Des bonnes et des mauvaises bombes

Publié le par blog-pl-seguillon

    Le Premier ministre israélien, Ehoud Olmert, par un aveu en forme de lapsus,  a reconnu hier ce que  tout le monde savait depuis des lustres : son pays  est dotée de l’arme nucléaire. Selon les experts, l’Etat hébreu, qui a toujours refusé de signer le Traité de non Prolifération possèderait actuellement entre 80 et 200 ogives nucléaires. Israël a donc abandonné la politique dite de l’ambiguïté pour afficher sans dissimulation sa capacité nucléaire.

    L’information n’a semble-t-il aucunement ému les chancellerie occidentales sinon qu’elles ont estimée que cette révélation était regrettable à un moment où Américains et Européens s’échinent à dissuader l’Iran de se doter à son tout de l’arme nucléaire en violation de ses engagements, ce pays ayant ratifié le Traité de non prolifération.

    Hier, alors que je demandais à Jose Manuel Durao Barroso comment il réagissait à cette information, le président de la Commission européenne a éludé la question en arguant qu’elle ne relevait pas de sa compétence pour redire l’opposition des Européens à toute velléité des Iraniens de se doter  de la bombe atomique.

    Qu’en conclure ?

    Sinon qu’aux yeux des Occidentaux, il y a de bonnes bombes et de mauvaises bombes. Les bonnes sont celles qu’eux-mêmes et leurs alliés possèdent alliés et qu’à l’occasion ils font exploser ( les Etats-Unis sont la seule puissance à avoir jamais utilisé la bombe atomique) . Les mauvaises sont celles que possèdent ou souhaiteraient posséder les autres !

    Raisonnement simpliste répliqueront les diplomates. Peut-être ! Du moins a-t-il à Téhéran ou à New Delhi toutes les apparences du bon sens .

Publié dans blogpls

Commenter cet article

Marc Ferla 24/12/2006 12:26

Éditorial  de Combat du 8 Août 1945 - A. CAMUS  Le monde est ce qu'il est, c'est-à-dire peu de chose. C'est ce que chacun sait depuis hier grâce au formidable concert que la radio, les journaux et les agences d'information viennent de déclencher au sujet de la bombe atomique. On nous apprend, en effet, au milieu d'une foule de commentaires enthousiastes que n'importe quelle ville d'importance moyenne peut être totalement rasée par une bombe de la grosseur d'un ballon de football. Des journaux américains, anglais et français se répandent en dissertations élégantes sur l'avenir, le passé, les inventeurs, le coût, la vocation pacifique et les effets guerriers, les conséquences politiques et même le caractère indépendant de la bombe atomique. Nous nous résumerons en une phrase : la civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l'utilisation intelligente des conquêtes scientifiques.      En attendant, il est permis de penser qu'il y a quelque indécence à célébrer ainsi une découverte, qui se met d'abord au service de la plus formidable rage de destruction dont l'homme ait fait preuve depuis des siècles. Que dans un monde livré à tous les déchirements de la violence, incapable d'aucun contrôle, indifférent à la justice et au simple bonheur des hommes, la science se consacre au meurtre organisé, personne sans doute, à moins d'idéalisme impénitent, ne songera à s'en étonner.      Les découvertes doivent être enregistrées, commentées selon ce qu'elles sont, annoncées au monde pour que l'homme ait une juste idée de son destin. Mais entourer ces terribles révélations d'une littérature pittoresque ou humoristique, c'est ce qui n'est pas supportable.      Déjà, on ne respirait pas facilement dans un monde torturé. Voici qu'une angoisse nouvelle nous est proposée, qui a toutes les chances d'être définitive. On offre sans doute à l'humanité sa dernière chance. Et ce peut-être après tout le prétexte d'une édition spéciale. Mais ce devrait être plus sûrement le sujet de quelques réflexions et de beaucoup de silence.      Au reste, il est d'autres raisons d'accueillir avec réserve le roman d'anticipation que les journaux nous proposent. Quand on voit le rédacteur diplomatique de l'Agence Reuter* annoncer que cette invention rend caducs les traités ou périmées les décisions mêmes de Potsdam*, remarquer qu'il est indifférent que les Russes soient à Koenigsberg ou la Turquie aux Dardanelles, on ne peut se défendre de supposer à ce beau concert des intentions assez étrangères au désintéressement scientifique.      Qu'on nous entende bien. Si les Japonais capitulent après la destruction d'Hiroshima et par l'effet de l'intimidation, nous nous en réjouirons. Mais nous nous refusons à tirer d'une aussi grave nouvelle autre chose que la décision de plaider plus énergiquement encore en faveur d'une véritable société internationale, où les grandes puissances n'auront pas de droits supérieurs aux petites et aux moyennes nations, où la guerre, fléau devenu définitif par le seul effet de l'intelligence humaine, ne dépendra plus des appétits ou des doctrines de tel ou tel État.      Devant les perspectives terrifiantes qui s'ouvrent à l'humanité, nous apercevons encore mieux que la paix est le seul combat qui vaille d'être mené. Ce n'est plus une prière, mais un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l'ordre de choisir définitivement entre l'enfer et la raison. NOTES     * Combat : Journal clandestin lié à la Résistance pendant l’occupation allemande. Camus y entre sans doute dés 1942. Le 24 Août 1944 paraît le premier numéro diffusé librement. Combat devient quotidien à la libération. Essayiste et romancier célèbre depuis Le Mythe de Sisyphe (1942) et L’Etranger (1942), Camus en sera le principal éditorialiste en 1944-1945.    * Agence Reuter : l’une des plus grandes agences mondiales d’information, d’origine britannique.    * Potsdam : La Conférence de Potsdam (17 Juillet-2 Août 1945) avait défini les zones d’influence respectives des Russes et des Américains après la défaite allemande : elle avait notamment entériné la présence des Soviétiques en Allemagne de l’est (Koenigsberg) et placé la Turquie (donc les Dardanelles) sous influence américaine.

Martin Robert 18/12/2006 12:27

J'ai fais un rêve....

M. BAYROU, nouveau président de la république francaise annoncait à la tribune de l'ONU que la France renoncait à l'arme nucléaire et enjoignait les pays comme l'Iran tentés par sa détention à y renoncer.

Emu et fier d'être francais, ce jour la j'ai pleuré...

( Rêve prémonitoire  ??? Utopie ??? )

 

CODINA Alain 15/12/2006 21:21

Ségolène ROYAL a vu juste en voulant interdir à l'IRAN le nucléaire civil car du nucléaire civil au nucléaire militaire, il y a un petit pas que l'IRAN ne se gênera pas de franchir.

Mirino 15/12/2006 15:19

Le commentaire de Sombreo est bien sombre. Il faut prendre du recul pour voir les choses en perspectif et par report avec l’histoire.Le monde était bien naïf dans les années cinquante.Bien évidemment il s’agit d’une manière apocalyptique de terminer une guerre, et la destruction cauchemardesque ainsi que la répercussion bouleversante de radioactivé nous a enseigné que personne sur notre petite planète ne serait ni gagnant ni épargné si on tente à ouvrir cette boîte de Pandore encore un fois.Nous avons tous, ou presque, aussi appris la leçon du Holocauste.Lorsque un chef d’Etat se comporte comme s’il n’a pas évolué socialement depuis le moyen age, comme si l’histoire ne lui a strictement rien enseigné et ceci dans un monde aussi avancé technologiquement, il y a bonne raison de s’inquiéter.

Aujourd’hui, heureusement, et malgré la tendance incohérente de certains à mépriser ses alliés, la majorité des pays sont relativement civils. Les grands pays democratiques ont aussi les moyens de dissuader en isolant les pays ‘rebelles’ et en les privant, en principe, d’évoluer commercialement. Ils peuvent beau avoir la bombe, mais isolés il ne peuvent plus avancer. Cette arme de dissuasion est plus puissante aujourd’hui que l’arme nucléaire elle-même, car il n’existe aucun pays qui peut évoluer positivement sans la coopération économique de ses voisins et le reste du monde. Aussi bien physiquement qu’économiquement la terre devient de plus en plus petite.

Tant que le Hamas et le Hezbollah, par exemple, continue à vouloir mettre en œuvre leur objectif futile, archaïque et débile, il n’y aura jamais un Etat de Palestine. Tant que le Hezbollah poussé par l’Iran et la Syrie veut accaparer du Liban, ce pays ne reverra jamais sa si belle époque. Au contraire, ce ne sera que la continuation de son déclin. Tels sont les enjeux. Si miete ciò che semina.

Frank 15/12/2006 12:25

Analyse pertinente Monsieur Séguillon