Les dés sont jetés

Publié le par blog-pl-seguillon

      

Des trois débats qui ont opposé les candidats socialistes à la candidature présidentielle, il est possible maintenant de tirer quelques leçons. 

Ces confrontations ont sans doute contribué à resserrer les écarts entre les candidats. Encore faut-il noter que les enquêtes d’opinion dont les résultats doivent toujours être lus avec la plus grande prudence accordent toujours une large avance à Ségolène Royal.

Ces joutes télévisées – ou pour être plus juste, cette série de grands oraux n’ont pas entraîné l’effondrement de la candidate socialiste qu’espéraient ses compétiteurs. La première raison en est que  la présidente  de la région Poitou-Charentes a de la bouteille ! Elle a un quart de siècle de métier politique derrière elle. La deuxième raison est qu’elle a beaucoup travaillé. Elle a fait ainsi une honnête prestation sur les dossiers économiques et sociaux. Elle a brillé sur les questions de société qui sont son domaine de prédilection. Elle s’est montrée quelque peu laborieuse sur les sujets internationaux voire légères sur des dossiers comme l’Iran alors que ses concurrents se montraient particulièrement à l’aise sur ces questions internationales; mais elle n’a pas commis d’impairs rédhibitoires.

Lors de ses débats, les trois candidats n’ont pas exprimé de divergences profondes sur un programme socialiste dont ils se sont tous réclamés, tout juste des nuances. En revanche, ces confrontations ont fait apparaître trois démarches différentes.

Laurent Fabius a adopté un positionnement très radical classique au PS  en temps de campagne. Il s’est fait l’avocat le plus sourcilleux du projet socialiste. Il estime pouvoir de la sorte conquérir le vote des militants en flattant une veine de gauche.

Dominique Strauss Kahn a affiché une vision social démocrate, un socialisme réformiste par quoi il entend séduire les plus jeunes et les plus modernes des adhérents du PS.

Enfin, Ségolène Royal a défendu une approche pragmatique, empruntant aussi bien aux valeurs de droite que de gauche, convaincue que proximité et démocratie participative sont dans l’ait du temps et répondent aux attentes de l’opinion.

Ces débats n’ont pas déchiré le parti socialiste. Il est vrai que ces primaires ont créé quelques rancoeurs et quelques haines solides. Plusieurs jospiniens ne sont pas près de pardonner à DSK de s’être maintenu, empêchant de ce fait l’ancien Premier ministre de prendre part à la course. Quelques uns demeurent profondément hostiles à Ségolène Royal. Un ancien ministre socialiste me confiait récemment : « si elle est désignée, je quitte le parti » ! On peut néanmoins raisonnablement penser que la grande majorité des socialistes se retrouvera derrière un candidat que ces primaires auront légitimé et renforcé.

Ces débats, en dépit de leur austérité ont intéressé les Français, à preuve les audiences exceptionnelles des chaînes qui les ont diffusés. Ce qui prouve que la politique continue de passionner les Français … Ce qui a permis aussi aux socialistes d’occuper antennes et médias durant plusieurs semaines !

Ces débats enfin n’autorisent aucun pronostic sur les résultats du vote des militants le 16 novembre prochain. Les sondages portent sur les sympathisants socialistes. Quel sera l’impact des choix des dirigeants fédéraux ? Comment se comporteront les vieux militants ? Comment se détermineront les nouveaux adhérents ? Autant d’incertitude qui commande la plus grande prudence.  

 

      

 

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BOUCHOT Raphaël 13/11/2006 12:38

Je pense, en écoutant "les petites gens" que JM le Pen fera un TRES gros score et sera crédité d'un taux sensiblement voisin que celui de Mr  Sarkozy et de Mme Royal. Nos politiques ont la mémoire courte... 2002 a été un appel au secours, le référundum sur la Constitution européenne à été un rejet de la politique, plus que celui de la convention! et "ils" ont dit avoir compris, mais n'ont rien changé à la façon de mettre en place cette politique... A part, sanctionner durement et en tout, au nom de tout, les "petites gens" en prennent "plein la gueule" et se souviendront dans l'isoloir de ces situations. Que penser du français moyen, agressé qui devient coupable, alors qu'il est victime? que penser de ces sanctions routières au nom de la "sécurité routière" qui devient un véritable "tiroir caisse". Que penser d'une fonctionnaire française détachée d'un établssement public français pour un territoire français et radiée sans explications de la SS, alors que n'importe quel citoyen entrant sur le territoire se voit attribué la CMU? que penser des différents ministères, qui n'apportent aucune réponse, donc aucune solution à ce problème? C'est bien là que se situe le problème.... le citoyen paie, a des devoirs, mais parfois a des droits qui ne lui sont pas reconnus. Ceci explique aussi le ras le bol de ces politiques qui se "battent très durement" pour une place sans doute très enviable! Alors méfiance, il est peut être déjà trop tard!Raphaël BOUCHOT

jean-marie wolff 11/11/2006 00:10

Il est évident que la video disponible en (10) doit faire plaisir à tous ceux qui ont envie de ''casser du prof''. Vue de l'extérieur, la situation des enseignants apparait plus que privilégiée :18 heures de cours et 16 semaines de congés. Mais bizarrement les candidats ne se bouscoulent pas au portillon pour passer les concours.

Soyons sérieux. Enseigner en 2006 requiert deux à trois fois plus d'énergie qu'il y a vingt ans, ainsi 18 heures de cours équivalent-elles largement à 35 heures de bureau. Est-il besoin d'ajouter que l'immense majorité des professeurs fait son travail avec sérieux, ce qui au total occasionne en moyenne plus de 18 heures de travail en dehors des heures de cours. Visiblement Ségolène n'a pas conscience de la vraie situation des profs.

 Par contre les 16 semaines de congés ne se justifient pas. Est-il besoin d'ajouter quelle est ma professsion ?

tpolux 10/11/2006 19:53

Bonjour!

Que pensez vous de cette déclaration de Ségolène Royal en janvier dernier aujourd'hui en train d'émerger au grand jour: http://www.dailymotion.com/video/xm4ph_profs-segolene-en-off

Cette formulation maladroite d'un problème pourtant réel va t'elle l'aliéner d'une partie de l'électorat socialiste (les profs)?

jean-marie wolff 10/11/2006 16:07

Merci à Monsieur Gillot (7) pour son commentaire. Mais il vous suffit de faire ce que je viens de faire, préciser le numéro ou le nom de l'intervenant.

Grandjules 10/11/2006 15:10

M. Gillot, on a bien compris que vous vouliez que soient taxés les bénéfices, pas seulement le travail...

C'est bon, maintenant vous pouvez parler d'autre chose. Vous savez, il n'est pas interdit d'avoir plus d'une idée dans sa vie.