Le prétendant, le pyromane et le président

Publié le par blog-pl-seguillon

 

    

Il y a quelques jours  encore, Nicolas Sarkozy , prétendant à la présidence de la République, apparaissait encore comme l’homme agité et provocateur qui avait certes le soutien des militants de l’UMP et d’une majorité de parlementaires de son parti mais dont l’ambition semblait  menacée par les coups répétés que lui portaient en permanence les Chiraquiens.

    

Il y a quelques jours  encore, le chef de l’Etat, titulaire du titre, pouvait laisser croire dans la formulation de ses vœux, qu’il n’excluait pas de surprendre  son monde en ayant la secrète intention de solliciter  un troisième mandat.

     Il y a quelques jours encore, Dominique de Villepin, volontiers pyromane, ne désespérait pas de mettre le feu à la majorité, de déstabiliser son ministre de l’Intérieur et néanmoins adversaire, et le moment venu de coiffer ce dernier dans la course présidentielle.   

     Le paysage a brusquement changé au terme de ce week end

     Il semble désormais évident que le président Jacques Chirac ne peut avoir pour seule ambition que de demeurer acteur jusqu’au bout, de dessiner les contours et les enjeux du prochain quinquennat mais non de se représenter.

    

 Il paraît maintenant clair que le pyromane Dominique de Villepin doit en rabattre prié par l’Elysée de mettre fin à ses philippiques antisarkozyennes qui n’ont pour seul effet que de gâcher les vœux de Jacques Chirac et de faire apparaître paradoxalement Nicolas Sarkozy comme un personnage d’un calme olympien.  Dominique de Villepin a été d’autant plus prié de mettre de l’eau dans son vinaigre que les députés de l'UMP menaçaient s’il continuait à se comporter de la sorte de faire échouer le congrès qui doit adopter les trois lois constitutionnelles qui sont autant de promesses de Jacques Chirac  : le nouveau statut pénal du chef de l’Etat, le gel du corps électoral de Nouvelle Calédonie et l’institutionnalisation  l’abrogation de la peine de mort.

     Nul ne peut contester enfin,  à compter de ce dimanche, que Nicolas Sarkozy a gagné son pari. Il  a été plébiscité par les militants de l’UMP. Il  a contraint tous ses compétiteurs déclarés ou potentiels comme tous  ses contempteurs à rentrer dans le rang. Son parti est en ordre de bataille. Mais, peut-être et surtout, Nicolas Sarkozy a franchi un pas nouveau qui lui donne un avantage provisoire sur Ségolène Royal. Bénéficiant d’un soutien sans faille de l’UMP autour d’un projet solidement ancré à droite, il peut se permettre d’anticiper le nécessaire rassemblement plus large du deuxième tour, non pas en lançant, comme Lionel Jospin en 2002 « mon programme n’est pas socialiste » mais en souhaitant aller désormais au delà de l’UMP vers ceux qui n’appartiennent pas à sa famille politique.  En formulant des promesses et des avancées sociales audacieuses susceptibles de séduire la gauche et en célébrant le travail et les travailleurs avec les accents de Jaurès,   il défie désormais la gauche sur son propre terrain.

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iqnwrc 06/03/2008 09:16

vivarais 17/01/2007 15:56

A Monsieur PL Seguillon,

Suite à votre analyse,ce commentaire:

Pas de divine division de la Droite annoncée par les médias et tant attendue par la Gauche.

Des propositions audacieuses pour rassembler.

La Droite est une famille politique sans divergences idéologiques,contrairement à la Gauche qui est cassée en deux.C'est bien le problème de Madame Royal qui heureusement bénéficie d'une infinie bienveillance de la part des médias qui occultent cette réalité.

Alors oui,Nicolas Sarkosy a repris l'avantage,et peut-être pas aussi provisoirement que vous semblez le penser.

Croyez que je vous adresse avec respect ce commentaire,car je n'oublie pas le grand journaliste que vous êtes.

Samira 16/01/2007 17:01

Cher Alceste,

J'apprécie énormément vos billets qui sont toujours d'une grande beauté. Un jour après avoir lu des vers que vous soumettiez à notre réflexion, j'ai réouvert des livres de poésie car cela me redonne toujours beaucoup d'énergie d'aller étancher ma soif à la force des textes, beaux par leur phrasé et grands par la puissance de pensée qu'ils dégagent.

Je vous promets de répondre à votre message dès que je le peux. J'ai une charge de travail assez conséquente pour quelques heures. J'aurai un peu plus de disponibilité très bientôt.

Toreador 16/01/2007 16:31

cher PLS :

Votre analyse est une nouvelle fois acérée. Mais pour expliquer ce brusque deus ex machina dans l'environnement de la campagne après un mois de décembre fait de déboires pour la Droite, il faut le comparer à la désunion qui règne désormais à gauche (Si vous avez le temps je vous invite à aller voir ma propre réflexion sur http://www.toreador.fr/2007/01/16/banderille-n%c2%b039-le-ps-invente-la-fracture-fiscale/  )

Curieuse campagne dyssymétrique où quand la Gauche se déchire, la Droite se recoud, et vice-versa.

Toreador

Mirino 16/01/2007 15:22

Si parfois j’ai une tendance de trop foncer, c’est peut-être aussi parce que j’ai impression que le temps manque. Je m’exprime mieux sans doute avec des images qu’avec les mots, et d’autant plus lorsqu’il s’agit d’exprimer dans une langue qui ne m’est pas natale.Je vous prie donc de pardonner mes fautes ainsi que ce qui peut être interprété comme un manque de tolérance, de subtilité ou de politesse, mais je vous prie de croire à ma sincérité et à ma concerne à l’égard du pays où j’ai choisi de vivre ma vie.Ce n’est pas pourtant une apologie envers vos élus quel que soit leur parti, car à leur sujet il est vrai que le temps manque. Il ne faut pas se tromper le choix ou être trompés par ceux qui assument de vous représenter.On peut toujours être nostalgique et donner la bénéfice de doute, mais seulement si le temps le permet. Ce n’est plus le cas.Si le chef de l’Etat et le Premier ministre acceptent l’évidence de la situation actuelle avec la bonne grâce qui est aussi la leur, quoi qui arrive, ils en sortiront encore plus grands.Si par contre ils choisissent de contribuer à diviser la droite pour faire alors gagner la gauche, sous les circonstances actuelles ce sera toute la France qui perde la partie, et les responsables bien plus encore.