Diplomatie participative

Publié le par blog-pl-seguillon

   

Décidément, les déclarations de Ségolène Royal sur le terrain de la politique étrangère ont l'art  de surprendre et de susciter la polémique. Les propos que la candidate socialiste a tenu sur la souveraineté du Québec,  lors d'une rencontre à Paris avec  André Boisclair, le chef du Parti québécois,  ont provoqué un tollé au  Canada. Le Premier ministre canadien, Stephen Harper, a même estimé utile de publier un communiqué vengeur dans lequel il rappelle que "L'expérience enseigne qu'il est tout à fait inapproprié pour un leader étranger de se mêler des affaires démocratiques d'un autre pays"

     La presse québécoise, rapporte que la candidate socialiste à la présidence française,  s'est déclarée favorable à la souveraineté du Québec à l'issue de sa rencontre avec le chef de la formation indépendantiste et a déclaré que sa position « reflétait des valeurs communes, soit la liberté et la souveraineté du Québec ».

 

 

       Les partisans  de Ségolène Royal rappellent qu'en juillet 1967, le général de Gaulle etait  allé beaucoup plus loin. Alors qu'il se trouvait en visite officielle au Québec à l'occasion de l'Expo 67, s'adressant à la foule du haut d'un balcon de la mairie de Montréal,  il  avait lancé la formule devenue fameuse « Vive le Québec libre! » Or, c'était là le slogan de tous ceux qui souhaitant montrer leur soutien à l'indépendance du Québec.

    Les censeurs de Ségolène Royal objectent que par deux fois les Québécois ont rejeté l'idée d'une indépendance du Québec. En 1980 puis  en 1995, en effet,  un gouvernement issu du Parti québécois a proposé aux citoyens de la Belle province d'affirmer leur désir d'indépendance au cours d'un référendum. Malgré la satisfaction des Québécois envers le gouvernement de ce  parti et les querelles fréquentes avec le gouvernement fédéral, les Québécois ont rejeté les propositions d'indépendance dans une proportion de 59.5% en 1980 et dans une proportion de 50.4% en 1995.

    Que penser dès lors des déclarations de Ségolène Royal sur le terrain diplomatique. Est-ce impréparation de sa part ? Sans doute la politique étrangère n'était-elle pas son domaine de prédilection avant qu'elle ne fût candidate. Mais ces choses là s'apprennent vite et la chancelière allemande,Angela Merkel, le  démontre chaque jour fort heureusement.

    L'explication, est autre. On peut en effet se demander si Ségolène Royal ne transpose pas dans le domaine internationale la politique du miroir  dont elle a fait sa règle d'or au plan national : une politique qui consiste à refléter les demande de l'opinion plutôt que de tenter d'éclairer cette dernière ou, du moins, d'affirmer une position.

     Appliquée  au champ international, cette démarche conduit soit à des positions contradictoires soit  à des attitudes complaisantes.

     

       En Chine,  Ségolène Royal,  afin  de ne pas offusquer ses interlocuteurs invente les « droits humains », formule jugée moins offensante que l'expression rigoureuse des droits de l'Homme. A Pékin, elle stigmatise les entreprises françaises qui perdent  des marchés alors q'à Paris elle déplore les délocalisations . Mieux, devant ses interlocuteurs du PCC,  elle loue la célérité de la justice chinoise !

      Au départ de son périple au Proche-Orient, Ségolène Royal promet de rencontrer tous ceux qui sont démocratiquement élus. Son entrevue  au Liban avec un député du Hezbollah lui ayant valu une polémique franco-française, elle renonce à rencontrer des représentants du Hamas.

 

       Lorsque, devant elle, le député shiite libanais, Ali Amar, dénonce la « politique folle» des Etats-Unis, Ségolène Royal acquiesce en expliquant qu'elle partage beaucoup de choses avec son interlocuteur notamment son analyse des Etats-Unis. Devant la surprise créée chez les journalistes par cette déclaration, elle corrige plus tard son propos et précise qu'elle  voulait parler de l'Administration américaine actuelle

     

Devant les soldats français de la Finul, elle dénonce les incursions des chasseurs israéliens au Liban Sud. Dans le bureau du Premier ministre israélien, elle leur trouve des circonstances atténuantes. A Gaza, Ségolène Royal tient un discours de compassion pour les Palestiniens. A Jérusalem , elle estime que la construction d'un mur séparant Israël des territoire palestiniens et contribuant à l'asphyxie économique de ces derniers n'a rien de choquant sinon peut-être une partie de son tracé !

A Beyrouth, la candidate socialiste  stigmatise la politique de Bush. En Israël, elle se fait plus radicale que les Etats-Unis ou les Européens en réclamant  que non seulement l'accès au nucléaire militaire mais également l'accès au nucléaire civil soit refusé aux Iraniens, ignorant ou voulant ignorer les clauses du Traité de non prolifération.

      Et devant André Boisclair, le chef ...souverainiste du Parti québécois, Ségolène Royal se fait... souverainiste !  

    

    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans blogpls

Commenter cet article

Mirino 25/01/2007 15:25

Un petit mot à propos du commentaire de Michel (N° 40).(Je réserve mon opinion en ce qui concerne le dernier coup de feu de Ségobang pour plus tard car je ne crois pas que Mr. Séguillon aille tarder à en faire allusion).

Donc pour commentaire N° 40, c’est un bien galant effort mais on a aussi l’impression que vous voudriez aussi bien vous y convaincre. La vérité c’est que l’on n’a strictement rien à faire pour déstabiliser, voire saboter la campagne de Ségolène Royal. Ceci tout simplement parce que l’on ne pourrait jamais le faire aussi bien qu’elle.Les critiques sont généralement one way, de gauche à droite. Au feu à mesure que les choses se dégringolent, tous prétextes sont bons pour que les royalists crient haut et fort pour la galerie, sans prendre le temps de réfléchir non plus. En effet c’est ridicule. C’est aussi triste pour la France.

BERNIS 25/01/2007 10:12

je vous avait dit a la prochaine gaffe elle n as pas tardée et les mauvaises langues ne diront pas que sa vient de la droite je pense que vous le saviez que les magazines de femmes qui a fait segolène un star qu elle n est pas il faut tout simplement ecouté quand elle parle toute ses commentaires a part a l etrangé quand on lui parle de sont avis spontanné elle j attend et j ecoute mais non elle ne peut pas donné son avis parce qu elle n as pas sa feuille devant elle alors quand il y auras un débat comment elle vas faire dite le moi a si il  y as ds oreillettes .

Catherine Guibourg 25/01/2007 09:10

Peut-être la candidate Royal a omis de nous signaler qu'elle a en fait été formée dans un des pays asiatiques où les responsables politiques changent totalement de discours en fonction de leurs interlocuteurs. Je crois effectivement, comme vous le dites, M.Seguillon, qu'elle applique la politique du miroir ,ou bien une caricature de la méthode participative. Mon opinion est celle de celui ou celle avec qui je parle, ou à défaut le"peuple". Donc je n'ai pas d'opinion.

Très encourageant pour assumer les fonctions de Président de la République.

Catherine, blog "l'Europe dans la campagne"

http://catymi.blog.lemonde.fr/

michel.bouichou 25/01/2007 01:15

Les règles du Ségo bashing (dénigrement systématique)



mercredi 24 janvier 2007







La campagne de « boules puantes » démarre sur les chapeaux de roues. Pas un jour sans que de nouvelles rumeurs ne naissent sur le web. Dans ce paysage nauséabond, un sport semble particulièrement structuré : le « Ségo bashing »





Les règles du Ségo bashing sont très claires : occuper le terrain en poussant de hauts cris dès que l’adversaire prend la parole, manifester le mépris apparent le plus net, employer le plus souvent possible les expressions « bourde », « imprécisions », « légèreté ». Répéter qu’elle n’a pas de programme (malgré les données, nombreuses, figurant sur le site Désirs d’avenir et l’existence du programme du PS).



Pour ce faire, une organisation très structurée, dont Le Monde du 25 janvier commence à parler : un petit groupe autour de Nicolas Sarkozy, deux réunions par jour, l’une le matin, à 8h30, l’autre le soir, après les journaux, des élus, de jeunes fonctionnaires. Un seul objectif : « feu sur Ségolène Royal ».



Une méthode : mettre en avant les femmes de l’UMP. Nicolas Sarkozy, on le sait, hésite à agresser trop visiblement une femme. Il craint le retour de bâton. Il fait donc donner du Pécresse, du Alliot Marie, du Morano (un peu moins)... Belle illustration du rôle des femmes en politique.



Un réseau de bloggueurs amis, de sites plus ou moins indépendants. Comme dans l’affaire du Québec : une prise de position très proche de la tradition française, qui suscite une certaine indifférence au Canada. Mais un premier ministre canadien conservateur qui « donne » à un bloggueur proche de l’UMP une petite phrase qui suffira à allumer un semblant de polémique en France.



Le silence complice de nombreux médias. Il faut savoir que l’annonce, par Ségolène Royal, de son intention d’interdire aux vendeurs d’armes la possession de médias n’est pas passée inaperçue au sein du groupe Lagardère ni chez Monsieur Dassault.



On peut s’interroger sur l’efficacité de la méthode. Chirac, dans Le Canard Enchaîné de ce mercredi, manifeste une certaine ironie, dans des termes qui en disent long. « D’habitude, les coups tordus démarrent plus tard, fin février, début mars. Mais c’est dans le tempérament de Sarkozy et de ses amis, d’être pressés ». Et de préciser, en connaisseur, que si le sacre pharaonique suivi d’un tel feu nourri n’ont pas fait gagner à Sarko plus de 2 points dans les sondages, on peut se demander quand il les gagnera.



Il faut dire que la méthode a ses avantages. Un bruit de fond assourdissant, qui empêche l’émergence des propositions et des candidats. Une occupation de l’espace médiatique qui empêche que soient posées les questions qui dérangent : le bilan du gouvernement actuel, les incohérences des déclarations de Nicolas Sarkozy sur son patrimoine, l’erreur tactique de se présenter comme ayant brutalement changé, quand on vient de passer quatre ans à expliquer qu’on est l’homme de la situation...



Mais elle a ses inconvénients. A commencer par les Français eux-mêmes. Les résultats du référendum sur l’Europe rappellent quand même qu’ils n’ont pas l’habitude de se coucher devant la pression médiatique.

épigramme 24/01/2007 19:42

On lisait au tableau de la salle d'étude

Cours spécial aujourd'hui d'histoire et de géo,

Revues et complétées avec la justitude

De la super-dirlo.

De Gaulle à Montréal avait de l'amplitude,

Mais moi j'aurais parlé avec de meilleurs mots.

Saint-Cyr n'est pas l'ENA fut la concluitude

De la super-dirlo.