Sarkozy-Royal, le double doute

Publié le par blog-pl-seguillon

    

    

     Le mois  qui vient sera déterminant pour l'issue de l'élection présidentielle.

     Deux candidats font la course largement en tête depuis plusieurs semaines.

     Nicolas Sarkozy a réalisé un parcours sans faute depuis le début de l'année. Il a obtenu sans drame la reddition des chiraquiens qui prétendaient lui disputer le titre de candidat de la droite parlementaire. A l'exception de deux ou trois irréductibles barons et ministres de l?UMP se sont tous placés sous la bannière sarkozienne. Le ministre de l'Intérieur a pu de la sorte prendre l'avantage dans les intentions de vote sur la candidate socialiste.

     Moins heureuse, Ségolène Royal a connu un mois de janvier calamiteux après une fin d'année 2006 idyllique.

     Du voyage en Chine à la multiplication des déclarations hasardeuses et des affirmations erronées, la présidente de la région Poitou Charente a créé le trouble dans son parti comme dans son électorat potentiel. Elle s?est du même coup tassée dans enquête d?opinion même si elle conserve  pour l'heure un capital d?intention de vote important.

     L'un comme l'autre, les deux candidats sont toutefois l'objet d'un doute dans l'opinion.

     Nicolas Sarkozy n'est toujours pas parvenu à se défaire de son uniforme sécuritaire de ministre des polices.  L'affaire des RG, quelle qu'en soit l'origine, n'a pu que conforter ce sentiment dans l'opinion. En dépit des efforts que déploie Nicolas Sarkozy pour donner de lui-même une image de grande sérénité,  l'opinion doute encore de sa capacité à prendre la hauteur qu'exige la fonction présidentielle.

     A gauche, le comportement et les déclarations de Ségolène Royal ont fait naître un sérieux doute sur son aptitude à proposer, à gouverner et à présider. Beaucoup, notamment après la semaine qui vient de s'écouler, commencent à se demander si la candidate socialiste ne se réduit pas au produit éphémère d'une opération de marketing réussie et s'ils n'ont pas été en réalité bel et bien floués.

    François Bayrou qui fait une belle percée dans les sondages est en quelque sorte la résultante de ces deux doutes. Celui que la presse ignorait  commence d'intéresser les journalistes. Les médias qu'il a copieusement attaqué se mettent à l'imaginer en troisième personnages du premier tour alors qu'ils ne voyaient jusqu?à présent dans ce rôle que Jean- Marie Le Pen.

    Beaucoup va donc se jouer dans les trois au quatre semaines qui viennent.

    Si Ségolène Royal qui a promis de clore la phase des débats participatifs  le 11 février prochain, met sur la table, à la mi février, des propositions originales susceptibles de séduire son électorat, voire au-delà de ce dernier, elle a toute chance de rebondir. Dès lors, on lui saura gré d'avoir su prendre son temps pour « écouter les Français ». Dès lors, l'ironie avec laquelle Nicolas Sarkozy stigmatise aujourd'hui le vide programmatique de son adversaire socialiste  pourrait bien se retourner contre lui.  Dès lors, l'espace qui s'est ouvert pour François Bayrou risque fort de se refermer comme une parenthèse éphémère. Et le match final sera bien un concours à l'issue incertaine  entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy.

    Si, en revanche, les débats participatifs accouchent d?une souris et si la candidate socialiste déçoit, alors l'effritement qu'elle connaît aujourd'hui dans les sondages sera sans doute irréversible et sans retour possible. Les débats participatifs apparaîtront pour un subterfuge destiné à masquer un vide intellectuel. L'actuelle critique de Nicolas Sarkozy à l'encontre de son adversaire sera avérée. Le sagacité du ministre de l'Intérieur dissipera les doutes qui existent encore à son endroit. François Bayrou pourra continuer à rêver d?être le troisième homme du premier tour voire ? le deuxième.

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Pierre Guillaume 05/02/2007 11:59

J'ai noté que "Sarkozy a jusque-là effectué un début de campagne sans faute" au contraire de 'ségolène Royal qui a multiplié des déclarations hasardeuses, .....".Monsieur SEGUILLON peut-il me dire ce qui est une bourde entre Ségolène qui déclare ce qui a toujours été la position de la France au Canada ou Sarkozy qui dit que le Québec est une province ?

Mirino 02/02/2007 16:38

Désolé Samira, mais votre réponse ne change pas l’évidence ni les faits. Vous parlez de votre d’expérience mais il n y a rien de tangible dans votre réponse qui met en question la moindre chose que j’ai écrit, tout fondé sur la réalité, l’observation et les informations de diverses sources.Auparavant vous avez fait allusion à vos origines. Je n’y vois aucun mal. Je n’ai point un problème avec les miennes par exemple. D’ailleurs renoncer à ses origines est de renoncer essentiellement à soi même, mais vous le savez déjà, et en tous cas c’est un autre sujet.Nous ne sommes pas d’accord sur celui-ci, mais si j’ai tort j’aurais préféré que l’on m’éclaire d’une manière solide et convaincante. Je ne crois pas que j’aie tort et il se peut que le temps aille le démontrer. Pour l’Iraq au moins, nous pouvons toujours l’espérer.

samira 02/02/2007 11:37

Cher Mirino,

J'ai bien précisé que j'écrivais en tant qu'ancienne arabe et non pas en tant qu'arabe. Sachez-donc le respecter et ne pas fourcher dans vos propos. Je suis Française jusqu'au bout de mon âme et le resterai. Je n'ai pas besoin, moi, de venir en France pour changer en profondeur la France des Français comme veut le faire celui qui débarque tout juste de Hongrie, votre ami Sarkozy. J'ai au moins la décence de vouloir respecter ce qu'est le peuple qui a bien voulu m'accueillir parmi lui.

Quant au reste, vous parlez cher ami de ce que vous avez lu dans les livres ou vu à la télé et je parle basée sur le vécu et l'observation in-situ de ce que certains peuples ont vécu. Cela fait malheureusement toujours une différence. Alors tout le bla bla sur la démocratie que les dirigeants américains auraient institué en Irak cela n'a aucune prise sur mes sentiments forgés grâce au vécu.

Mirino 02/02/2007 09:20

Nous sommes déjà entré par là Samira. Mais bon, au risque de me répéter je peux toujours essayer de clarifier de nouveau ce qui me semble clair, net et logique selon les faits.Que l’intervention initial pour faire tomber un régime tyrannique était une idée très mal ou bien inspirée, est une question à l’heure actuelle non pertinente. Le bien ou le mal a été faite.Ce qui est certain c’est que si le peuple d’Iraq était contre cette ‘libération’, jamais la population aurait permit les Américains d’arriver relativement tranquillement à Bagdad en quelques semaines. D’y croire autrement serait un insulte aux iraquiens et la force de leur propre volonté.Par la suite ils ont choisi librement et ont voté massivement pour leur démocratie. Pour une première, sous les circonstances, c’était remarquablement impressionnant.Leur gouvernement, chaque membre au risque de sa vie,  a pris sa responsabilité très au sérieux, à quel point de faire des sacrifices nobles pour pouvoir représenter son peuple aussi équitable que possible.C’est à partir de cette volonté d’établir leur démocratie que les insurgentes et les baathistes éperonnés par Al-Qaida, on commencer leurs actes de sabotages abominables pour deviser le peuple. Pourquoi ? Parce que Al-Qaida considère le principe de démocratie contre leurs intérêts, certainement en Iraq.

Ils ont quand même réussi à semer la haine, mais le gouvernement d’Iraq est toujours en place et les forces iraqiennes deviennent de plus en plus efficaces et performantes pour défendre leur jeune démocratie. La guerre civile tant anticipée, sinon espérée par certaines européens, n’a pas eu lieu. C’est toujours une question de temps.

Saddam Hussein et son entourage ont été jugé et condamné selon la loi Iraqienne. Personne n'a pas eu un trop plein de remords. Personne n'en pleur. Il n y avait pas de protestations importantes de la population. Il fallait tourner cette page infame et ils savaient.

Si les forces de la coalition quittent l’Iraq maintenant l'Iraq aurait du mal à tout consolider, mais c’est bien évident qu’elles ne veulent pas rester plus longtemps qu'absolument nécessaire.En écrivant en tant qu’Arabe vous devriez savoir de quoi vous écrivez. V ous avez quand même choisi la France comme pays de résidence, pays démocratique dont la liberté et la tolérance sont primordiales.L’Afghanistan a aussi choisi la démocratie. Le conflit avec le Taliban est aussi pour défendre cette jeune démocratie. Croyez vous que les femmes Afghanes veulent retourner dans le moyen âge fondamentaliste imposé par le Taliban ? Croyez vous que les femmes Iraquiennes aimeraient retourner en arrière pour subir un régime tyrannique encore? Non vous vous trompez.

Kofi Annan lui aussi était bien mis à sa place lorsqu’il avait avancé bêtement que l’Iraq était bien mieux sous Saddam. Il a reçu la gifle qu’il méritait. Mais il n’était jamais exemplaire comme Secrétaire Général de l’ONU.

Il vaut toujours mieux, Samira, réserver un jugement jusqu’à l’aboutissement des choses. C’est justement le temps ainsi que l’histoire, et le peuple iraqien eux-mêmes qui jugeront.Ils sont bien mieux placés et bien plus en droit de le faire que nous.

samira 01/02/2007 16:00

Si l'on souhaire parler de la peine de mort alors il faudrait parler aussi de "quel est le critère selon lequel l'appliquer". Elle a été en effet appliquée à Saddam Hussein pour le faire taire et empêcher les tribus irakiennes qui commençaient, devant le chaos semé par les Américains, à se regrouper pour récclamer le retour de ce dictateur. Comme quoi quand on se retrouve dans la plus grande détresse, la précédente dans laquelle on était peut sembler plus douce.

C'est bien connu si on veut être sûr que le roi ne reprenne jamais le pouvoir, on le décapite et on fait même disparaître ses fils (La disparition du fils de Louis XVI en est une illustration. C'est donc une vielle recette).

Georges W Bush, celui auprès duquel Sarkozy s'est plaint de l'arrogance de mon pays, a provoqué bien plus de morts américains et arabes que ne l'a fait Saddam. Alors vous où mettez  le seuil, où placez-vous le curseur?

Chacun voit midi à sa porte et en tant qu'ancienne Arabe, et ancienne femme arabe je vous dirais qu'étant donnée la liberté que Saddam a permis à la femme irakienne, doit-on récclamer de ce fait la peine de mort pour G.W Bush qui a permis de mettre à feu et à sang un pays souverain (l'Irak), qui a permis l'installation d'une nouvelle plaque tournante du terrorisme international et qui a fait replonger les femmes irakiennes plusieurs siècles en arrière? Cela tombe bien la peine de mort existe aux Etats-Unis et je cois même aux Texas sa terre de cow-boy. Réfléchissez-y!