était un économiste ainsi que un philosophe et ses idées fondées sur la logique sont toujours valables. D’autant plus actuellement où il existent des lois et un système sociale pour protéger les employés, parfois trop d’ailleurs. Ce n’est plus des méchants patrons qui abusent les pauvres employés, c’est souvent l’inverse, car les lois sont telles qu’un patron a les mains ligotées. Si ce mythe dépassé est toujours maintenu, c’est la vieille tactique usée de la gauche, pratiquée pour des fins politiques. Ce n’est pas bien d’inciter gratuitment ce genre de méprise ou manque de confiance entre le patronat et ses employés.



Bien sûr lorsqu’on considère les affaires multinationaux quand sans façons les gros mangent les petits, ou celles dont nos politiciens - de gauche aussi bien que de droite- se salissent les mains de temps en temps, c’est justement une autre affaire funeste, plus difficile à contrôler.



Mais le petit entreprise français, où il y a une relation de respecte mutuel entre le patron et ses employés, a bien besoin de davantage de liberté et de flexibilité pour pouvoir survivre. C’est guère dans les intérêts de la société si les lois sont tellement taxant que les petits entreprise finissent par couler. (Moi aussi j’en avais une petite société. Elle s’est fait faillite justement à cause des charges trop lourdes).

Personne n’a ‘la liberté absolue’. Elle n’existe pas et n’a jamais existé. C’est justement pour cela d’ailleurs que lorsque c’est possible et recommandable, c’est dans l’intérêt de tous y compris l’État de respecter les petits entreprises en les faisant confiance et en allégeant les charges inutiles pour les permettre de survivre et alors peut-être même de développer.

Grandjules 07/11/2006 10:50

Chers Mirino et Eric Gillot,

Adam Smith vivait en un temps où l'absence de toute législation concernant le travail permettait aux "gentils entrepreneurs" dont vous faites l'éloge de faire travailler des gens plus de 12h par jour et des enfants de dix ans, le tout pour des salaires de misère. Si vous ignorez les conditions de vie des ouvriers de l'époque, relisez entre autres Victor Hugo.

La liberté absolue que vous prônez, cela conduit exactement à ça. La liberté de celui qui n'a que ses bras à offrir face à celle de celui qui possède l'argent et peut licencier du jour au lendemain, ce n'est évidemment pas la même, et c'est de la démagogie ou du poujadisme que de prétendre le contraire. Alors je ne vais pas me gêner ni être honteux de dire qu'il faut effectivement encadrer les pratiques des employeurs, limiter le temps de travail et donner aux salariés les garanties les plus larges possibles, sans faire pour autant du chef d'entreprise un ennemi. C'est possible, et c'est à quoi doit tendre toute politique responsable de l'emploi.

Eric Gillot 05/11/2006 16:37

Cher Mirino,  Je suis bien d'accord avec vous, c'est pourquoi je crois à une politique incitative comme tous les pays du Nord de l'Europe, qui détaxe le travail pour taxer les revenus à la source et les bénéfices. Il est indispensable que le patrons aient un intèret fiscal à embaucher plutôt qu'à thésauriser. De même si un Français a la santé, l'envie et le besoin de gagner plus d'argent, pourquoi lui ordonner de ne pas travailler ? Plus de liberté combiné avec plus de justice fiscale c'est le principe gagnant/gagnant de tous les Pays à haut niveau de vie: Les éléphants du PS comme le Chiraquisme préfèrent moins de liberté et la fiscalité sociale la plus injuste et archaïque d'Europe.

 

 

Eric Gillot 05/11/2006 16:24

Cher Mirino, je suis tout à fait de votre avis, c'est pourquoi une politique incitatives qui remplace les taxes  le travail

Mirino 05/11/2006 13:02

Adam Smith (économiste écossais 1723-1790, mort donc neuf ans avant la fin de la Révolution française) était convaincu que le recherche de l'intérêt personnel mène à l'intérêt général. Il prônait donc la liberté (et sans doute aussi bien la fraternité plutôt que l'égalité).Lorsqu'on essaie, avec des théories dogmatiques, de 'harnacher' la liberté, partager le travail, ingérer aux affaires de ceux qui ont pu créer des entreprises valables, on tue la volonté et l'élan de créer. Lorsqu'on impose des horaires de travail c'est une ingérence négative car le logique dicte que plus qu'on travaille si l'on le veut bien, le plus que l'on produit ainsi créant davantage d'emploi pour des autres et  davantage de bénéfice, en principe, pour l'entreprise. Tout le monde donc gagne y compris bien entendu l'Etat.Un bon patron sait bien mieux comment gérer ses propres affaires et comment traiter ses propres employés que qui que ce soit et surtout l'État.