Le dernier mot du Hulot

Publié le par blog-pl-seguillon

 

      La décision de Nicolas Hulot de ne pas se présenter à l’élection présidentielle est d’abord une bonne nouvelle pour la fondation  de Nicolas Hulot et pour son fondateur.

      Ce choix judicieux crédibilise la  parole de ce champion de l’écologie et préserve sa capacité d’influence.

      Il donne crédit à son discours. Nicolas Hulot avait menacé de se présenter si les candidats ne signaient pas son pacte écologique. Tous ont signé. Nicolas Hulot tient ses engagements. Il ne se lance pas dans la course et apparaît ainsi fort différentes de tant d’acteurs politiques à oublier leurs promesses à peine sont-elles formulées. Rappelons qu’en dépit de la sympathie que lui témoignent les Français, 59% d’entre eux souhaitaient qu’il ne se présentât point.

       Sa décision préserve sa capacité d’influence. En choisissant de ne pas se lancer dans la mêlée, Nicolas Hulot sauvegarde son indépendance par de là les clivages politiques.  Se fût-il présenté qu’il se serait banalisé, obligé de se prononcer sur mille sujet n’ayant point rapport à l’écologie et obtenant in fine un score qui n’aurait sans doute pas été à la hauteur de ce que lui donnent aujourd’hui les sondages.

                                                                                        

      Le retrait de Nicolas Hulot est aussi une excellente nouvelle pour les représentants de l’écologie politique. Leur potentiel électoral est particulièrement faible. Leur gains de voix l’aurait été plus encore si Nicolas Hulot avait pris part à la compétition. Tant Dominique Voynet que Corinne Lepage doivent se féliciter de cette décision.

      Ségolène Royal ne saurait non plus regretter le choix de l’écologiste médiatique. Nicolas Hulot n’aurait sans doute grignoté que quelques pour cent des voix de la candidate socialiste mais, se faisant il aurait pu lui causer les mêmes dommages que ceux infligés par Jean Pierre Chevènement à Lionel Jospin en 2002.

     La décision de Nicolas Hulot fait enfin un heureux : José Bové. Il n’y a pas place en effet sur le terrain de l’alter mondialisme pour deux candidats. Le retrait de Nicolas Hulot laisse une petite chance au leader paysan, du moins l’autorise-t-elle à ressentir encore «  une petite démangeaison d’y aller ».

                                                                                          

     Ne nous leurrons cependant pas. L’impact de cette décision est très relatif. L’écologie et l’alter mondialisme semble ne représenter qu’à peine 10 à 15% des électeurs !

 

 

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Mirino 26/01/2007 23:22

Page 'abandonné'. Coin tranquille donc pour ajouter une dernière petite pensée.Admettant que la nature, dont la nature humaine y est forcément intégrale, n’admette pas le hasard, il suit aussi naturellement qu’il y a donc une raison pour tout.L’histoire nous enseigne de l’importance primordiale des circonstances, l’engrenage kaléidoscopique des causes et effets.Une expérience de jeunesse, un résultat génétique (…) peut être la clé, la pierre fondatrice qui détermine l’éventuel génie, l’héro, l’être médiocre ou le monstre.

José Bové est un personnage intéressant dans le sens de cette idée de la conception d'une personnalité.Comme le Roi Canute qui prétendit avoir le pouvoir d’arrêter l’avancée de la mer, ou l’enfant qui veut stopper la marée avec son petit château en sable, José fait sa démonstration. Il fait face à la mondialisation.Pourquoi consacre-t-il à une telle croisade avec tant de fougue et de phlegme ?Il doit y avoir eu quelque chose d’initial pour l’avoir incité alors à entreprendre une telle démarche quasi obsessive, pour ne pas dire fou. Qui sait si lors de son adolescence, par exemple, l'on lui avait refusé un emploi chez Macdo, ou l’en avait viré ?..Parfois les causes  ne sont pas toujours fondées sur les sentiments louables. Elles sont parfois déterminées par les sentiments bien négatifs.C’est  la haine, la rancune, la jalousie et la frustration d’ailleurs qui font naître l’indoctrination, le conditionnement systématique évident de nos jours. L’emploi et puis la graduelle déformation de la religion. Mais sans doute c'est un autre sujet.

Mirino 23/01/2007 12:57

Il y a quelque chose de bovine chez José. Et quelque chose d’assez paradoxale.Un bilingue voyageur qui a aussi bénéficié de l’opportunité d’études à Berkeley Université en Californie, dont il  ne fait pas trop souvent allusion, préférant manifestement de faire le paysan français rustre. (A chip on his shoulder ?)Bien que son père ait contribué à inventer le riz transgénique, Bové n’hésite pas à condamner l’OGM dont personne n’a pas encore trouvé de quoi pour l’interdire ou justifier de telles condamnations.Il assume donc le droit d’aller chez les autres pour détruire les résultats de leurs efforts, semble s’étonner qu’il ne peut pas le faire impunément, et en même temps il prône une philosophie de ‘non-violence’.On a parfaitement le droit d’avoir une opinion, mais prendre de telles initiatives criminelles en dépit de travail des autres n’est évidemment pas admissible.Quant à Macdo, que l’on aime ou non ce n’est pas une obligation, c’est un choix. Il apporte quand même beaucoup de travail, surtout pour les jeunes, et sans doute il fait une très bonne contribution fiscale. En tous cas l’alternative ‘neolibérale’ de mondialisation n’est pas encore trop évidente. Et lorsque c’est nécessaire ne serait-il plus sensé de s’informer à propos de questions et concernes écologiques plutôt de Nicolas Hulot qu'y est  profondément engagé d'une manière sérieuse et responsable ?

Il parait quand même incroyable qu’une personne qui encourage activement de tels actes de vandalisme, en ait été emprisonnée maintes fois déjà, puisse présenter comme un candidat aux présidentielles. Ca fait sourire bêtement.Sans doute c’est une partie des paradoxes, si ce n’est pas aussi un signe de la santé maladive de la France.

michelazur 22/01/2007 18:54

J'ai suivi la déclaration de Nicolas Hulot sur LCI. Sa délibération, exposée en détail, motivée et nuancée, est un chef d'oeuvre d'intelligence et de discernement. Il a fait le bon choix, celui qui lui permettra de donner, dans l'avenir, toute sa mesure.

Mirino 22/01/2007 18:38

Nicolas Hulot est trop intelligent d’entretenir des illusions présidentielles. Manifestement assez intelligent justement pour utiliser cette possibilité comme moyen d’amplifier encore plus le crie d’alarme d’une situation planétaire de plus en plus inquiétante, et de souligner à quel point c’est important pour la France d’être exemplaire et solidaire à l’égard de ces concernes primordiales de l’écologie.Il savait aussi fort bien qu’il continuerait à contribuer beaucoup plus comme conseiller, observateur et arbitre hors de la scène politique et dans une position neutre, qu’en étant engagé d’une manière qui ne conduirait pas à la liberté dont il a naturellement besoin.Il n’est pas un politicien, mais sa façon de s’exprimer sans les airs, clairement, sincèrement et complètement, pourrait aussi servir comme modèle pour d’autres plus ambitieux sur la forme et encore plus flous sur le fond.

jean-marie wolff 22/01/2007 17:38

Bové va faire un carton. 10 à 15 % sur son nom serait un vrai succès et mettrait Ségolène en difficulté pour accéder au 2e tour. Avec Bové, ça va chauffer !