2006 Désir de rupture !

Publié le par blog-pl-seguillon

   

     L’an 2006 s’achève. L’heure des bilans est venue. Celui de l’année politique écoulée peut se résumer d’un mot, celui de rupture. De la rupture « tranquille » de Nicolas Sarkozy à la rupture incarnée de Ségolène Royal en passant par la rupture accomplie par François Bayrou , cette année de pré campagne présidentielle aura été dominée par une forte demande de changement et par la consécration de ceux qui le proposent et déjà le traduise chacun à leur manière.

    

    Avouons-le ! La promesse ou l’avènement de ces ruptures ont déjoué les pronostics de tous les observateurs.

    Qui, il y a un an, imaginait sérieusement que Ségolène Royal défierait avec succès les vieilles règles du PS et imposerait sa candidature à ses camarades en la faisant d’abord plébisciter par l’opinion ? Combien de commentateurs éclairés ont estimé  que Nicolas Sarkozy résisterait  aux coups de boutoir des nombreux adversaires qu’il comptait dans son propre camp, à commencer par ceux du chef de l’Etat et de son Premier ministre, et conserverait  son capital de popularité dans l’opinion ? Qui a cru, après que François Bayrou avait décidé de censurer le gouvernement  que le président de l’UDF bénéficierait d’une telle cote de sympathie dans l’opinion ?

     L’opinion ! Le mot est lâché. C’est peut-être le deuxième mot qui caractérise cette année 2006. L’irruption de l’opinion dans un débat politique dont elle a bouleversé les règles traditionnelles. 

     Ce sont les Français, en effet, qui ont d’abord exprimé ce désir de rupture.

          

     A gauche, sans autre forme de procès, ils ont mis d’office à la retraite les « éléphants » réputés sérieux, compétents et expérimentés, les Jospin, Fabius ou Strauss-Kahn. Ils leur ont préféré Ségolène Royal parce qu’elle était une femme, ce qui était déjà une révolution ; parce qu’elle n’avait pas jusqu’alors brillé dans les instances du parti socialiste, ce qui était une garantie de nouveauté ; parce qu’elle donnait l’impression d’en prendre à son aise avec l’orthodoxie socialiste, ce qui promettait un vrai changement.

    

     A droite, les Français ont, de fait, recalé tous ceux qui, de l’inaltérable  Jacques Chirac , au flamboyant  Dominique de Villepin en passant par la raide Michèle Alliot-Marie , prétendaient ou prétendent encore incarner  la soit disant fidélité à un héritage gaulliste. En dépit de tous les efforts de ces derniers pour faire trébucher le ministre de l’Intérieur, celui-ci a conservé intacte sa popularité dans l’opinion. Sans doute a-t-il gardé ce capital parce qu’il ne parle pas comme ses pairs mais s’exprime à la manière des Français eux-mêmes ; parce qu’en dépit de son appartenance au gouvernement, il a donné le sentiment de vouloir authentiquement  changer les choses s’ils est élu ; parce qu’enfin son dynamisme, pour ne pas dire son formidable culot, tranche avec le conservatisme prudent de son camp.

     

     Au centre, les Français ont manifesté  un véritable élan de sympathie pour François Bayrou même si la popularité de ce dernier tarde à ses transformer en intentions de vote. Les Français apprécient ce Béarnais qui allie un bon sens paysan à une étonnante audace de mousquetaire gascon. Ils aiment sa manière de bousculer le vieux clivage droite gauche  et les comportements  stéréotypés qu’engendre ce dernier. Ils sont séduits par la façon dont le président de l’ UDF s ’en prend sans complexe au politiquement correct  et au prêt à penser dispensé par les médias et la nomenclature parisienne.

      Là est peut-être la caractéristique de cette année 2006. Le désir des Français de changer, changer de têtes, changer de générations, changer de discours, changer de méthode, changer de politique.

      Or, pour changer, il faut avoir les pieds sur terre et les reins solides. Voilà pourquoi aussi les Français ont privilégié des candidats qui en même temps qu’ils proposent une rupture, prônent un retour à l’ordre, l’autorité et aux bonnes vielles valeurs.

       Lequel des deux, de Ségolène Royal ou de Nicolas Sarkozy , à moins que ce ne soit des trois si l’on y ajoute François Bayrou ,  emportera-t-il la palme ? Un quatrième larron, en l’occurrence Jean-Marie Le Pen bousculera-t-il totalement le jeu ? Un événement international imprévu modifiera-t-il la donne.

       Gardons-nous de jouer les pythies. L’année 2006 devrait nous encourager à ne point faire de pronostics imprudents !

     

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palloporo 31/12/2006 22:05

L'An 2006 s'en va en emportant avec lui "la rupture"; car en tant que rupture, dans les divers camps politiques, se ne furent que "de petites rebellions de générations", dont les quinquagénaires l'ont emporté pour ce quinquennat sur les autres générations. La moins jeune de toute évidence a été obligée de passer les responsabilités depuis longtemps entre leurs mains. La plus jeune a montrée elle, d'avoir besoin d'encore quelques années d'expérience dans "le métier" pour être competitive. Pour les élections de 2007 beaucoup de gens pensent que les jeux sont déjà faits; tout se passera entre les "trois démocrates", avec ingérence possible du trouble-fête de 2002. Analyse trop simple pour être vraie. Et l'Opinion veille!. La pré-campagne Présidentielle nous a apportée que des projets, certains flous, d'autres vides de tout contenu. L'Opinion demande des programmes définis et lisibles par tous, sans nuances et sans préalables. Les trois "candidats démocrates", d'apres certains médias, restant en lice, ont tous abandonné quelque chose au bord de la route. De la vraie rupture de M. Sarkozy à la sixième République de M. Bayrou en passant par les 35h de Mme Royal. Alors? maintenant l'Opinion demande du précis; de L'Egalité; de la Justice la même pour tous. Sur la gauche il n'y a pas grand chose à dire car l'on ne commente pas le néant. Sur la droite il y a les préalable de M. Raffarin et les leviers de M. Borloo, ceux-ci faisant référence à la continuité d'une politique qui a échouée par le passé, sont donc nuls et non avenus. Que pourrait-il faire le quatrième larron?, semer un peu de panique et puis adieu. 2006 restera une année socialo-économique complètement nulle. 2007 sera-t-ellel'année de l'espoir pour des millions de gens?, fera-t-elle mentir le proverbe :" Qui d'espoir vit séséspéré meurs?.

(Au passage deux mots pour M. Mirino. Sur d'autres posts vous avez déjà fait allusion au droit de vote que vous ne possedez. Dans ce post vous vous dites déracine; je suis sincerement désolé de ne pas comprendre sa vulgarisation, et d'insister de nous en faire part!)

 

 

Gilbert Sorbier 29/12/2006 16:46

Monsieur Séguillon, vous avez parlé de l'exemple Allemand, Borloo, lui parle de libérer l'emploi de sa prison de 30 ans:     Les derniers sondages montrent que l’exaspération du peuple Français a encore progressé depuis 2004.  Les partis de gouvernement ne montrant toujours pas qu’ils ont compris les messages de 2002 et de 2004.  La preuve en est les scores prévus de + de  25% pour l’extrême droite et de plus de 20% pour l’ensemble vert/extrême gauche.   Fin 2005 je payais mes employés au smic restauration 1280 euros net et la promesse de 15OO euros brut à horizon 2012 est une carotte qui n’a pas convaincu le monde du travail.     Incroyable !  La sauvegarde de l’emploi dont je pensais qu’elle allait être le cheval de bataille de Ségolène ROYAL, c’est Borloo qui est le premier à nous en parler: Pour Borloo, le financement de la protection sociale sur le travail était adapté au temps des trente  glorieuses, période de plein emploi et d’économie protégée. Aujourd’hui l’ouverture de l’économie dans une compétition mondiale exacerbée et la persistance d’un chômage de masse imposent de rapprocher le salaire brut du salaire net et, donc, de trouver d’autres sources de financement pour la protection sociale. Cela aurait l’avantage non seulement d’améliorer la compétitivité de l’économie à l’exportation en abaissant le coût du travail, mais aussi de relancer l’augmentation des salaires. Selon Borloo, le fait qu’une partie importante du salaire versé soient mangée par les charges, n’incite pas les entreprises à consentir à des augmentations. Les propositions de la droite classique, et notamment celles de Sarkozy, visent à réduire le poids des cotisations, et donc le niveau des prestations. Pour Borloo, il n’est pas question de remettre en cause notre modèle social. La réforme doit se faire à périmètre constant. Il propose donc de transférer la moitié des charges (environs 300 milliards) vers d’autres assiettes, telles que les droits de successions, les droits de mutations,

la TVA

, une fiscalité écologique du type taxe carbone, ou l’IRPP. Le premier parti à se réveiller aura mon vote ou qu'il soit placé sur l'échiquier politique ! 

Mirino 28/12/2006 14:27

La ‘rupture’ inévitable que ce soit de la droite ou de la gauche, ou même du centre. Car il s’agit d’une rupture en somme de l’inactivité, de ninisme et de demi mesures.Le chef d’Etat a tellement tiré la France vers le centre qu’elle y tourne en ronde quasi déboussolée.S’il n’y a plus d’alternation partisane véritable, et la gauche et la droite ont aussi perdu leur raison d’être, à part de la tradition ‘noblesse oblige’, ou des vestiges de théories dogmatiques mal avisés devenus forcement des droites acquis, ce qui en sortent c’est les personnalités qui doivent se mesurer les unes contre les autres.Comme nous savons aujourd’hui qu’il n’y a pas trop de façons d’obtenir un seul objectif ou résoudre un seul problème, il s’agit davantage de courage et de bon sens d’un individuel que de ses tendances politiques. Ce qui est possible ou nécessaire donc et celui ou celle qui sera le plus capable de l’accomplir.Entre ceux relativement ligotés et celui relativement libre, ceux qui favorisent des formules et cultivent lune image sans trop s’engager, et celui qui reste intègre à lui-même, s’engage et ne dit que la vérité, le choix le plus sensé me semble toujours très clair.Mais ce n’est qu’une opinion.

 (Le déraciné sans le droit de vote aimerait aussi prendre cette occasion de remercier Mr. Séguillon pour lui avoir toujours accordé librement la possibilité de l’exprimer).  Bonne année, Happy New Year, Buon anno à nous tous, et que le meilleur gagne !