Le dernier tour du bon abbé

Publié le par blog-pl-seguillon

 

 

     C’était la botte secrète de l’abbé Pierre . Celui que Bernard Kouchner appelle « l’inventeur de la loi du tapage », savait faire irruption sur la scène  médiatique et donner mauvaise conscience à tous ceux qui, engoncés dans leur confort, ne voulaient pas voir ou oubliaient de voir les plus pauvres à leur porte.

     C’est aussi  le dernier tour que nous joue le bon abbé. Il  nous quitte au terme d’une semaine où il n’a été question dans les journaux que de l’Impôt sur la fortune et de la résidence principale et alors que  l’on annonce le retour des grands froids, cruels pour les sans logis. En décidant inopinément de rejoindre son ciel, lui que l’on croyait éternel,  il revient à grand fracas sur les médias, plus présent encore qu’il ne l’a sans doute jamais  été de son vivant,  pour bousculer les  consciences  et lancer « l’insurrection de la bonté ».

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Real Cash ! 25/01/2007 23:42

L'ISF coute à la France 6 Mds d'euros à cause des départs de français et rapporte seulement 3 Mds d'euros (source ministère des finances). Ne pourrait on pas arrêter l'ISF et donner 3 Mds pour les sans abris !! Ou preferons pour assouvir  la haine des "riches" dans ce pays mettre à la poubelle 3 mds d'euros par an pour satisfaire les petites jalousies !! Cela se serait une révolution !

Mirino 22/01/2007 18:46

L’Abbé Pierre laisse un monument colossal. Que sa mémoire soit donc honorée avec la dignité qu’elle mérite et avec le minimum d’hypocrisie.Si ce qui aurait du être mieux fait pendant sa longue vie ne l’était pas, ce serait bien grossière d’utiliser l’événement triste mais naturel pour marquer quelques points présidentiels. Une course folle pour mieux afficher de telles intentions vertueuses et de promesses généreuses envers les SDF dans les prochaines semaines avant les élections serait bien ignoble.Malheureusement et ironiquement cependant, c’est plus au moins à anticiper, surtout lorsqu’on parie sur l’image lancée plutôt que sur les véritables capacités.Nous savons tous cependant que les vrais généreux sont ceux qui pratiquent le bénévolat discrètement, sans jamais en tirer un bénéfice personnel. Les vrais bénéficiaires sont ceux qui reçoivent l’aide qu’ils ont vraiment besoin avec bonne grâce et sans jamais en profiter abusivement. Trop souvent, dans les deux cas, c’est l’inverse qui est la règle, comme un grattage de dos réciproque, complice et méprisant.

Alceste 22/01/2007 17:03

L’hommage du monde politique à l’abbé Pierre est évidemment naturel et juste. Y a-t-il eu attitude plus « politique » que la sienne, au sens le plus précis du mot, qui exigeât plus de respect ? Mais je ne peux m’empêcher d’y craindre quelque chose d’inconvenant aussi. Rivalisant dans l’éloge, c’est à qui saura le mieux revêtir soudain la soutane élimée, quand on attendrait, plus appropriée, la bure du pénitent. Cette réserve ne préjuge pas, bien entendu, du chagrin sincère ressenti par les uns et les autres, comme c’est le fait de tous les anonymes qui s’expriment aujourd’hui. Ce jour d’unanimité est hors du commun. Parmi toutes les turbulences que nous connaissons, il est bon de s’y arrêter. L’abbé Pierre, ce fut, c’est, ce sera la vox clamantis in deserto. Il n’y a que dans le silence de la conscience que cette voix peut s’entendre, un tout petit peu, pour croire avec elle ce que voyait aussi Camus confronté à la peste, sans nécessairement recourir à la Grâce pour se justifier : qu’il y a chez les hommes plus de choses à admirer que de choses à mépriser.