LES NOUVELLES AVENTURES D'ASTERIX

Publié le par blog-pl-seguillon

  L’homme à la pipe et aux moustaches gauloises prend donc le départ d’une nouvelle campagne. Il ne s’agit plus cette fois de démolir quelques Mac do afin de protester contre la mal bouffe et la dévorante  mondialisation ni de d’arracher des épis de maïs transgénique dont il n’est  pas prouvé qu’il sont dangereux mais dont il n’est pas démontré qu’il ne pourraient point l’être. Non ! Cette fois, José Bové se voulant la voix des sans voix, a décidé à la tête de cette armée de l’ombre de partir à l’assaut de l’Elysée.

     Responsable mais pas coupable !

 

     Condamné par la justice, il ne sera pas pour autant empêché de mener campagne.

L’ex leader de la Confédération paysanne a certes écopé en appel de quatre mois de prison ferme pour avoir détruit des plantations de maïs OGM parfaitement légales avec quelques uns de  ses disciples et pour avoir du même coup et sans complexe  ruiné un confrère paysan.

Mais serait-elle confirmée en appel le 6 février prochain – ce qui est fort probable, cette condamnation n’est pas assortie d’une peine d’inéligibilité. Rien n’entrave la candidature de José Bové puisqu’il n’est pas privé de ses droits civiques. La  légèreté de la peine permet  l’aménagement de son exécution, la simple obligation de porter  d’un bracelet électronique ou le report à une date ultérieur. La chancellerie a d’ailleurs donné consigne aux autorités judicaires de faire en sorte que José Bové ne se retrouve pas sous les verrous durant sa campagne présidentielle.

    

     Donc notre Astérix national va pouvoir mener campagne. Ses admirateurs qui voient dans l’arrachage des OGM un acte de « bravitude », comme dirait Ségolène Royal en seront ravis. Les autres s’étonneront que puisse briguer la magistrature suprême un personnage – fut-il sympathique, qui viole délibérément les lois de la République !

   

    Un coktail détonnant

 

    

    Il faut reconnaître  que le pâtre du Larzac n’est pas un homme ordinaire. Fils d’un chercheur de l’Institut National de la Recherche Agronomique apôtre des OGM, José Bové, soixante huitard reconverti dans la fabrication du fromage est une forte personnalité et un étrange mélange d’altermondialiste et de souverainiste, de protectionniste et d’internationaliste, d’écologiste et d’anarchiste, de populiste et d’extrémiste.

    Il faut donc s’attendre qu’il grappille des voix dans les différentes familles d’une gauche de plus en plus plurielle.

    José Bové devrait prendre des suffrages à Marie-Georges Buffet qui ne va plus pouvoir se présenter en unique championne de la gaude antilibérale. Il va évidemment capter des voix dans l’électorat d’ Olivier Besancenot , voire d’Arlette Laguiller. Ses positions radicales ont de quoi séduire à l’extrême gauche. Mais Dominique Voynet ne sera pas indemne. Les fondamentalistes verts préfèreront le pourfendeur des OGM et du nucléaire à une ancienne ministre autrement plus mesurée et pour tout dire responsable. Ségolène Royal n’échappera pas non plus à cette érosion « bovésienne ». Des militants et des électeurs socialistes qui ont quelque mal à interpréter le positionnement fluctuant de la candidate socialiste alternativement à la gauche de la gauche et à la droite de la gauche pourront être tenté d’apporter leur soutien au pourfendeur de la mondialisation.

    Au premier tour de l’élection présidentielle, José Bové devrait donc contribuer à l’émiettement des voix de gauche et peut-être à l’affaiblissement de Ségolène Royal elle-même. Ce qui ne va pas sans inquiéter l’état major socialiste. Il est vrai qu’au second tour, les socialistes peuvent se consoler en se disant que « le candidat des sans voix », pourrait contribuer à accroître à gauche un réservoir de voix jugé aujourd’hui bien faible.

   

     Insurrection électorale ou dérive civique ?

 

   

     Encore faut-il que la candidate socialiste franchisse le premier tour et le franchisse dans de bonnes conditions.

    Une trop grande dispersion de la gauche le 22 avril prochain peut avoir pour conséquence  la non  qualification Se Ségolène Royal au second tour comme il en fût pour Lionel Jospin en 2002.

    Un score trop faible à gauche comparé à celui réalisé à droite  par Nicolas Sarkozy , hypothéquerait les chances de succès de la candidate socialiste au second tour.

    «  L’insurrection électorale » de José Bové  n’est donc sans doute  pas une bonne affaire pour la gauche. Il n’est pas même pas certain, pour démocratique qu’elle soit, que la candidature d’un homme qui se fait gloire d’enfreindre les lois de la République et dont certains scientifiques estiment qu’il a fait perdre dix ans à la recherche française soit à mettre au crédit de notre vie civique.

 

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palloporo 03/02/2007 22:36

Le pâtre du Larzac n'est pas un homme ordinaire, dites vous M. JLS; et vous avez sans doute raison si l'on considère que "l'homme" puisse se métamorphiser en "Grand Maître de Justice" après avoir été "Grand Démolisseur" de Mac Do et arracheur de pieds de maïs. La candidature de M. Bové pose un problème Institutionnel de la République. De sa candidature ne retenons qu'elle contribue à l'émiettement des voix de gauche, ce qui pourrait nous ramener à la même situation du premier tour de l'élection de 2002. Mais tout ceci n'est pas une raison suffisamment valable pour "tirer de tous feux" sur Mme Royal. Si en tant que Ministre Déléguée chargée de l'enseignement scolaire (6/97-3/2000) Mme Royal n'aie pas été aussi brillante que l'on aie pu espérer, est peut être aussi du à ce que "son poste" ne lui donnait pas tous les pouvoirs d'agir à sa manière. Le problème de Mme Royal c'est son compagnon, Montebourg dixit. Moi je crois que le problème de Mme Royal c'est l'Establishment PS. Les Eléphants n'admettant pas avoir été piegés et pris de vitesse par une personne qui personne n'attendait aux avants postes de la politique. Le vrai problème de Mme Royal est son équipe de campagne: elle est nulle! Le PS a tort de s'en prendre "pour un oui ou pour un non" à M. Sarkozy, ceci nous donne à penser qu'au PS il y a pas d'autres argumentation que l'invective. Il faudrait que le PS se souvienne de ce qu'il a reproché en son temps au Général De Gaulle: "Le coup d'Etat permanent", qui devint par la suite le credo du "Règne Mitterrandien" à la Louis XIV, avec le Soleil et Colbert en moins. Les Socialistes qui ont passés quinze ans au Pouvoir, n'ont rien fait de concret pour la classe ouvrière; ils se sont contentés de favoriser leur électorat corporatif, source de leur maintien dans la vie politique de la Nation. Le tout à gauche déclamé par certains dirigeants n'est assurement pas un signe de Démocratie Républicaine et de Liberté. Il serait temps que les Prétendants au "Trône Elyséen", nous expliquent par leur programme et non pas par les invectives à leurs opposants, ce qu'ils feront une fois élus.

geronimo 02/02/2007 11:54

Bové est sorti du bois médiatique lors de la taxation du roquefort comme produit de luxe aux Etats Unis, suite à la guerre de la banane.

D'aprés ce qui était indiqué, Bové était administrateur d'une coop de roquefort.

Le systéme médiatique bati sur les images recherche l'émotion et pas le raisonnement, aprés nos intellectuels de gauche voici les pipoles antilibéraux. C'est un zoo plus marrant..

Mirino 01/02/2007 19:08

Si on est comme on estC’est la faute paternelleEt la faute des Etats-UnisC’est la faute de MacdoEt la faute de MillauEt l’OGM compris.

Lorsque je suis PrésidentIl y aura plein de brebisMême dans l’Elysée,Que des restos de cœurEt mes fromages et beurre,La France néolibéralisée.

 

Mirino 01/02/2007 17:12

Pour l’effritement de la gauche, si Mr. Bové y contribuera, l’on ferait peut-être mieux de se taire, mais…C’est entendu que les français adorent les rebelles, les Robins du Bois version française, les Anglo-saxon phobiques, surtout vu que cette dernière tendance soit bien la mode, tout de go à l’extrémiste, dernier fausse note en France, mais… n’est ce pas une autre indication des incohérences de certaines lois, ou certaines clauses de la constitution française elle-même ? Comment peut on justifie qu’un criminel (celui qui entame la loi est par définition un criminel) puisse se présenter comme candidature aux présidentielles ? En plus on s’arrange àfaire en sort que le pauvre sera absolument libre de faire sa campagne comme bon lui semble.(On refuse point- et pour cause voyons- d’accorder le droit de vote fondamental aux européens, résidents en France depuis vingt, quarante, soixante ans, mais on accord royalement à un criminelle, qui de plus encourage la vandalisme et le saccage gratuits, le sacré droit de se présenter comme candidat pour siéger sur la trône de la France.  On croit rêver.

 Tandis que les royalists continuent à se rendre encore plus ridicules. Un chien fou qui ronge à sa chaîne. On ne peut plus fumer mais n’empêche qu’il en reste pas mal de fumée et même de fumier. A force de vouloir désespérément égaliser le compte de points pour compenser sur un choix qui est en panne, la gauche tombe encore sur un non lieu. C’est surtout navrant pour ceux de ce parti pourvus des facultés intellectuelles à la hauteur de leurs aspirations. Le silence de Fabius, par exemple, est assourdissant.

Alceste 01/02/2007 16:11

Au point où nous en sommes, la candidature de José Bové nous apparaît comme un indice de plus que les repères dont le parti socialiste a pu être le garant dans le passé sont définitivement voués à la déliquescence. Si « mauvaise affaire » il y a pour la gauche, celle-ci est d’abord à mettre au passif des combinaisons retorses qui ont abouti à la désignation d’une candidate dont les références « de gauche » restent dans l’ordre du virtuel. Les tractations qui ont abouti à la mise au pas de J.P.Chevènement et de C.Taubira disent assez le peu de crédit reconnu d’emblée par les siens à la représentativité de S.Royal. D’où les fuites inévitables parmi l’électorat, en cours et à venir.Il paraît ainsi qu’on s’étonne au PS de voir un certain nombre d’enseignants tentés par un vote Bayrou. Pour les en dissuader, l’argument avancé est que, Ministre de L’Education Nationale, F.Bayrou voulut en son temps abolir la loi Falloux sur le financement de l’école privée, ce qui devrait suffire à les faire revenir au bercail ! Ce n’est pas si simple. Il y a belle lurette que de concessions en concessions les gouvernements socialistes eux-mêmes (avec J.P. Chevènement puis J.Lang) ont été contraints de mettre de l’eau dans leur vin, renonçant, à regret, au projet de grand service public unifié et laïque que les socialistes souhaitaient primitivement mettre en œuvre. (1) S’agissant de S.Royal et de ses partisans, on notera au passage que l’existence d’établissements privés n’est pour l’instant aucunement évoquée dans les byzantines considérations sur la carte scolaire, où pourtant elle aurait sa place. Au regard du passé scolaire de la candidate, il est tentant de comprendre une des raisons de cette discrétion. Mais laissons cela, en attendant la suite. En fait, les penseurs de la campagne PS, auraient intérêt à se soucier aujourd’hui d’autre chose. Outre le fait qu’un enseignant est par profession attaché au libre exercice de son sens critique et que par conséquent il est en mesure d’évaluer la portée réelle du fameux désir d’avenir, il reste aussi un certain nombre de couleuvres qui ont peu de chances d’être digérées. Qu’elle l’admette ou non, S.Royal reste associée à Claude Allègre, et ce ne sont pas les déclarations entendues aujourd’hui de tel ou tel responsable qui y changeront quoi que ce soit : on est en train de ressortir (2), comme excuse, la « communication à la hussarde » du Ministre, cause première de l’incompréhension des professeurs ! Cela nous rappelle l’incroyable note envoyée à cette époque aux députés par Marie-France Lavarini, conseillère de Claude Allègre, pour les convaincre de la mauvaise foi d’un corps enseignant stupide… Stupide, pourquoi pas ? mais sûrement pas amnésique. Quoi qu’il en soit, s’agissant de S.Royal en particulier, nul n’a oublié ses propres déclarations, stupéfiantes, au lendemain du suicide d’un professeur injustement mis en cause sous la pression, précisément, de son activité en tant que ministre. En l’occurrence, s’il était du devoir du gouvernement d’alors de prendre des mesures visant à protéger les enfants, et si on ne reproche évidemment pas à la ministre d’y avoir contribué par sa fonction et ses convictions, on persiste à lui reprocher d’avoir fait œuvre, dans ses déclarations déjà médiatiques, de basse démagogie, pour ne pas dire de basse police (3), refusant de reconnaître l’erreur possible, instrumentalisant de ce fait le malheur au profit de son image, et en tout état de cause s’affichant totalement imperméable à la notion d’obligation de réserve, pourtant ô combien nécessaire dans ces circonstances dramatiques. Et puis il y a tout le reste, par exemple la précipitation de S.Royal, toujours drapée de vertu comme il se doit, et trop heureuse d'exécuter Dominique Strauss-Kahn quand celui-ci fut mis injustement en difficulté : « On est là pour servir et pas pour se servir », clame-t-elle, apparemment contente de son effet (4). On comparera avec intérêt l’attitude et les propos de Lionel Jospin en ces mêmes circonstances. C’est assez pour mesurer le gouffre qui les séparent, et en matière d’éthique, et en matière politique. On comparera aussi, bien sûr, avec sa récente attitude à l’égard de G.Frêche, infiniment plus compréhensive lorsqu’il s’agissait de ménager cet utile soutien. Par nature, un enseignant ne peut qu’être sensible à de tels faits, non qu’il serait infaillible, mais parce qu’il est attaché d’abord, lui comme ses concitoyens, à l’honnêteté intellectuelle. C’est assez. Si bon nombre d’enseignants se disposent à voter Royal, elle aurait tort de voir, chez tous, un hommage à ses propres mérites. Quant à ceux qui sont enclins à voter Bayrou, elle aurait raison de reconnaître dans cette tentation, en partie, les restes d’une profonde antipathie dont elle doit assumer elle-même la responsabilité, laquelle aiguise, bien entendu, l’attention accordée à ce candidat, porteur assurément d’une autre façon de faire de la politique.

(1) Voir par exemple sur le site de l’Institut François Mitterrand :http://www.mitterrand.org/spip.php?article164(2) A.Bergougnioux dans Libération :http://www.liberation.fr/actualite/evenement/evenement1/231805.FR.php(3) Ce qui rendrait presque amusants les cris d’orfraie dirigés aujourd’hui à l’encontre N.Sarkosy(4) Disponible sur le site de l’INA