35 heures pour les prof !

Publié le par blog-pl-seguillon

Un visiteur du soir me demande quels effets pourront avoir les propos tenus par  Ségolène Royal sur l’école en janvier dernier.

Tout d’abord il faut souligner que ce sont des propos tenus lors d’une réunion fermée avec des militants. Les images ont été dérobées par une caméra cachée et ont été bien évidemment lancés aujourd’hui sur le Net avec  l’intention de nuire à la candidate socialiste. Sans trop risquer de se tromper, on est tenté de penser que l’opération est l’œuvre de camarades concurrents plutôt que celle d’adversaires déclarés !

Peu importe d’ailleurs. On touche là le paradoxe de la présidente de la région Poitou-Charentes. Un paradoxe qui fait à la fois sa force et sa faiblesse.

Sa force parce que sur ce sujet de l’école comme sur d’autre elle tient un discours qui excède les frontières partisanes, dont certain diront qu’il emprunte à des valeurs de droite dont d’autres penseront qu’il relève du simple bon sens mais qui en tout cas reflète ce que pense la grande majorité de l’opinion.

Sa faiblesse parce que ce faisant, Ségolène Royal heurte de front les réflexes classiques d’une gauche traditionnelle.

Souhaiter que les professeurs de collège retrouvent l’esprit des instituteurs de l’Ecole républicaine de Jules Ferry dont l’ambition était d’amener le plus grands nombre d’élèves possible au meilleur niveau et qui n’hésitaient pas donner de leur temps et de leurs loisirs pour ce faire est un voeu exprimé depuis vingt ans par tous les ministres de l’Education nationale, qu’ils soient de gauche comme de droite, de Lionel Jospin à Gilles de Robien. L’accompagnement personnel des élèves, chacun le sent et le sait est le seul moyen d’éviter que certains d’entre eux et particulièrement les plus défavorisés soient marginalisés dès l’entrée en sixième. Tous les ministres se sont pourtant heurtés aux résistance syndicales plus, d’ailleurs qu’à la mauvaise volonté de professeurs souvent très dévoués. Ce discours va évidement dans le sens de l’opinion et à contre courant d’un discours syndical réputés de gauche et réclamant toujours plus de moyens pour un niveau scolaire qui ne cesse objectivement de baisser.

Dire ces choses de manière abrupte, comme le fait Ségolène Royal en réclamant que les professeurs fassent « 35 heures » à l’école plutôt que d’arrondir leur fins de mois en allant donner des cours particuliers aux plus aisés dans le cadre d’institutions privées ou comme le faisait Claude Allègre quand il déclarait qu’il fallait »dégraisser le mammouth, est applaudi par l’opinion et plus particulièrement par les parents d’élèves mais est vécu comme une provocation intolérable par les militants du SNES qui sont souvent des militants de gauche.

Les propos de Ségolène ont mis les professeurs sur le Web comme ceux de Claude Allègre les avaient mis dans la rue.

Sur le fond la candidate socialiste n’a sans doute pas tort. Mais tactiquement elle s’aliène de la sorte des syndicats d’enseignants réputés pour leur corporatisme mais qui pèsent d’un grand poids à gauche et dont les membres constituent souvent le socle des sections socialistes.

Cultiver l’opinion est une chose, obtenir l’investiture du PS en est une autre. Or la vidéo circulant sur le net et qui donne à voir Ségolène Royal et à entendre ses propos sur l’école risque fort de desservir  la candidate socialiste dans son combat des primaires

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arkane 15/11/2006 17:07

madame royal ,en 1997, avec son collégue allegre,ont instauré le "satut de VACATAIRE".

Le vacataire est un prof non-titulaire que l'ont paye à l'heure faite devant les enfants.Le reste du temps il n'est pas payé,et en plus il ne peut pas faire plus de 200h dans l'année.En fait il doit vivvre avec moi, de 5000 euros par an.Il n'a pas droit au chomage, ni à la sécurité sociale,pas de remboursement de déplcement. Ce statut est le plus précaire de France (privé et public confondus).Mais attention ,il y a mieux, le CDD à vie dans l'éducation. A fin de ne pas titulariser les non-titulaires ( car il manque des profs,plus de 6% des postes sont vacants) qui ont souvent plus de 3 ans d'ancienneté,les rectorats les embochent pour 5 cdd de 1 an et aprés dans le meilleur des cas ,il s ne vous proposent que des vacations.Pourquoi 5 ans , car aprés 6 cdd (sans interuption) ils sont obligés de faire signer un CDI.Donc au 5éme ,ils vous virent sans avoir à vous donner des indemnités.C'est le même systéme pour les vacations,pourquoi 200h dans l'année au maximun? au delà ,les rectorats sont obligés de faire signer un CDI.

A coté de cela ,l'éducation paye les formateurs D'IUFM (institut de formation des maitres) qui sont complétement hors contexte depuis des années.Tous les profs sur le terrain le disent,ces IUFM ne servent à rien ,pourquoi ne pas les fermer comme les écoles normales?

Les inspecteurs d'académie qui sont secondés par des profs déchargés.Ce sont des postes politiques et ces gens font souvent du Zèle et executent les ordres du ministère: des profs se sont suicidés aprés être passé entre leurs mains:http://www.sudeducation.org/article375.html

D'autre ont perdu leur emploi ,et pas pour des raisons de compétences mais pour des raisons économiques et hiérarchiques.

Le fait que les non titulaires soient des précaires est une chose, mais que pour un même travail, ils n’accèdent pas aux mêmes salaires, aux mêmes droits, aux mêmes considérations est un cas de discrimination .La DISCRIMINATION est le fait majeur; elle est co-substantielle à la précarité; elle en est la principale motivation.Cette discrimination n’est pas légale. Elle est objectivement contraire à l’article 1er de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen : “La distinction sociale ne peut être fondée que sur l’utilité commune.” ( préambule de la Constitution de la Vème République).

Guy-Achille 15/11/2006 14:01

Je pense , en effet, que les problèmes majeurs de l'éducation aujourd'hui en France, nécessitent une originalité en matière de propositions de solutions.

 

Il me semble que ce qui fait véritablement problème c'est d'abord, la façon pour Mme Royal d'assumer ses propos. On peut légitimer sa réflexion dans le sens de la volonté d'apporter une solution forte mais si elle n'assume pas déjà ce qu'elle dit, plustôt que de considérer la diffusion de cette vidéo comme un coup bas, alors on est en droit de penser effectivement qu'elle ne fait que de la politique d'opinion ce qui justifie l'évolution perpétuelle de ses positions et propositions.

 

Mais aussi parce que, les propos qu'elle a tenu laisse supposer que le métier d'enseignant est finalement une sinécure. De deux choses l'une soit qu'elle a raison et dans ce cas, sa proposition trouve un fondement, soit qu'elle a tord, et une fois de plus, elle fait preuve d'une mauvaise connaissance de ses dossiers. Je préfère croire en cette dernière hypothèse, bien que n'étant pas enseignant moi-même, j'aurais du mal à croire que le travail de l'autre est très facile.

 

Je risque finalement d'être très désespéré pour cette charmante dame qui a certainement le mérite de sa condition, mais qui donne là une piètre image du combat féministe.

 

C'est certainement à elle de retourner faire ses classes pour 20... 

hp 15/11/2006 09:44

"Sur le fond elle n'a sans doute pas tort"... encore un qui a échoué à de multiples reprises aux concours ou peut être vivez-vous sur une autre planète ?Les "profs" (de primaire, secondaire, supérieur) font bien plus que 35h par semaine de travail. En plus, pendant 17h de ce temps de travail ils doivent être présent à 100% et également "supporter" un groupe d'enfant ou de jeunes dont certains ont des difficultés scolaires ou autres.Mais il y a encore des gens pour fantasmer sur la feignantise supposée des enseignants qui ont beaucoup de jours de vacances et peu de temps de présence sur leur lieu de travail.Faites donc rester les enseignants 35h ... et aussi qu'on fasse faire leur devoir aux élèves dans l'établissement. Ainsi, les enfants et jeunes resteront 35h par semaine à l'école en primaire, 46h au collège et 50h au lycée ? Plus de problème de gardiennage pour les parents stressés qui travaillent  minimum 40h par semaine officieusement. Et puis comme ça on tiendra encore plus la main aux lycéens. Les jeunes passent déjà trop de temps à être encadrés, le système scolaire n'apprend pas aux jeunes l'autonomie et la critique. C'est grâce à de telles mesure qu'on se retrouve à l'université devant des groupes de flan qui vous regardent avec leurs yeux de poisson mort et pensent que ce que dit l'enseignant est LA parole...Quant à madame Royal, elle pense que les difficultés commencent au collège. Encore une originalité de sa part puisque n'importe quel fonctionnaire de l'éducation nationale, de l'instituteur à l'inspecteur, sait que les difficultés sont perceptibles avant. 

Gillou - Paris 14/11/2006 18:26

Cher PLS,

Je vais terminer un peu mon exposé sur ces 35 heurs à l’école.

Dans un premier temps c’est une proposition dogmatique et si on reprend l’écoute de la vidéo, même en totalité, l’objectif visé est bien de casser le cumul des cours dans l’établissement et les cours extérieurs (soit personnel, soit par une société comme académia ou anacours). Et si elle commençait par elle-même (député que l’on ne voit jamais et Présidente de région).

Cette proposition qui pourrait être de gauche comme de droite pourrait avoir des répercutions insoupçonnable et n’est pas aussi simple que ce qu’elle veut bien dire.

1) Elle demanderait des moyens énormes (locaux et matériels) qui je pense seraient disproportionnés par rapport aux résultats.

2) Elle serait en contradiction avec l’éthique de nos enseignants, ramenant leur profession à un fonctionnariat trop rigide qui les priverait d’une certaine liberté d’enseignement et gestion de leur temps, pour caricaturer : tous les profs à l’usine !!!

3) De plus Segolene à une profonde méconnaissance des personnels qui donnent les cours de soutien. Ce sont très souvent et en majorité des retraités de l’éducation nationale qui arrondissent leur retraite et des jeunes étudiants qui le font pour se permettre de payer leurs études. (Informations données par les sociétés de cours de soutien). De plus il faut l’avoir l’accord du directeur d’établissement.

4) Elle serait un handicap très sérieux pour nos enfants, par un abaissement de l’enseignement du fait de la rigidité des 35 heures.

5) Elle serait un abaissement du niveau de vie de ces personnes qui donnent des cours (moins de consommation, moins de prélèvement).

Cet égalitarisme révèle beaucoup plus de désagrément qu’autre chose et je suis étonné du peu de réaction des syndicats aussi bien enseignants qu’étudiants ?

Je vous souhaite une guérison rapide et sans sequelle.

grandjules 14/11/2006 14:12

Mme Solidaire, militante socialiste, je ne saurai exprimer la surprise qui est la mienne qu'une "socialiste royaliste" puisse tenir ce genre de propos! Vous revendiquez des filiations et des idées qui montrent le brouillage complet que représente ce "mutant" qu'est la "pensée" de Ségolène Royal. Je pense que vous étonneriez beaucoup les gens dont vous vous revendiquez en leur apprenant qu'ils sont pour la peine de mort, que les abolitionnistes sont les défenseurs des assassins d'enfants et que les gens portant simplement des valeurs universelles (je vais sans doute vous surprendre en vous apprenant que le socialisme est un humanisme et un internationalisme) sont en fait les alliés objectifs d'Hitler, etc. Montebourg, Valls et Boutih apprécieront. D'ailleurs vous mélangez tout, vu que vous ne possédez aucun repère historique, politique, philosophique et moral. Daladier n'était pas socialiste. D'autres plus abjects, qui malheureusement vous ressemblent, l'étaient par contre et ont participé à la déportation des juifs.

D'ailleurs, à quoi bon vous expliquer quoi que ce soit si tout ce qui est "élu", "responsable" ou simplement "intelligent"' est considéré comme bobo-élitiste. Laissez-moi quand même vous dire que vous ne savez pas grand chose de ce qu'est un élu de terrain. Vous n'avez pas le monopole de la défense des pauvres et des malheureux. Se battre pour des valeurs, c'est n'est rien d'autre que défendre des hommes concrets. Mais évidemment, cela dépasse l'entendement d'imbéciles dans votre genre. Je vais encore vous apprendre une chose: les voleurs à la tire comme les criminel les plus épouvantables sont encore des hommes. Hitler aussi. Il aimait les enfants et les animaux plus que vous n'aimez vos camarades!

M. PLS, j'aimerais avoir votre impression sur l'épouvantable dérive idéologique d'une partie de la gauche. Si cela vous fait peur avant le vote, j'espère que vous le ferez avant mai prochain.