Enfin l'Europe !

Publié le par blog-pl-seguillon

   Enfin ! Enfin l’Europe entre dans le débat présidentiel.

   Jusqu’à aujourd’hui, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy se limitent à assurer  sur ce sujet le service minimum. Ils estiment en effet que ce thème  n’est ni porteur ni payant électoralement depuis que  les Français se sont divisés sur le traité constitutionnel européen et en ont rejeté le texte par référendum.

   Jusqu’à aujourd’hui, le plus européen des candidats, François Bayrou ,  demeurait étonnement discret sur la question européenne en dépit des conseils prodigués par nombre de ses amis à commencer par Jean-Claude Casanova , le directeur de la revue “Commentaire ».

 

   Le candidat centriste est sorti heureusement hier soir de sa réserve ans un discours prononcé à Strasbourg pour proposer quelques solutions concrètes susceptibles de sortir l’Union européenne de l’impasse dans laquelle l’a jeté le « non » français.

 

   François Bayrou suggère notamment que soit proposé au vote des  Français, en même temps que les élections européennes de 2009, « un texte bref,  dense, pas « mini » mais solide, lisible par tout le monde » et qui aurait été négocié avec nos partenaires européens.

 

   Concilier la requête des Allemands qui ont ratifié le traité constitutionnel rejeté par les Français, l’impératif démocratique qui est de ne se pas contenter d’un texte voté à la sauvette au parlement, l’approche anglo-saxonne qui penche pour un texte a minima ne sera pas chose aisée.

 

   Mais il faut savoir gré à François Bayrou d’avoir mis les pieds dans le plat. Le sujet communautaire  sera sans doute le premier et le plus difficile problème  dont devra se saisir le prochain président français dès son arrivée à l’Elysée et à quelque mois d’assurer la présidence du conseil européen !

 

   On en est convaincu en tout cas à Bruxelles où José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne , confie volontiers à ses interlocuteurs que si la France ne se réveille pas rapidement, c’est le couple franco-allemand qui battra de l’aille et l’Union qui dérivera vers la seule existence d’un grand marché libérale !

 

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regis-andre 19/02/2007 19:05

je ne suis pas d'accord pour dire que la gauche pousse bayrou c'est  une contre verite je suis certain que d'ici au premier tour les choses vont changer bayrou veut  eventuellement gouverner avec un premier ministre de gauche irrealiste a mon avis souvenez vous l'union de la gauche le pc est parti du gouvernement en claquant la porte une union contre nature ne peut amener que le chaos  bayrou veut prendre des mesures impopulaires et pour ce faire se proteger sur sa gauche et sur sa droite cela ne marchera pas  , il est au centre il doit s'affirmer comme tel  on est pas en guerre la patrie n'est pas en danger il faut donc une majorite et une opposition sinon onva au clasch populaire des greves a n'en plus finire des manifs ce que je predis si sarkozy arrive au pouvoir  il ne pourras tenir ttes les promesses qu'il a faites et ne pourra pas invoquer son ignorance de létat des finan,ces de la france il est au gouvernement  alors  changement pas changement  ????

alain goldfeil 18/02/2007 21:26

Ce qui me parait le plus curieux dans le cas Bayrou, c'est de voir une partie de l'establishment de la gauche pousser le candidat centriste pour nuire à Sarkozy alors qu'en réalité ils affaiblissent ainsi  madame Royal. Ce genre de stratégie laisse des traces, on l'a vu avec le Pen: 1er temps, il gêne la droite, 2ème temps, la gauche est atteinte structurellement dans son électorat  populaire!

Le Corre 14/02/2007 22:09

Les candidats à la présidentielle et les médias nous confinent dans les problèmes hexagonaux, certes ils sont décisifs sur notre économie et la situation des français dans leur quotidien, mais la mondialisation nous affecte aussi au premier plan.

Les bons choix de notre politique étrangère auront autant de conséquences sur notre vie quotidienne. Alors pourquoi ne pas en parler et prendre parti.

Les bruits de bottes au Proche Orient risquent d’avoir à terme plus d’importance que la réduction d’impôts pour quelques tranches de contribuables.

Les problèmes internationaux constituent le deuxième volet du pouvoir attractif ou non des candidats, le plus délicat pour certains.

Affreux dilemme, est on pour ou contre la politique agressive des néocons de Washington et d’ailleurs et de l'unilatéralisme, c’est un raccourci simpliste, mais l’image est bonne.

F Bayrou, sur son site internet, a déjà exprimé son opinion sur un grand nombre de sujets. Sa démarche semble raisonnable, ses idées proches de la vision Gaulliste du monde qu’a maintenue notre politique étrangère, malgré quelques dérives récentes. Les deux autres candidats de poids Mrs de Villiers et Le Pen sont transparents et n’ont pas changé depuis longtemps. M. de Villepin a lui aussi montré clairement ses choix, mais il n’est pas candidat.

Du coté de M. Sarkozy nous manquons d’informations, juste des attitudes, des visites, des amitiés, pas plus. En tant que chef d’Etat c’est différent, il lui faudra indiquer ses choix et ses ambitions pour la France sur la scène internationale.

breizhmaine 14/02/2007 19:24

Le discours de François Bayrou était clair et très approprié à la situation.Contrairement à ce que dit Samira, Bayrou parle d'Europe depuis bien longtemps, et il n'a pas attendu la campagne électorale pour le faire.JF

tristram 14/02/2007 12:09

Oui on pouvait espérer que Bayrou en fasse beaucoup plus sur l’Europe, mais il aurait pu en faire beaucoup moins après tout. Revenons un instant sur les réalités tactiques de cette campagne présidentielle : nous sommes dans une phase de positionnement, pendant la quelle les candidats assoient leur stature présidentielle et occupent les registres politiques : le « performatif » pour Sarkozy : « moi, moi, moi, je sais tout, je peux tout, vous allez voir ce que vous allez voir ! », ou « l’incarnatif » pour Royal : « je ne vous représente pas, je suis vous, je suis votre maman, vous êtes tous les enfants de la France, et comme la France c’est moi, et bien vous êtes mes enfants… ». Et puis il y a les habituels épouvantails comme le Pen, les idiots utiles du capitalisme comme Besancenot, et les esbroufeurs alter-démagogues comme Bové. Finalement il y a le « candidat de la raison », rôle que Bayrou souahite visiblement endosser, et qui reprend le positionnement de l’homme d’Etat sérieux et responsable, porté avant lui par Mendès, Barre, Delors, ou Rocard. Même si ce discours est une consolation pour ceux qui vivent la politique avec leur rationalité avant de la vivre avec leurs « tripes », l’histoire nous montre qu’en France les « candidats de la raison » ne font pas recette. Les bonimenteurs comme Chirac ou Mitterrand ont été préféré aux hommes d’Etat comme Barre ou Rocard. Ceci explique peut-être cela, mais ce n’est pas notre sujet du jour. Bref, Bayrou tente d’avoir une stratégie de campagne qui consiste à courir dans son couloir, à son rythme, et à faire des accélérations quand il l’aura choisi, et non pas selon l’agenda imposé par les médias. Est-ce qu’il a raison ? C’est son affaire, et un peu l’affaire des électeurs, mais nous autres européistes devons nous réjouir qu’il y ait au moins une voix européenne dans le vaudeville des ces élections présidentielles. En ce sens je vous invite à lire un article amusant et lucide http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=19151 Pour ce qui est de la petite escapade berlinoise de Sarkozy, et de son désormais « shadow ministre » des affaires étrangères, Juppé, je tiens de première main la certitude que Merkel a opposé une fin de non recevoir polie mais ferme à leur « mini projet ». Bien entendu, cela n’empêche pas notre candidat « + » de raconter qu’elle est d’accord, mais « qu’elle ne peut pas le dire ». L’administration allemande à signifié à l’UMP dès le départ son hostilité à ce « mini » projet, mais ce n’est pas de nature à arrêter le volontarisme hystérique de notre ministre d’Etat et de son fidèle Lamassoure. Le seul point de convergence se situe sur la volonté de moratoire sur les élargissements, mais ça n’étonnera personne…