Quelle étape ?

Publié le par blog-pl-seguillon

  Georges Bush déclare ce matin que l'exécution de Saddam Hussein est "une étape importante sur la route de l'Irak vers une démocratie qui peut se gouverner, être autosuffisante et se défendre, et être un allié dans la guerre contre la terreur".

   Ce matin , dans Bagdad où l'eau manque, où l'électricité est sans cesse coupé, où aller au marché c'est risquer  à chaque minute d'être tué, où nul n'est capable d'établir depuis trois ans la comptabilité des morts quotidiens, où des soldats américains - libérateurs ou occupants, meurent chaque jour, le citoyen irakien, à quelque confession qu'il appartienne, partage-t-il cet étrange jugement dont on ne sait s'il est naivement optimiste ou cyniquement mensonger ? 

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Charles 02/01/2007 17:40

Juste un petit mot en passant pour préciser que ce ne sont pas les américains qui ont tué 100.000 civils iraquiens; ce sont des bombes chiites qui tuent des sunnites et réciproquement...De la même façon, c'est un tribunal iraquien, largement acquis à la communauté chiite, qui a condamné Saddam Hussein à la pendaison. Les américains n'ont rien à voir là-dedans et ont vraissemblablement été plus embarrassés que satisfaits par ce verdict.Mon propos n' a pas vocation à défendre les américains (dont les erreurs d'appréciation en Iraq sont manifestes) mais je commence à être lassé par le caractère puéril et débilitant de l'anti-américanisme qui sévit en France. Il n'est pas interdit de faire preuve d'un minimum d'honnêteté intellectuelle de temps en temps, même au sujet des Etats-Unis et de G.W Bush. Savez-vous que la philosophie du néo-conservatisme américain est directement inspirée des arguments de la gauche républicaine et laïque qui soutenait et justifiait en son temps le principe de la colonisation afin d'apporter la démocratie à d'autres peuples (qui n'en demandaient pas tant); j'ai toujours condamné cette conception des choses mais je considère que c'est une réalité suffisamment complexe pour ne pas être abordée avec manichéïsme...Le Général de Gaulle souhaitait aborder la problématique de l'Orient compliqué avec des idées simples; aujourd'hui certains  pensent pouvoir se réclamer du Général en abordant la problématique de l'Orient compliqué avec des idées simplistes. Là est notre drame...

ll 02/01/2007 15:14

je suis tout à fait d'accord avec le commentaire n 12 de notre ami Bertrand

On n'a jamais été aussi prompt à se " débarrasser " d'un dictateur alors que Pinochet est mort de sa belle mort à un âge plus qu' avancé .

J'avoue mon profond dégoût de voir où va le monde et qui le mène :(

Alceste 02/01/2007 10:24

En réalité, votre réaction me fait de la peine, cher palloporo, car elle montre que j’ai dû mal m’exprimer, à moins de soupçonner votre propos de n’être pas tout à fait de bonne foi : en faisant référence au film de Cayatte – et vous avez raison ! -, vous partagez, en fait, très précisément mon point de vue. Permettez-moi en tout cas de maintenir comme une des premières valeurs humaines le devoir de révolte, ce qui est bien étranger à l’ « instinct révolutionnaire » que vous pensez voir dans mon propos. Il ne s’agit pas ici d’instinct mais d’exercice de la pensée. Il ne s’agit pas ici de révolution mais d’un ardent désir de progrès. La révolte, c’est une exigence morale, ciment de la communauté humaine, et cette exigence s’impose d’autant plus vivement à nous que se répandent abondamment autour de nous médiocrité et sauvagerie. La révolution, elle, nous condamnerait à être soit victimes soit bourreaux (comme on en voit l’exemple, je crois, avec les « révolutions islamiques »), ce qui n’est évidemment pas le sens de ma participation à ce blog. Vous le voyez, nous pouvons sans doute nous entendre. Nous aurons encore sans doute l’occasion d’en parler.

bertrand reshad bertil 01/01/2007 20:41

sur la mise àa mort d'un dictateur, je dirais qu'aucune vie humaine ne peut, et ne doit être prise par un humain.

Mais, j'aimerais quand même m'élever contre la suprême provocation de mettre à mort un musulman le premier jour de la fête du sacrifice chezles musulmans........;

palloporo 01/01/2007 16:27

Du commentaire n°8 -Alceste- j'en suis trés étonné. Cette analyse venant d'une personne érudite me stupefie "à couper le souffle". L'interrogation de l'auteur (Quand nous soulèverons-nous contre l'horreur? Que pèsent nos lamentables débats politiques au regard des crimes dont nous sommes, nous aussi coupables faute de nous insurger?) conclu plutôt à un appel à la révolte, qu'à une question éthique. Nos lamentables débats politiques internes " Pèsent la Liberté d'Expression que beaucoup de Peuples nous envient". Les affirmations de M. Bush après l'exécution de Saddam Hussen, ont réveillées chez notre éminent co-blogueur, l'instint révolutionnaire caché dans les innombrables lectures, ingurgités une vie durant. Si ma plume était aussi facile à manipuler que celle qui manipule notre auteur, je pourrais faire un tome d'un essai, rien qu'en dévéloppant l'interrogation en question. Ma plume a des limites que ne peut franchir! Mais une question je peux la poser: Contre qui; contre quel Dictateur devons-nous nous insurger? Contre Bush et les USA?; contre Poutine et la Russie?; contre le "Monde du M.O.?; contre les Dictatures d'Afrique ou d'Asie?; Mieux que quiconque, vous Alceste, vous devriez savoir où menent les révolutions et leurs conséquences. Les insurrections ont souvent étées matées; les révolutions ont été et seront incontrôlables. Vous devriez savoir aussi que le temps des révolutions à la Roberspierre appartiennet à un temps qui fut, et qui plus ne sera. Dans un commentaire sur un autre post je terminais en citant un film d'André Cayatte de 1952: Nous sommes tous des assassins. C'est notre point commun. Bonne Année.