L'exemple allemand

Publié le par blog-pl-seguillon

    

    La forte reprise économique de notre voisin allemand est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle.

     Començons par la bonne nouvelle. Ce boom économique est tel qu'il ne devrait pas être remis en cause par la hausse de trois points de la TVA - de 16 à 19% , décidée par les autorités allemandes pour assainir les finances publiques de ce pays mais également pour réduire la cotisation chômage. Cette hausse ne devrait provoquer qu'un léger et bref ralentissement de l'économie allemande en début de l'année prochaine. Cette bonne santé économique de notre voisin d'Outre Rhin  ne peut que nous être profitable. L'Allemagne, en effet,  est le premier partenaire commercial de la France avec un volume d'échange qui a atteint 104,5 Milliards d'euros  en 2004 (dont 58,1 Milliards pour les importations françaises et 46,4 Milliards pour nos exportations vers l'Allemagne) soit 16,5% des échanges de la France dans le Monde et plus du quart de ceux dans l'Union européenne.

    Mais cette remarqable vigueur de l'économie allemande démontre a contrario les faiblesses de notre propre économie dans un contexte mondial et européen pourtant similaire. C'est dire que les deux candidats à l'élection présidentielles  - Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, tout come le Premier ministre lui-même, sont mal venus d'invoquer l'envolée du prix du baril ou de stigmatiser la Banque centrale européenne coupable à leurs yeux de pratiquer une politique de l'euro fort. Avec le même prix de l'énergie et la même valeur de l'euro, les entreprises allemandes ont su tirer profit de la forte demande des pays émergents tandis que les entreprises françaises peinent à exporter.

    Alors que la balance commercale allemande est largement excédentaire, la France s'achemine vers un nouveau déficit commercial record en 2006, avec un trou de plus de 23 milliards d'euros accumulés déjà de janvier à octobre, malgré un regain d'exportations et le net recul des cours du pétrole ces derniers mois!

    Cette comparaison devrait nous donner à réfléchir plutôt que de jouer les autruches en prenant la BCE pour bouc émissaire.

    

  

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Gilbert Sorbier 29/12/2006 16:27

Monsieur Séguillon,    Je vous suis vraiment reconnaissant d'aborder ce problème de fond, qui est un problème purement technique et n'à rein a voir avecla politique politicienne.

Les Déclinophiles sont ceux qui ne veulent rien changer à

la France

qui ferme ses entreprises !   J’ai décidé de voter blanc tant qu’un candidat ne proposera pas un plan Marshall de sauvegarde de l’emploi en France, pays qui compte la plus grande proportion d’improductifs des pays du G7, j’explique pourquoi.    Si cela n’est pas très visible depuis Paris intra-muros, vu de la province la décomposition de l’économie française est patente :  Usines qui ferment ou délocalisent, services comptables qui partent en Espagne pour les sociétés du Sud ou en Irlande pour les sociétés du Nord.  Retards pris à appliquer les nouvelles techniques, par exemple dans le bâtiment ou en Espagne les normes « économies d’énergies » et matériaux nouveaux sont déjà en application. L’illusion entretenue d’une régression du chômage, alors qu’aucun emploi nouveau n’est crée et que le nombre de R.M.istes n’arrête de progresser !  Contraste avec l’Europe qui bouge et où des sociétés se créent et que mon fils qui rentre d’Espagne me décrit « prise d’UNE EFFERVESCENCE CREATRICE ».    La France peut tout à fait retrouver cette volonté d’aller de l’avant et les DECLINOPHILES sont ceux qui ne veulent pas voir qu’il n’y a qu’un petit blocage à lever pour que tout reparte :   Tous les comptables des PME et TPE savent que ce fameux mythe des « baisses de charges qui n’ont pas créé d’embauches » repose sur du vent puisqu’en fait dans les entreprises de moins de 20 personnes cette baisse virtuelle s’est avéré être une très légère augmentation !    Débloquer la France c’est mettre notre économie en adéquation avec nos concurrents directs, c’est un taux de charges maximum de 2O à 45% qu’il faut envisager (Espagne 47%).       Qu’ont les politiciens contre le transfert des charges sur les salaires à de nombreux autres vecteurs potentiels comme les bénéfices, les revenus, les taxes sur les produits de luxe et la TVA sociale qui est en même temps un fabuleux droit de douane pour lutter contre les importations et les délocalisations  ?   Tous les partis devraient applaudir à deux mains un système de prélèvement qui dépénalise le travail et en particulier les bas salaires !Tous les partis devraient se réjouir de voir ces charges reportées sur les bénéfices des sociétés et des patrons de TPE, puisque qui dit bénéfice dit entreprises en expansion.Tous les partis devraient appeler de leurs voeux une augmentation de

la TVA

qui pénalise surtout ceux qui ont les moyens de dépenser alors qu’à l’inverse

la CSG

est SCANDALEUSEMENT prélevée, même sur une retraite de 450 euros par mois. L’Augmentation de

la TVA

représente une telle manne qu’on peut lui affecter une bonne partie des baisses de charges.  Baisses de charges qui permettront aux prix des produits Français de baisser légèrement pendant que les produits étrangers subiront, eux, cette augmentation de plein fouet.  A noter que

la TVA

, actuellement à un taux maximum autorisé de 25% est actuellement en discussion à Bruxelles.  Depuis trente ans notre obsolète système fiscal incite les patrons à faire des bénéfices plutôt qu’à embaucher.   Depuis trente ans l’état FRANÇAIS dit aux patrons : Cela vous coûte moins cher de faire des bénéfices pour vous acheter votre maison de campagne que de développer votre société (et donc d’embaucher). Il peut être à la foi  social et très constructif d’inverser la tendance et de faire en sorte que le travail soit moins taxé que les gains.   Mais voilà, les partis vivent sur de vieilles théories d’économistes en chambre au lieu de consulter le terrain. LE TERRAIN, pas les syndicats patronaux, le terrain !     La presse qui n’exige pas des candidats qu’ils expliquent comment ils dégageront les budgets nécessaires à la remise en marche avant de

la France

portera, aussi, la responsabilité des cinq années de galère à venir que l’économie Française. Ces années de galère, l’économie Française ne peux plus se les permettre.

 

Mirino 29/12/2006 11:09

Peut on ainsi comparer la France à l’Allemagne ?L’Allemagne a investi massivement en sa réunification payée aussi par leur politique monétaire imposée pré euro (franc fort). Elle est ainsi située d’en tirer bénéfice, et elle n’a toujours pas la casse tête trop importante de défense nationale. Le BCE est aussi chez elle. C’est donc naturel que l’on joue les taux d’intérêt d’abord à sa faveur. (Charity begins at home).

 La France souffre c’est vrai d’au moins 30 ans de quémander et d’amadouer les syndicats à sa perte. Elle souffre des 35 heures et d’autres droits acquis irréversibles. Elle souffre de fait que l’on a belle et bien ôté l’incitation de travailler et d’investir.La France dépend aussi sur son tourisme plus que l’Allemagne. Evidemment un euro fort découragent les touristes anglo-saxons. Le TVA totalement injuste qui doivent accommoder les restaurateurs en France n’apporte pas un trop plein de clients ni aide à réduire le taux de chômage non plus. Inutile aussi à comparer la réputation de la cuisine française et son importance avec celle de l’Allemagne. Le fait que l’on demande et redemande une base de TVA dans ce domaine, est bien évidemment pour une très bonne raison bien justifiée.A cause de sa situation géographique l’exportation outre mer est naturellement plus importante pour la France que ce soit le cas pour l’Allemagne. Un euro trop fort n’y arrange rien là non plus.

 En tous cas et comme j’ai déjà fait allusion, la responsabilité énorme de la politique monétaire européenne ne justifie aucunement une telle constitution accordant une monopole d’un seul gérant d’une seule banque d’un seul pays sur les décisions qui la concernent. Ce n’a pas de sens cohérent et c’est contre le principe de la démocratie dont l’Europe devrait être fondée dans tous les égards.Si la continuation de cette politique monétaire contribue à rendre encore pire la situation financière aux EU, tout le monde en souffrira par conséquence. Tel est le monde de finance d’aujourd’hui, un peu comme le jeu de dominos. Et si les pays pétroliers décident en masse d’opter pour l’euro au lieu du dollar comme devis de commerce, les conséquences pourraient être catastrophiques pour le monde entier. C’est ce genre de considération qui détermine la responsabilité qui pèse sur les épaules d’un Mr. Trichet dont on se demande sérieusement si il a assez de carrure.

Charles 29/12/2006 11:01

L'Allemagne est un pays pragmatique qui sait se réformer. Leur chance, c'est d'avoir des syndicats constructifs, réalistes et non pas des syndicats archaïques et nourris au marxisme comme la CGT ou SUD. Contrairement à la consternante gauche française, la gauche allemande est sociale-démocrate et entièrement convertie à l'économie de marché. Contrairement aux socialistes français, les socio-démocrates allemands ont définitivement cessé de se mentir à eux-mêmes et de nier les évidences; ils adoptent sans état d'âme les solutions qui marchent pour le plus grand bien de leurs compatriotes.Comme l'Allemagne, la France pourra enfin décoller lorsque les français seront libérés du bourrage de crâne anti-libéral orchestré par quelques officines d'extrême-gauche et abondamment relayé par les medias.