SARKOZY, les limites d'un examen réussi

Publié le par blog-pl-seguillon

   

   

    Ne faisons pas la fine bouche. L’émission politique de TF1, spéciale élections présidentielles «  J’ai une question à vous poser »  est un succès. L'émission qui accueillait hier soir.Nicolas Sarkozy a attiré 8,24 millions de téléspectateurs en moyenne, soit une part d'audience de 33%. Un pic de 9,7 millions de téléspectateurs a même été enregistré peu avant 22h30. Intéresser autant de téléspectateurs aux enjeux d’une élection politique mérite d’être salué comme il se doit. Les exercice de démocratie participatives incontestablement séduisent.

 Soyons objectifs - chacun en convient d’ailleurs, Nicolas Sarkozy  a été excellent dans ce genre d’exercice. Il s’est montré compétent. L’homme, qui a de la bouteille et de l’expérience a réponse à tout. Aucune question ne semble devoir le dérouter. Le président de l’UMP a fait preuve de courage. Il n’a pas hésité à défendre ses convictions ou ses positions quitte à contredire ses interlocuteurs sans complaisance. Le candidat de l’UMP à l’élection présidentielle a fait preuve d’une grande capacité de maîtrise de soi. A aucun moment, quand bien même était-il provoqué, il n’a perdu son sans froid, son calme et une courtoisie de bon aloi.

Ces considérations n’interdisent pas pour autant de souligner les limites d’un exercice de ce genre.Convenons d’abord qu’il est sans grand risque pour l’invité. Devant un parterre d’une centaine de citoyens plus ou moins intimidés  de se retrouver dans ce forum face au peut-être futur président et qui ont été appelés à répéter leur questions tout au long d’une journée de répétition, l’orateur garde nécessairement la maîtrise du terrain.

    Reconnaissons  aussi que bien des réponses apportées appartiennent plus au constat de bon sens qu’à la solution attendue. Lorsqu’un citoyen note que les compagnies pétrolières sont plus promptes à répercuter à la pompe les hausses du brut qu’à y traduire les baisses et que Nicolas Sarkozy acquiesce, on ne peut qu’applaudir le bon sens de la question comme de la réponse à ceci près que l’on aurait aimé savoir comment le futur gouvernant corrigerait cette fâcheuse habitude.

Notons encore que lorsque le candidat annonce généreusement une prime d’allocation familiale pour le premier enfant, il n’eut pas été inutile qu’il en donnât le coût – plus de deux milliards si je ne me trompe - et qu’il nous dise comment cette mesure serait financée.         

 

Enfin - mais pouvait-il en être autrement, ce face à face de la France profonde avec un candidat  conduit ce dernier à davantage se comporter en Premier ministrable qu’en présidentiable. On ne pouvait imaginer hier soir en effet débat plus hexagonal et plus recroquevillé sur les doléances quotidiennes. Un échange au ras d’un guichet de Sécurité sociale. Ceci étant dit sans aucun mépris pour les problèmes douloureux vécus au jour le jour par nombre de nos concitoyens. Il n’empêche,  à l’exception d’une interrogation  fugace et laborieuse sur l’Iran, il ne fut à aucun moment question du devenir de notre pays sur la scène européenne et mondiale, pas un mot des grands enjeux de géostratégie, rien sur  tout ce qui en réalité conditionne notre futur, la menace terroriste, les risques d’explosion au Proche et au Moyen Orient, l’émergence à l’Est de géants économiques et politiques, l’Inde ou la Chine, la faiblesse actuelle de l’Union européenne, le retour de la Russie dans le jeu international… et j’en passe !.

    

      On ne fera pas grief de cette absence à l’examiné. On regrettera seulement que ce type d’examen  aboutisse nécessairement à ce défaut de vision.

 

 

 

 

 

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hibou 12/02/2007 14:10

Quel courage y a t il donc pour un homme politique tel M Sarkosi rompu comme vous le dites à l'exercice de débattre avec des néophites de la politique et de la communication, ce genre d'émission relève du spectacle, pas de l'information, aucun sujet n'est débattu, le candidat est là pour afficher ses convictions, c'est tout.

Jicec 11/02/2007 17:40

Quelle satisfaction y-a-t-il à tirer pour un journaliste de cirer les pompes et de baisser le froc devant un homme politique? C'est une question que l'on peut légitimement se poser devant tous ces médiocres scribouillards se pâmant d'admiration devant une grande gueule, quitte à démolir abusivement sa principale adversaire à la moindre occasion. A titre de précision, cette dernière constatation n'est que la reprise d'un édito de M. Duhamel dans les journaux régionaux de ce dimanche, M. Duhamel que l'on ne peut guère accuser d'être un dangereux gauchiste... Cet engouement, dont des raisons avouables, solides et difficilement réfutables sont quasiment impossibles à trouver, rappelle un film, sorti à l'automne dernier, les amitiés maléfiques dans lequel  on peut voir des étudiants intelligents, cultivés et ambitieux ainsi qu’un professeur d’université qui se laissent facilement éblouir par l’insolence d’un personnage à la grande gueule, qui parle plus haut et plus fort qu’eux. Devinez quoi? Il faudra attendre la fin du film pour que tout le monde se rende compte que la grande gueule était une coquille vide...

ll 08/02/2007 14:27

Bonjour

Juste pour leplaisir, j'aime beaucoup les échanges et le style de Samira et Mirino.

Vous me faites penser à la BD de Achille Talon avec le verbe impeccable :)

Au plaisir de vous relire

Mirino 08/02/2007 11:23



Si l’on veut accepter l’attaque de Mr. Raffin comme valable, même les journalistes le plus avisés n’ont pas le droit d’exprimer leurs observations à l’égard des candidats.

Bien qu’il ne soit point une obligation pour un journaliste d’afficher une neutralité inflexible sur son propre forum, ce n’est pas nécessairement partisan de reconnaître les qualités des uns et des autres lorsqu’elles se révèlent évidentes. Ce n’est que l’expression de l’observation, le témoignage propre au journalisme.

La publication du commentaire de Mr. Raffin en est aussi une preuve du principe.

Michel RAFFIN 07/02/2007 21:32

Pauvre M. SEGUILLONPar reconnaissance du ventre vis à vis de votre employeur et de tous ceux qui composent le "tour de table" du conseil d'administration de TF1,et faisant fi de tout ce que vous avez appris dans votre école de journalisme,les articles de votre blog trahissent votre esprit éminemment partisan.Comme la majorité des rédacteurs et chroniqueurs de TF1, vous vous révélez complètement inféodé à l'équipe du Nabot qui prétend devenir président de la République.Heureusement qu'il existe d'autres chaînes (celle du service public par exemple) pour regarder le journal télévisé jusqu'au second tour des élections.Signé un téléspectateur que vous avez perdu, pour longtemps ....