Le pendu de Bagdad: une exécution qui met mal à l'aise

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     Saddam Hussein a donc été pendu ce samedi matin. Son exécution  met fort mal à l'aise !

     Non que le comportement passé de l'ancien dictateur mérite une quelconque mansuétude. Au nom d'une raison d'Etat qu'il confondait, comme tous les autocrates, avec la conservation de son propre pouvoir et  l'arbitraire de son gouvernement, celui qui a dirigé d'une main de fer l'Irak durant trente-cinq ans a fait embastiller, torturer, assassiner sans vergogne tous ses opposants, voire tous ceux qu'il estimait pouvoir menacer son pouvoir sans partage. Pire, afin de mater toutes tentatives de révolte des populations shiites du sud ou  kurdes du Nord, il n'a pas hésité à anéantir la population de villages entiers, femmes et enfants compris.

     Ajoutons, en manière de clin d'oeil à l'histoire,  que cette pendaison promise est bien douce au regard du sort réservé par l'envahisseur ottoman au dernier calife abbasside de Bagdad,  le calife Al Musta'sim, tué le 20 février 1258, sur ordre de  Hulagu Khan, petit-fils du terrible Gengis Khan, enveloppé dans un sac cousu et foulé par les pieds des chevaux mongols !

     Et pourtant, l'image du Raïs suspendu à son gibet  ne sera pas de celles qui donnent bonne conscience.

     Parce que, si l'on est opposé à la peine de mort (à l'heure où nous allons l'inscrire dans notre constitution nationale),  on ne saurait par principe applaudir cette exécution.

     Parce que, si l'on est attaché à l'exercice de la justice, on doit constater que le procès du dictateur n'en a pas respecté les règles. Plutôt qu'un procès en bonne est dû forme, ce fut une parodie de jugement instrumentalisée par l'occupant américain, instruite par des juges pour partie incompétents et sans que l'accusé bénéficie d'une défense digne de ce nom.

     Parce que, si l'on a un minimum de lucidité, on ne peut oublier  que le dictateur irakien a été appréhendé à la suite d'une guerre menée contre son pays pour des motifs que chacun sait désormais fallacieux :la construction d'armes de destruction massive et la collaboration avec le terrorisme islamiste.

     

     Parce que,  si on a  quelque mémoire, on se souviendra que Saddam Hussein fut jadis considéré par les Occidentaux, quand ils en avaient besoin, comme un ami fidèle et un allié sûr. Pour l'avoir personnelment, par deux fois interviewé à Bagdad, dans les années 80, je garde le souvenir de ses éloges dithyrambiques de la France en général et de Jacques Chirac en particulier. Mais quel homme politique français, à l'époque, ne louait pas la sagesse de ce dirigeant arabe qui était en train, "dans un esprit laïc et tolérant" de transformer son pays en grande nation moderne ? Ne parlons pas de ceux qui, avec plus ou moins de bonheur, cherchèrent à bénéficier des largesses du Raïs pour financer leurs campagnes électorales ! Comment oublier aujourd'hui qu'aussi bien les Européens que les Américains et leurs affidés du Golfe arabique virent en Saddam Hussein  le meilleur moyen de combatte l'Iran de l'Ayatollah Khomeiny  et lui vendirent sans réserve tout le matériel militaire dont il avait besoin et notamment les armes chimiques dont il a fait l'usage qui lui est aujourd'hui reproché.

                                                                                  

     Parce qu'enfin un minimum d'objectivité devrait nous conduire à reconnaître que si ce tyran mérite d'être condamné sinon exécuté, quelques unes des éminences politiques étrangères fréquentés par nos dirigeants ou qui furent jadis leurs interlocuteurs seraient dignes du même sort. Hafez El Assad, le père de l'actuel président syrien, fit massacrer la population de la ville de Hama en 1982 ( entre 10000 et 20000 morts ) sans susciter alors outre mesure l'émotion des  capitales occidentales. Il est vrai que la Syrie n'est pas un Eldorado pétrolier comme l'est l'Irak ! Que la Tchétchénie soit un champ de ruines et que les Tchétchènes soient martyrisés par le pouvoir russe n'empêchent pas les dirigeants occidentaux de vanter le "dialogue constructif" qu'ils entretiennent avec le Kremlin.     La raison d'Etat a décidément des raisons que ne connaît pas le devoir d'ingérence !  

     Et l'illustre pendu de Bagdad renvoie aux Occidentaux  l'image peu ragoûtante de leur formidable  hypocrisie.  

         

                                                                            

             

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nadia 04/01/2007 11:20

LE PRESIDENT SADDAM HUSSEIN, PRESIDENT DE TOUS LES ARABES

La Presse occidentale dans sa majorité (à 98%) s'est laissé allée à une haine cristallisée sur le Président Saddam Hussein, empêchant toute analyse responsable, démocratique et pertinente relative à la Présidence de l'Irak par Saddam Hussein pendant plus de 30 ans.

Ce que nous avons vu sur les vidéos glauques qui n'ont d'égale que la misérable mise en scène de Bush mettant en scène un Chef d'Etat arabe se faisant ausculter comme une génisse droguée par un vétérinaire, c'est l'âme primaire des USA et d'une partie de l'Europe à genoux devant le primate américain.

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Cette mise à mort n'est pas celle du Peuple irakien ou même des bourreaux sans éducation et sans intérêt, cet assassinat n'est pas non plus à verser à l'actif du Tribunal "indigène" mené à coups de pompes par les GI's du primate qui siège à Washington. Pierre Boule l'avait bien vu lorsqu'il écrivait "la Planète des Singes" : c'est bel et bien un primate au crâne néhandertalien qui dirige le monde occidental depuis le Panthéon de la honte appelé "Maison Blanche".

Depuis le monde arabe à l'Europe, il est plus que rare de rencontrer un chef d'état ne faisant pas allégeance au primate américain.

 

Il suffisait d'entendre la voix morte de Tony Blair souhaitant ses voeux plats et stériles aux Britanniques et de voir ses yeux fous pour comprendre que contrairement à la disette de la Presse, la honte et l'humiliation n'est pas du côté des arabes, même de la pire des dictatures arabes mais du côté de l'Europe et des USA.

Ce Blair qui parlait du Président Saddam Hussein comme d'un indigène arabe qui n'aurait pas eu le droit de s'asseoir sur le trône irakien "Saddam" par ci, "Saddam par là"... Lourde est la bêtise coloniale et les héritiers de cette horrible doctrine raciste réduisant l'autre à un morceau  de viande sans âme et sans idéaux, de là à tenter de rabaisser sa civilisation en pillant ses musées et en brûlant ses livres d'Histoire, il n'y a qu'un pas qui fut largement franchi avec le pillage du Musée de Bagdad et la réduction à un tas de cendres de la Bibilothèque nationale de Bagdad par les hordes barbares venues d'Europe et des USA.

 

Parce que le Président Saddam Hussein était un dictateur il était permis pour certains de parler des irakiens comme s'ils étaient des sous-hommes, incapables de prendre leur destin en mains, parce que le Président irakien était un dictateur il fallait l'appeler par son prénom comme l'extrême-droite tutoie tout arabe, tout musulman et tout africain. Racisme primaire, analyses bancales, insultes à outrance : rien n'a été épargné au Président irakien de 1991 au 30 Décembre 2006.

 

Aucun journaliste occidental n'a eu le mérite de pouvoir interroger le Président irakien que ce soit lorsqu'il était encore au Pouvoir à Bagdad ou en prison. Je m'interroge sur le rôle vide de la Presse. En tant que citoyenne je voulais des réponses à mes questions et ce que je constate c'est que la Presse de ce pays et d'Occident en général s'est imaginée que lancer des insultes et des "Saddam" à tout bout de champ était du journalisme. Or, la Presse a été en-desous de tout pour couvrir la guerre en Irak et notamment le blocus occidental qui est à l'origine de l'infanticide le plus monstrueux de tous les temps : de 1991 à 2003  (nous n'avons pas les chiffres depuis 2003, occupation oblige...) 5000 enfants sont morts chaque mois et la majorité de ces enfants n'avaient pas 5 ans. Cette information est passée à la trappe : il ne fallait pas faire d'ombre à Bush, à l'ONU et à son pays...

Ces crimes-là aussi doivent être jugés et je n'ai décidément pas une grande idée de la démocratie occidentale, car les enfants d'Irak ont été les premiers à être sacrifiés quand Total France, Schlumberger, Aramco, BP, Shell, etc... doivent leur réussite aux puits de Pérole du régime Baas irakien. Tous les français, les européens, les américains devenus riches grâce à Saddam Hussein ne peuvent s'imaginer qu'ils ne son pas méprisables et coupables devant la situation de l'Irak et du Peule irakien ce jour.

 

Quant au Président Saddam Hussein et à ses crimes, c'était aux Irakiens d'en débattre entre eux et de dresser un Tribunal irakien libre et non un semblant de Tribunal dirigé par la mafia militaro-industrielle américaine et ses vassaux européens. Et le combat du Président Saddam Hussein en tant que Résistant est à séparer de ses crimes car en tant que Résistance la Résistance n'est qu'une : Saddam Hussein décrié par les occidentaux, Saddam Hussein dont la mentalité et le comportement ont été déformés par les journalistes occidentaux s'est révélé comme tous les arabes et les berbéro-arabes le connaissaient : un Arabe 100%, un guerrier, un homme droit et digne qui n'a jamais rompu et ne s'est jamais renié pas plus qu'il n'a renié ses idées.

 

L'image qui reste du Président Saddam Hussein est celle d'un Homme détesté par la Presse occidentale, devenue raciste par une haine malsaine et stérile, ce qui vaut aujourd'hui à la Presse occidentale d'être incapable de commenter la vie du Président Saddam Hussein avec honnêteté et professionalisme. Quant il s'agit de Saddam Hussein c'est la haine qui écrit, c'est la haine qui parle mais sûrement pas l'objectivité et l'honnêteté intellectuelle.

Quand je veux des informations sur Saddam Hussein je n'achète pas de quotidien français ou anglosaxons car ça fait fait plus de 15 ans que j'entends cette presse se laisser aller au racisme, favorisant des sentiments primaires par rapport à une information juste et précise.

 

L'image que les Arabes gardent de Saddam Hussein à en lire les réactions, à les entendre et d'après les discussions avec les amis berbéro-arabes et afro-arabes comme arabes, c'est l'image d'un Homme qui fait face à ses bourreaux avec la dignité d'un guerrier arabe. C'est un grand Chef d'Etat Arabe qui refuse de mourir les yeux bandés, c'est un Résistant comme il n'en existe plus qui répond à ses bourreaux "va en enfer" alors qu'il a la corde au cou...

 

Saddam Hussein était un grand guerrier, il est mort en guerrier et pour celà le monde arabe lui rend grâce.

 

Saddam Hussein seul contre tous, Saddam Hussein mort avec honneur comme tous les résistants.

 

Comme on dit chez nous "Yahia Saddam" ! (Vive Saddam !). La Résistance continue. Les visages honteux se cachent à Londres et à Washington tandis qu' à Paris, Berlin, Madrid, et ailleurs on me met la tête dans le sable.

 

Le monde arabe est vengé : les hommes glauques et leur vidéos glauques visibles sur Internet sont un produit 100% occidental. C'est ce qu'on appelle la civilisation occidentale. Même les Talibans sont plus civilisés et moins primaires.

 

Merci encore à Saddam Hussein d'avoir résisté jusqu'au bout et d'être mort digne comme un arabe 100% !

 

Nadia. 

Gilbert Sorbier 31/12/2006 09:51

Trouvé sur un autre bolg et soumis à votre sagacité:       Interrogé ce matin par Europe1 sur la pendaison de Saddam, M. Robert Badinter, présenté pourtant comme "militant contre la peine de mort" a complètement fait l'impasse sur la mise à mort de l'ancien président irakien, pour regretter seulement, que le procès ait été bâclé et son issue précipitée, évitant ainsi à Saddam – selon lui -, d'avoir à répondre de tous les autres crimes commis durant son règne.     Le chantre sioniste des Droits de l'Homme et pseudo militant contre la peine de mort eût été bien inspiré ce matin, de nous donner aussi ses opinions d'exégète du Droit, à propos du tristement célèbre criminel de guerre et auteur de nombreux crimes contre l'humanité, celui que l'on surnomme le "boucher de Sabra et Chatila". Encore que la Justice immanente, cette fois-ci, semble s'être elle-même saisie du cas de ce criminel qui n'en finit pas d'agoniser dans un coin d'hôpital de Jérusalem depuis près d'un an (4 Janvier 2006). Au fait, pourquoi n'a-t-on plus de communiqués médicaux sur l'état de santé de l'intéressé. Se serait-il vraiment métamorphosé, - ainsi que le raconte la rumeur dans les rues de Jérusalem -, en bête immonde horrible à regarder ? S'il vous plait, dites-nous que c'est vrai et montrez-le à M. Bush qui semble cruellement manquer de miroir….(Abdelkader Dehbi)

 

palloporo 30/12/2006 10:12

Mors Ultima Ratio. Dans toutes les batailles, quelle qu'en soit la forme ou le motif, le vainqueur a toujours raison. Malheur aux vaincus! Ceci a toujours été vrai, bien avant et après Jules César; bien avant et après 1789 et les Révolutionnaires Français; bien avant et après les deux dernières guerres mondiales. Les photos présentes sur le post résument à elles seules l'ambicuïté de nos systèmes de gouvernement dits démocratiques. Que nos politiques nous fassent grâce de leurs commentaires sue le sujet. En conclusion de tout ce que l'on pourrait raconter, analyser, justifier ou accuser, je citerais un film d'André Cayatte de 1952: Nous sommes tous des assassins!

Mirino 29/12/2006 22:26

Il y a de l’hypocrisie, comme toujours dans certains événements primordiaux si déterminants de l’histoire, mais il y a aussi de la justice, car malgré la manière dont on veut voir et comprendre ce qui c’est passé et ce qui se passe actuellement en Iraq, c’est finalement le peuple et les autorités Iraqiennes qui décident le sort de Saddam Hussein. Il ne pouvait pas en être autrement. On ne peut pas prétendre non plus que ce jugement nous étonne. Car si le peuple iraqien tient à leur liberté, à leur nouvelle démocratie, la page doit être tournée. Tant que Saddam Hussein existe, Iraq n’est pas totalement libre ni sure d’avancer, de défendre et de consolider leur jeune démocratie.

Nous les européens, avec notre longue histoire de peaufiner ce que nous estimons être la justice, peut beau critiquer, et chercher la bête. C’est bien facile. Mais comment peut un peuple autant opprimé et abusé arrive déjà à bénéficier d' un système légal comparable avec les nôtres? C’est néanmoins aussi la justice, mais plutôt poétique parce qu’à force d’abuser son peuple au lieu de le surélever à un niveau supérieur, au lieu d’être exemplaire et de l’encourager à se unir, il a fait l’inverse pour mieux opprimer et contrôler ce peuple.

Tous ceux qui anticipent davantage de chaos, ceux qui depuis longtemps ont prophétisé la guerre civile totale, seront encore déçus car rien d’une telle ampleur ne va se produire. La page sera tournée, la vie reprendra et finalement l’Iraq sortira de ce bourbier gagnante, simplement parce que les Iraqiens le veulent.

 Pour ce qui est la question de pétrole. Le Proche-Orient est déjà assez inflammable comme ça. Dieu seul sait ce qui serait éventuellement advenu si Saddam Hussein continuait son règne. Il y a une chose cependant bien évidente, il vaut mieux pour tout le monde, et surtout pour les Iraqiens, que l' Iraq soit un pays démocratique. Il est d’autant révélateur que ceux qui ne le veulent pas soient les ennemies haineuses et enragées de la démocratie et du monde libre et civil partout.

 Finalement il faut aussi reconnaître que l’hypocrisie ait plusieurs faces, comme celles des cartes. Car si Mr. Chirac, par exemple, aimait parfois jouer justement aux cartes avec le Raïs à une certaine époque, il ne pouvait pas totalement ignorer le côté tyrannique de cet homme, ni pouvait-il entièrement ignorer ce que cet homme cachait.

Etienne 29/12/2006 22:25

Certes, tout celà est vrai. Mais alors que dire du tribunal de Nuremberg que personne ne saurait contester, encore...

La justice n'est elle pas toujours celui du vainqueur? Et la raison d'état n'est elle celle d'etre justement vainqueur?.

Non Machiavel n'est pas mort . Et heureusement j'ajouterais