SEGOLENE ROYAL: SOUS LA PLAGE, LES PAVES

Publié le par blog-pl-seguillon

     Les règles d’une campagne présidentielle, dans la France bipolarisée de la V e République,  seraient-elles immuables ? Le discours des candidats peut-il échapper à la caricature ? Le  manichéisme est-il un recours obligé ? Le camp de l’adversaire doit-il être nécessairement présenté comme celui des méchants, des mystificateurs et des sans vertu ? Pour  « rassembler sa famille politique », au premier tour, comme le préconisent les experts, n’est-il d’autre voie que  de lui servir une logomachie d’un autre temps ?

     Le slogan de guerre civile a-t-il sur le militant et, au delà, sur  l’électeur, une efficacité que n’aurait pas l’argument de raison ?

     Peut-être bien !

     Ce sont là, du moins, les questions qui m’ont traversé l’esprit en écoutant, hier soir, la harangue prononcée par Ségolène Royal devant 5000 militants enfiévrés réunis dans le XIIIe arrondissement de Paris.

     Voici donc que Ségolène Royal, qui a su coiffer au poteau tous les vieux briscards de son parti  en promettant d’inventer une nouvelle façon de faire de la politique, retourne au tropismes des caciques de la profession. Voici encore que  la dame du Poitou qui, avec audace, n’hésitait pas bousculer les pachydermes socialistes pour mettre une pincée de libéralisation dans la recette des trente-cinq heures, un brin d’audace dans le traitement des enseignants, une once de souplesse dans la carte scolaire ou  un peu d’autorité, voire d’autorité militaire dans le traitement de la délinquance, revient aux « fondamentaux », selon l’horrible expression utilisée ce jour  par certains plumitifs.

     Entendez, par « fondamentaux », en effet, cette manière bien classique  de taper sur ceux d’en face plutôt que de vanter ses propres mérites.

     Et Ségolène Royal n’a point lésiné  hier dans  ce registre. S’inspirant du François Mitterrand procureur « des forces de l’argent »,  la candidate socialiste , le talent oratoire excepté, a ressorti toutes les ficelles, vieilles et grosses, du genre. Sa vindicte s’est exercée à l’encontre des « conglomérats de la finance et des médias » qui pourtant, hier encore, l’encensaient. Et de mitrailler pour la plus grand bonheur de l’assistance, « l’oligarchie » qui prétend prendre la tête de l’Etat républicain, cette droite «  dure, agressive, sans principe, sans vertu républicaine, une droite arrogante qui dit tout et son contraire mais qui ne varie pas sur l’essentiel : la défense de ses privilèges, de ses passe-droits, de ses abus, de ses réseaux et de ses clientèles, de son impunité. ».

     Dans son élan, Ségolène Royal n’a point hésité à disputer au radical José Bové le titre  de « voix des sans voix »  contre une droite française « bushiste » qui emprunte ses slogans à « la droite américaine des années du Vietnam » ou, mieux encore, à « la dictature brésilienne »  !

    N’en jetez plus !

    Ces excès verbaux ont bien sûr leurs raisons que connaît parfaitement  la raison politique. Un projet présidentiel qui tarde à venir, des militants gagnés par l’impatience et le doute, un parti qui peine à se mobiliser, des sondages qui mollissent sérieusement, un élan qu’il faut redonner, un retard qu’il convient de refaire sur l’adversaire, la nécessité de bétonner le premier tour de la présidentielle avant que de penser au second.

     Il est possible que la recette soit efficace. La meilleure façon de retourner une situation devenue périlleuse pour la candidate socialiste est peut-être en effet de recourir à cette mise en scène guerrière. Il n’est d’ailleurs pas impossible que cette stratégie  contraigne la partie adverse à procéder de même  afin de ne pas donner l’impression de faiblir sous la mitraille.

 

     Mais voilà qui ne m’empêchera pas de penser qu’en l’occurrence la boussole de Ségolène Royal s’est affolée et que ce brutal changement de cap a pour conséquence de brouiller l’image de nouveauté et fraîcheur que la candidate socialiste avait sur se donner dans le paysage politique.

      On sait désormais que, derrière l’indéfectible sourire enchanteur, se cache le cuir usé et vieilli des éléphants et que la parole participative n’est que l’aimable habillage de slogans archaïques Mais s’il est vrai, selon le proverbe,  que « c’est dans les vieux pots que l’on fait les meilleures soupes », Ségolène Royal a peut-être – qui le sait, fait hier le choix le plus judicieux même si  la raison en est chagrinée et  l’espoir de nouveauté  ruiné.   

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Jean-Charles DUBOC 28/02/2007 14:02

La proposition avancée par Ségolène Royal de centres de jeunes délinquants encadrés par des militaires me semble justifiée, mais ce n’est pas une nouveauté….

 





 



La GAUCHE AU POUVOIR en  1982, dans le cadre des Opérations “anti étés-chauds”- inscrites au IX° plan - devenues ensuite opération VVV, a fait appel, plusieurs années durant, aux centres de formation de l’armée pour accueillir dans le cadre d’une démarche de prévention de la délinquance des jeunes particulièrement difficiles afin de leur offrir des activités sportives.

 





 



En 1982, sur 20 000 jeunes pris en charge par la Protection Judicaire de la Jeunesse, 300 sont partis à l’armée faire de l’escalade, de la plongée, de la moto, avec des encadrants militaires mais aussi des civils volontaires.



 



Du CÔTÉ DE LA DROITE, l’amiral Christian Brac de la Perrière, gaulliste devant l’Eternel, a créé, en 1986, et à l'initiative de MM. Albin Chalandon, Garde des Sceaux, et André Giraud, ministre de la Défense,  l’ASSOCIATION JET « Jeunes en équipe de travail », qui était animée par d’anciens officiers de Marine.



 



C'est sous le couvert de cette association que des stages de rupture de quatre mois à l'intention des jeunes délinquants de nationalité française ou étrangère, en situation régulière, ont été organisés dans le cadre humain et financier de l'armée.

 





 



Les succès ont été au rendez-vous. Il y eût fort peu de fuites pendant ces stages malgré la porte grande ouverte. Après la sortie, il y eût, certes, des rechutes, mais un bien plus grand nombre de réussites ; beaucoup d’anciens stagiaires refaisant leurs vies normalement. Les dirigeants ont reçu des témoignages parfois extraordinairement émouvants de remerciements venant de jeunes délinquants sauvés, et réinsérés grâce à eux…

 

 



Mais, il est devenu quasiment impossible de développer ce type d’activité au sein des Armées, dans le contexte actuel, en raison du resserrement des effectifs depuis la PROFESSIONNALISATION de la Défense Nationale, et du COÛT ASSOCIÉ…



 



Mais la réponse adressée à Ségolène Royale demande à être nuancée…



 



Je viens de rédiger sur mon Blog « L’UMP et la formation humaine des jeunes » une note intitulée Si vis pacem, para bellum, ‘si tu veux la paix, prépare la guerre’, et qui arrive à deux très curieuses conclusions que je vais essayer d’expliciter brièvement.



 



Mon analyse (et je suis pas le seul à la faire…) est que les prochaines guerres, qui seront des guerres contre le terrorisme, auront une dimension « classique » de neutralisation de l’ennemi, mais aussi, et surtout, une dimension « humaine » qui est beaucoup plus difficile à maîtriser…



 



Je n’en veux pour preuve que l’échec de l’invasion de l’Irak par l’armée américaine…



 



En fonction des caractéristiques des conflits à venir, ma PREMIÈRE PROPOSITION est de développer des structures de formation humaine des jeunes par la navigation, en équipage, à bord de GRANDS VOILIERS, par des traversées de déserts à cheval, ou encore par des courses en haute montagne, et de proposer ces activités aux adolescents et aux jeunes adultes d’un État terroriste que nous aurions, nous, Occidentaux, à mettre sous tutelle…



 



Les avantages de ces activités seraient de sécuriser les jeunes loin des zones de combat, ou d’occupation, tout en leur permettant, de plus, d’éviter de reproduire des schémas comportementaux de type totalitaire…



 



La DEUXIÉME PROPOSITION est d’offrir aux jeunes de nos banlieues les mêmes activités, car les prochains conflits seront aussi des guerres CONTRE LE TERORISME CHEZ NOUS, car celui-ci pourrait bien fermenter dans nos banlieues, si la situation continue à se dégrader…



 



Je pense, ainsi, qu’il est nécessaire de contrôler nos zones urbaines difficiles, et les autres, avec de telles activités sportives, c'est-à-dire avec une approche humaine, et non pas uniquement par la force…



 



Dans la mesure où ce type d’activité se révélerait nécessaire, la proposition de Ségolène Royal rentrerait dans l’objectif dévolu aux armées, qui est la protection du territoire national…



 



Ainsi la proposition de Ségolène Royale n’est pas si absurde que cela, mais j’y suis arrivé par une voie tout à fait originale.



 



Tout ceci est, bien sûr, à étudier, à débattre…



 



J’ajoute que pour réaliser de tels projets il faudrait, très certainement, créer un SERVICE NATIONAL VOLONTAIRE afin d’avoir les coûts les plus faibles possibles, car les activités proposées demandent beaucoup de personnel…



 



Vous pouvez découvrir l’intégralité du développement de ces propos à l’adresse suivante :



 



http://euroclippers.typepad.fr/mon_weblog/2007/02/si_vis_pacem_pa.html



 



Compte tenu des besoins, j’ai proposé de construire plusieurs dizaines de grands voiliers, chaque années, et que ceux-ci soient exploités par la Royale (n’est-ce pas drôle !...)



 



Je vous recommande un premier projet destiné aux jeunes à partir de 13 ½ ans, et disponible à l’adresse suivante :



 



http://euroclippers.typepad.fr/mon_weblog/royalist_et_sea_cadet_corps/index.html



 



Bonne lecture et bonne découverte



 



Jean-Charles DUBOC

 

clemence 12/02/2007 15:26

Pour ajouter de l'eau à ce moulin qui tourne déjà bien tout seul, je dirai que visiblement ses anciens proches peuvent avoir la dent dure avec la dame du poitou :

à lire "segolene royal, ombre et lumière" le témoignage d'une ancienne attachée parlementaire, sur des pratiques plus que douteuses ...

ah les belles phrases....

 

 

Un militaire 12/02/2007 14:45

L'inventaire de la candidate Royal me laisse pantois. Mais plutôt que de m'attaquer à l'ensemble de ses propositions, je m'arrêterai sur celle qui préconise "si besoin" un encadrement militaire pour les délinquants.



Je suis militaire depuis bientôt 30 années. Et c'est vrai que pendant cette période, j'ai vu les militaires devoir accomplir des missions étrangères à leur métier (les ordures, les marées noires, les inondations...). Cependant, en particulier pour ce qui concerne les deux derniers exemples, je n'y ai pas trouvé grand chose à redire. Les moyens de l'armée, la disponibilité des militaires pouvaient permettre d'envisager ces actions de solidarité nationale.



Mais maintenant, quand on me parle d'encadrement des délinquants, je me sens quelque peu révolté. Même s'il est vrai que les militaires, pour certains, ont une aptitude à encadrer, cette aptitude s'exerce vis-à-vis d'autres militaires, et ce, dans le cadre d'un métier spécifique.

En quoi les militaires seraient-ils aptes à encadrer des délinquants ? Qu'est-ce qui dans leur parcours professionnel leur donne les compétences pour exercer cette activité ? Sans doute la candidate Royal s'imagine-t-elle que les militaires disposent des moyens pour effectuer cette mission. Et parmi ces moyens on peut sans doute citer l'autoritarisme et la violence. Voilà au moins une expression sans ambiguite de l'opinion que peut avoir la prétendante au trône de ses éventuelles futures troupes dont elle a une aussi parfaite méconnaissance que du nombre de sous-marins nucléaires lanceurs d'engins.



Au-delà de ce mépris ouvertement affiché pour les militaires, on peut se poser maintenant la question du comment.

C'est vrai que l'ignorance de la candidate pour les choses ressortissant à la défense doivent lui faire ignorer que les militaires sont déjà largement occupés à faire leur métier, dans des conditions parfois difficiles et d'autant plus difficiles si, par exemple les survols de leurs bases par des avions d'une puissance étrangère sont légitimés par celle qui entend occuper le poste de chef des armées.

Donc avec quels moyens les militaires devront-ils accomplir cette nouvelle mission. Envisage-t-on sérieusement de nouveaux recrutements (un encadrement efficace pour une population difficile nécessite au moins un encadrant pour trois délinquants), alors que les discours enregistrés du côté PS laissent entendre une réduction du budget de la défense ?

Par ailleurs,envisage-t-on d'inclure dans la formation des cadres militaires un module spécifique dédié à l'encadrement des délinquants ? Ce serait pourtant nécessaire.



Bref, tout cela est ridicule, méprisant pour les militaires, qui, une fois de plus, seraient les seuls à ne pas avoir à s'exprimer sur ce qu'on leur fait faire.



Mme Royal, si vous m'écoutez, sachez que l'encadrement des délinquants ne coïncide pas avec mes désirs d'avenir. Et qu'en aucun cas, je n'y participerai.

Mirino 12/02/2007 11:10

Il serait sans doute très injuste de même songer à faire une telle comparaison, mais si jamais on voulait refaire le film (1949) du classique d’Ayn Rand ‘The Fountain Head (La Source, 1943), François Holland serait parfait pour jouer le rôle de Ellsworth Toohey.(Architecte très médiocre mais plutôt fonctionnaire qui a pu manigancé pour que Howard Roark, architecte géniale, fasse un chef d’œuvre à condition qu’il n’en soit pas crédité, ainsi permettant à Toohey de prendre tout le crédit).Une citation fameuse- Toohey : ‘Nous sommes seuls, pourquoi vous ne me dites pas ce que vous pensez de moi’ ? Roark  totalement innocent : ‘Mais je ne pense jamais à vous’.

Mirino 12/02/2007 08:42

Un pacte est un accord solennel. Or, il faut au moins être deux pour établir un accord.Si ce ‘pacte’ serait plutôt une promesse, Ségolène Royal alors se contredise, car elle a toujours démontré sa refuse de faire des promesses sans la certitude de pourvoir les honorer.Ou bien ce ‘pacte’ est un ‘paquet’ bien ficelé de démagogie. Une centaine de propositions  agréables aux oreilles de ceux qui veulent que les choses changent pour le mieux sans qu’ils ont  la moindre d’obligation de faire quoi que ce soit pour les mériter, sans qu’ils aient le moindre devoir de changer leur manière d’être (ou non être). La vielle continuation du beau rêve mensonger propre à la gauche.Comme anticipé, ses propositions ne représente point un programme. C’était une liste de ingrédients sans recette ni moyens pour en faire la soupe, ni aucune certitude qu’elle serait digestible. Sa prestation n’était que la lecture d’un texte soigneusement préparé, avec les points de suspension aux moments propices pour permettre les applaudissements sur commande, préparé uniquement pour l’occasion.