Bayrou grimpe

Publié le par blog-pl-seguillon

    

   Pour la plupart des observateurs réputés experts de la vie politique, le caractère éphémère de l’ascension de François Bayrou ne fait aucun doute. Ils ne manquent d’ailleurs pas d’arguments pertinents  pour démontrer que le phénomène ne saurait être que provisoire, que le leader centriste n’a aucune chance de créer la surprise et qu’après cette crue passagère, il reviendra naturellement à son étiage.

     Il est vrai que, pour l’heure, la progression de François Bayrou est due pour faible partie à l’inquiétude qu’inspire Nicolas Sarkozy aux électeurs de droite et, pour l’essentiel  au doute qui gagne les supporters de Ségolène Royal. Le vote Bayrou demeure d’abord  un vote par défaut.

     Il est exact encore  que la figure du troisième homme est une figure fragile comme le confirme l’expérience de la présidentielle de 2002. Jean-Pierre Chevènement fit ainsi durant quelque semaine illusion en frôlant les 14% d’intentions de vote avant retomber piteusement à 5% dans les urnes.

     Il n’est pas faux non plus de dire que la coalition allemande que François Bayrou donne en exemple est difficilement concevable dans un système politique comme le nôtre, caractérisé par une grande bipolarisation.

      Il est incontestable également que si le leader centriste a su faire valoir l’originalité de son positionnement, son projet présidentiel manque d’aspérité, de précision et d’amplitude européenne ( ce qui n’est pas un moindre paradoxe pour un homme qui a toujours affiché ses convictions européennes!)

      Demeure évidemment enfin l’incertitude du score de Jean-Marie Le Pen que les enquêtes d’opinion peine à mesurer dans toute sa vérité.

     Toutefois, si François Bayrou bénéficie de la sorte de l’affaiblissement de la candidate socialiste c’est là peut-être le signe qu’une partie de l’électorat socialiste voit de plus en plus  en François Bayrou un homme capable de réconcilier justice sociale, loi du marché et rénovation républicaine. Le président de l’UDF peut devenir ainsi pour beaucoup l’occasion de prendre le tournant réformisme qui a été impossible à esquisser de l’intérieur du PS.

     La comparaison avec Jean-Pierre Chevènement  n’est pas raison. Elle ne l’est pas  d’une part parce que le positionnement du président d’honneur du Mouvement Républicain et Citoyen, foncièrement protectionniste, avait peu à voir avec celui de François Bayrou , résolument européen. La comparaison est inadéquate  d’autre part parce qu’en  février 2002, au nomment où commençait vraiment la campagne présidentielle, Jean-Pierre Chevènement commençait de chuter dans les sondages alors qu’en de mêmes circonstances, François Bayrou commence à l’inverse de croître dans les enquêtes d’opinion.

     On ajoutera encore que la comparaison avec le Jacques Chirac de 1995 serait plus appropriée. On retrouve chez François Bayrou la même volonté de miser sur le bon sens de la  province plutôt que sur la mode des  élites parisiennes, le même choix d’un profil modeste à l’écoute de ses concitoyens, cette identique façon de jouer des médias locaux plutôt que des médias parisiens obnubilé par les outsider.

     François Bayrou doit encore donner consistance et cohérence à son projet présidentiel.

     Rien n’est pour lui gagné et les chances d’une qualification pour le second tour  demeurent encore infimes.

     Le p^résident de l’UDF peut néanmoins se féliciter de bénéficier désormais de l’attention d’une télévision à laquelle il a tant reproché de ne  s’intéresser qu’au duo réputé gagnant !

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zensz francine 12/02/2007 19:56

Questions :  pourquoi  certains candidats , ont ils droit a une soirée entière et a d'autres de se partager ? Ou donc et l'égalitée ? Et  la neutralitée des journalistes ?  Une  citoyenne qui pense que nos valeurs LIBERTEE EGALITEE FRATERNITEE  sont belles est bien perdu.

militant UDF Istres 07/02/2007 21:01

une alternance d'une vague rose, suivie d'une vague bleue...

25 ans que ca dure, que j'en ai marre et que je ne me reconnais ni dans les candidats du PS et l'UMP..

Les pieds sur terre, je ne me résoudrait jamais à voter FN, MNR, PC, LCR, LO...

Le temps d'une vague orange est venu.... Finissons en avec les promesses non tenues, avec les déficits sans fins, et les mesures clientélistes....

 

vincent 07/02/2007 19:25

Il est drôle de voir dans Sarkosy l'homme de la situation avec plein d'idées ( je dirais de promesses) neuves alors qu'il a eu 5 ans dans un gouvernement UMP qui détenait tous les pouvoirs, pour mettre ces propositions en applications.Toutes ces promesses se chiffrent à environ 200 milliards d'euro, je vous rappelle que le déficit annuel de la France tourne chaque année aux alentours de 40 milliards d'euro et la dette de la France est de plus de 1100 milliards d'euro. Alors si vous pensez que Sarkosy va pouvoir faire tout ce qu'il vous promet, libre à vous d'y croire mais  les désillusions risquent d'être grande au lendemain du 6 mai 2007si d'aventure il était élu. D'ailleurs je pense que c'est pour cela que Fillon a rajouté que ces promesses devraient s'inscrire dans un cadre financier prédéfini donc les désillusions commencent dés aujourd'hui.D'autre part croire qu'élire un président et que celui-ci puisse être l'homme providentiel qui va vous sauvez c'est être un peu naïf mais il est vrai que Sarkosy semble prendre les Français pour des naïfs quand il prend pour sigle de campagne " Avec Sarkosy tout devient possible". C'est exactement le contraire de ce que nous ont démontré ces 26 dernières années de Mitterrand puis Chirac !Alors oui, je pense que le changement ne viendra que de Bayrou car il a un discours de vérité, il ne ment pas c'est peut-être pour cela que Mr Seguillon trouve que son projet manque d'aspérité, mais entre nous je préfère cela que des promesses dont il est évident qu'elles ne pourront être tenues !!vincent  http://generationorange.blogspot.com

Mirino 07/02/2007 18:18

Non, un tel arrangement serait peut-être efficace, mais je ne peux pas m’empêcher de penser que la France a besoin de se retrouver de nouveau dans beaucoup d’égards.

Sarkozy semble être la seule personne qui a toutes les qualités pour remettre le pays sur les rails et le redémarrer dans la bonne direction.

Il s’est engagé. Qu’on lui donne l’opportunité de réaliser ses engagements et être à la hauteur de ses aspirations ainsi que celles des français.

Bayrou est bien, mais il lui manque ce punch essentiel, cette qualité exemplaire qui inspire. C'est une qualité véritable, une force de conviction, une volonté sincère et aucunement une façade.

Que le meilleur gagne.

Militant UDF Istres 07/02/2007 12:52

Bien évidement chacun défend son poulain...

M. BAYROU n'a pas vocation à être le super ministre de l'un ou l'autre des candidatts. Toute sa campagne montre qu'il est la pour rassembler les francais... Et non pour les opposer un camp a l'autre comme le font Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal....

Bien qu'il parle de la Dette, M. BAYROU n'a pas vocation à devenir Ministre des finances. Je pense pour cela que des personnalités comme Alain Lambert ou Didier Migaud sont bien plus compétentes sur ce suget....

Francois Bayrou n'ayant que vocation à être le berger qui conduira Tout le troupeau en prennant bien soin de ne pas laisser de brebis égarées... Peut on en dire autant de Nicolas Sarkozy ou de Ségolène Royal ? Je ne le pense pas...

Un Francois Bayrou président avec Didier Migaud aux finances et Bernard Krouchner à la santé ne me gènerai absolument pas...

Et vous ?