Le sage conseil de Raffarin

Publié le par blog-pl-seguillon

   Si Nicolas Sarkozy avait écouté Jean Pierre Raffarin, le 2 octobre dernier, nul ne pourrait aujourd’hui lui faire le reproche de confondre sa responsabilité de ministre de l’Intérieur avec son rôle de candidat à l’élection  présidentielle.  Personne ne serait à même de lui faire grief d’user des moyens de l’Etat au bénéfice de sa propre campagne électorale.

   En marge  des journées parlementaires de l’UMP, l’ancien Premier ministre  avait en effet conseillé au président de l’UMP, au travers d’une déclaration à l’AFP,  de quitter   la place Beauvau. Il avait eu néanmoins l’élégance de ne point fixer de date butoir à ce départ. Jean Pierre Raffarin s’était contenté de préciser qu’un ministre devait respecter une éthique de responsabilité alors qu’un candidat devait respecter une éthique de conviction. Ce qui ne semblait pas conciliable.

   Nicolas Sarkozy n’a pas voulu entendre et encore moins suivre ce sage conseil.

   Il en paie aujourd’hui le prix.

   

   Outre qu’il n’est pas à l’abri, de par sa fonction, d’une bavure policière qui abîmerait gravement son image, il est désormais l’objet d’un soupçon d’espionite aigue. Enquête des Renseignements généraux commandée d’urgence à l’encontre d’un collaborateur de Ségolène Royal, enquête des mêmes services commanditée par le cabinet du ministre sur le patrimoine du couple Royal Hollande, enquête des renseignements généraux toujours sur les voisins du siège de campagne de Nicolas Sarkozy , rue d’Enghien à Paris, déploiement policier inhabituel pour retrouver en un temps record les voleurs du scooter du fils du candidat… l’accumulation de ces faits, avérés ou non, inventés de toutes pièces ou simplement grossis, mais bien évidemment instrumentalisés par l’opposition fait terriblement désordre. Elle conforte l’image sécuritaire et inquiétante dont cherche à se départir le candidat de l’UMP.

   

   Chacun avance sa thèse pour expliquer l’entêtement de Nicolas Sarkozy à ne pas suivre le conseil des plus sages de son entourage : le refus  de céder aux pressions des socialistes, le sentiment qu’il bénéficie place Beauvau de la meilleur protection dont il puisse rêver contre les coups mauvais coups éventuels de ses « amis » chiraquiens, la possibilité de faire pression sur les maires pour leur demander d’accorder ou de refuser leur signature aux candidats dont l’entrée dans la course favorisera ou gênera son  parcours présidentiel ou, tout simplement, cette intendance si commode et   cette formidable assistance  dont bénéficie un ministre de l’Intérieur; cette logistique hors du commun à laquelle il est si difficile de s’arracher mais qui justement fait défaut à l’adversaire ! Ce qui est source d’inéquité.  

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gisbert 05/02/2007 17:32

pour etre président  il ne faut pas avoir une femme qui risque de se sauver avec le cuisinier  cela ferait desordre pour la France

Militant UDF Istres 05/02/2007 14:26

Je suis bien loin d'être un admirateur de Sarkozy, bien au contraire, mais concernant cette affaire de scooter volé...

 M. SARKOZY est il assez bête pour donner des consignes sur cette affaire ? Ne s'agit il pas plutot :

Hypothèse 1 : d'une initiative d'un policier souhaitant plaire à son ministre ?

Hypothèse 2 : d'une initiative d'un policier plutot de gauche souhaitant glisser une peau de banane sous les pieds du ministre candidat...

Au final tout cela est pitoyable...

Heureusement, M. BAYROU élève le niveau...

 

jules44 04/02/2007 09:42

il faudrait être crédule pour croire que les critiques cesseraient si Nicolas Sarkozy n'était plus ministre !

les mêmes seraient ou auraient été lancées avec pour prétexte son passé récent ou la nomination d'hommes à sa botte aux postes clés

Ce sont les principaux arguments de la Gauche, à défaut de programme il faut bien se raccrocher à quelque chose !

 

Mirino 03/02/2007 13:01

Jean Pierre Raffarin est l’un des rares personnages d’une envergure considérable sur la scène politique qui s’engage honnêtement selon ses propres convictions, gratuitement, de manière désintéressée et donc sans conditions. Son exceptionnalité est aussi haussée par son refuse de l’hypocrisie. Son comportement exemplaire est d’autant rassurant que louable par rapport avec celui du Premier ministre et du Chef de l’Etat à l’égard du ministre de l’Intérieur. Malgré l’évidence de la popularité de NS, non seulement au sein de l’UMP mais manifestement au sein de la majorité des français, ils s’abstinent toujours à clarifier leurs propres positions à l’égard des élections présidentielles, prétextant toujours la priorité des devoirs, plus importants à leurs yeux il semble, que de telles considérations primordialement déterminantes pour l’avenir de la France.

La grande cause, pour cause, est devenue la cause écologique. Il était temps, mais on ne peut pas s’empêcher d’assister à cette soudaine prise de conscience devenue aussitôt un dévouement sacré, surtout de la part du Chef de l’Etat, sans avoir quelques arrières pensées. Il a fallu que Nicolas Hulot ‘menace’ sa candidature aux présidentielles pour que tout le monde enfin se réveille. La cause écologique est dorénavant donc l’enfant de la France donc la cause de Chirac. Qu’il soit  au moins sincère et  bien exemplaire pour que l’enfant grandisse dans un meilleur monde.

Parfois le dévouement à soutenir et promouvoir une cause importante est plus convaincant lorsqu’on le pratique d’abord discrètement. La bonne conscience ou l'auto satisfaction peut devenir traître à la cause elle-même. Nous l’avons déjà vue au près des importantes associations charitables ou de recherches médicales. Il est aussi plus facile de faire fortune ou se faire mousser la réputation dans les rangs de bonne conscience de la gauche par exemple (à la Tapie) qu’ailleurs. Lorsque on donne priorité à son image, sa réputation et ses ambitions personnelles au lieu de la donner à ce que l’on fait ou veut accomplir de bien, on ne laisse jamais grande chose à la postérité.

On a mentionné déjà, bien avant en musant, que Mr. Raffarin comme Chef de l’Etat (rondelette, respectable, rassurant et représentatif) avec Sarkozy comme Premier ministre (actif, brillant, courageux, déterminé,) pourrait être un arrangement efficace. Ce n’est qu’une rêverie. Mais supposons que Sarkozy soit élu Président de la République et accomplie tout ce qu’il s’engageait à faire, et de plus devient un géant dans l’histoire de la France, sur la même échelle que Napoléon par exemple (mais dans le sens plutôt positif bien entendu). Alors Jean Pierre Raffarin, ayant simplement par sa propre conviction et intégrité soutenu Sarkozy dès début et sans jamais flancher, aurait contribué à laisser bien plus à la postérité pour le bien de la France que d’autres plus voyants que lui.

Ahmed REZGUI 02/02/2007 18:16

DE LA CAMPAGNE 2007 :

Ce que j'interpréte de mon expérience de tous les jours en pratiquant mes sondages sur l'événement, il y'a un désinterét assez sensible de la population sur cette question, les contradictions formulées à gauche comme à droite provoquent une désorientation certaine du citoyen sur ce que va faire la présidente ou le président. Il n'ya que Bayrou qui se trouve positionner avec peu de moyens, et s'il était à gauche comme à droite, il serait élu. J'estime que le PS a fait une erreur fondamentale dans sa stratégie en refusant la main tendu du Centre politique de l'héxagone à un moment donné, et celui qui interpélle l'opinion sur la Fracture sociale et les dérappages du pouvoir est bien Bayrou, fin de citation.

Ahmed REZGUI

Calligraphe-Peintre