François Bayrou: J'ai une réponse à vous donner

Publié le par blog-pl-seguillon

    

    

 

     La prestation de François Bayrou , lors de l'émission de TF1   « J'ai une question à vous poser », était sage mais sans coup d'éclat, à l'image du candidat lui-même. Le panel des examinateurs semblait d'ailleurs adapté ou s'être adapté au style du président de l'U.D.F. Il n'y eut hier soir ni polémique sur le mouton ni contradicteur homosexuel, comme cela s'était passé avec Nicolas Sarkozy; il n'y a pas eu  non plus de paralytique sur le sort duquel s'apitoyer comme l'avait fait Ségolène Royal. La raison l'emportait hier soir sur l'émotion, la réflexion sur le spectacle.

      Voilà qui sans doute explique à la fois les points forts et les points faibles de cette prestation.

       Parlons d'abord des points faibles.

      Le premier est évidemment le résultat d'audience relativement modeste au regard des scores atteints par Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. Plus de huit millions de téléspectateurs ont regardé Nicolas Sarkozy, champion du réponse à tout. Mieux, plus de 9 millions ont suivi Ségolène Royal guérissant les écrouelles. La sage performance de François Bayrou , elle,  n'a rassemblé que quelques six millions de téléspectateurs.

      Le deuxième point faible de François Bayrou tient à sa difficulté à expliquer ce qu'il ferait et comment il gouvernerait si, d'aventure, il était élu à la tête de l'Etat. Pour illustrer sa volonté de rassembler les bonnes volontés et les compétences des différents horizons politiques, le leader centriste a évoqué hier soir deux exemples prestigieux, celui du général De Gaulle en 1944 et 1958 et celui de Pierre Mendès-France en 1954. Mais la France connaissait alors chaque fois une situation exceptionnelle : la deuxième guerre mondiale, la guerre d'Indochine ou celle d'Algérie. Et, chaque fois, l'expérience fut de courte durée et se termina par un basculement à gauche ou à droite. François Bayrou a grand mal à faire en sorte que les électeurs se représentent une situation qui n'est pas impossible mais qui, par définition, bouleverserait le paysage politique et serait  à la vérité totalement inédite.

      En revanche, et c'est le point fort du président de l'UDF, celui-ci a réussi hier soir, dans une émission qui pourtant favorise plutôt l'atomisation des questions et des réponse données, à faire passer une vision, une méthode et une règle intellectuelle.

     Une vision qui est l'ambition d'amener les Français à se réconcilier et à se transcender par le biais de la connaissance et de l'éducation - l'école, et par celui de l'innovation,- la recherche.

     Une méthode qui est la concertation et, dans un esprit très delorien des corps intermédiaires, l'articulation d'une démocratie parlementaire restaurée et d'une démocratie syndicale assumée.

     Une règle intellectuelle qui consiste à ne pas promettre ce que l'on ne saurait tenir, à ne pas dépenser ce que l'on sait être incapable de financer et à apurer des comptes publics dont on sait pertinemment qu'ils plombent notre capacité d'action.

   Au total, François Bayrou devrait tirer profit  de cette prestation télévisée comme en ont bénéficié avant lui Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, un François Bayrou  auquel une enquête d'opinion IFOP "Paris-Match", réalisée avant l'émission de TF1,   attribue 19%  des intentions de vote.

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christila 06/03/2007 16:25

Beaucoup de commentaires sont bien écrits certes, pas de fautes, des connaissances littéraires, mais croyez-vous que vous intéressez les gens qui ont moins de 1000 euros pour vivre ? (ce qui n'est sûrement pas le cas des auteurs dont je parle) 

Désolée. Je trouve certains propos indécents. Pour moi Monsieur Bayrou n'est pas celui qui changera la vie de misère de beaucoup de français.

tristram 02/03/2007 15:31

Un petit régal avant le week-end: Les roquets aussi savent mordre Par Jean-Pierre RIOUX A la vieille garde du PS que le candidat Bayrou horrifie, rappelons des alliances centristes, barristes, etc., qui ont bien servi le parti. Au PS et chez ses hérauts, ce n'est qu'un cri : le centre étant à droite, le roquet Bayrou doit rentrer à sa niche. Et les électeurs potentiels du très petit Béarnais ne seront jamais que des inconséquents adeptes du «vote de confort», des hérétiques à exorciser vite fait bien fait, des vieux vérolés par l'éternelle «troisième force», des vacanciers très beaufs sirotant leur p'tit rosé qui «va avec tout» (le cher Jacques Julliard, Libération du 26 février) et même, carrément, des «benêts» qui «se mettent les doigts dans le nez» (l'inusable Jack Lang). Bref, la cinquième colonne. Si habilement gourmandés, les comparses du roquet vont, c'est clair, eux aussi retrouver leur niche, et de préférence celle du «Ça m'suffit» de la rue de Solférino. Il faudrait toutefois rappeler un peu d'histoire à nos gardes-barrières de la vieille maison, si fringants et récents zélateurs de la Mélusine du Poitou. Et, rassurons-nous, toujours aussi hantés par le «vote utile» ­ c'est-à-dire par défaut ­ qui les comble d'aise depuis si longtemps. En 1988, amorçant déjà leur débandade idéologique, morale et politique, les socialistes ne bronchaient pas tant quand Michel Rocard, l'éternel social-traître il est vrai, prenait le renfort de trois centristes et de quatre barristes dans son gouvernement. En 1965, François Mitterrand ne fut pas trop mécontent d'additionner les voix de Jean Lecanuet aux siennes pour mettre de Gaulle en ballottage. En 1962, des centristes faisaient front contre de Gaulle, mais, en 1958, Guy Mollet, grand stratège et fier gardien du Temple, n'avait pourtant pas craint de devenir ministre dudit Général. En 1954, aucun socialiste n'était entré au gouvernement de Mendès France mais, en 1947 et 1948, Blum et les siens ne dédaignaient pas les secours du centre et des modérés pour combattre la subversion communiste et contenir l'avancée gaulliste. Après la Libération, SFIO et MRP ont longtemps été cul et chemise, avec ou sans de Gaulle pour leur donner de l'épine dorsale. Etc. On pourrait plonger plus loin encore dans l'histoire de nos cinq Républiques et y retrouver, comme c'est étrange, un centre qui sauvegardait toujours, petitement peut-être mais crânement, sa raison d'être dans le concert politique et les majorités démocratiques, penchait à droite à proportion aussi de la condescendance et du mépris que la gauche socialiste lui avait surabondamment signifiés. Et qui, surtout, n'a jamais manqué de détermination quand il fallut reconstruire, réformer, innover et unir. En fait, pressés par l'urgence, nos bons apôtres font du fla-fla et croient réussir le coup du mépris en nous sermonnant comme des gosses. L'ennui, c'est que trois Françaises et Français sur quatre, disent des sondages (peu commentés, il va de soi), en ont soupé d'entendre leurs certitudes claironnées, de tourner en rond à la longe, de faire du pas cadencé sans savoir où ils vont. Et ils soupçonnent que, le 7 mai prochain, ils risquent d'assister, comme en 1981, en 1983, en 1989, en 1993, en 1995, en 2002, à la victoire de l'un par défaut de l'autre, au même partage monotone des dépouilles et des mensonges, au passage du mistigri qui ne règle rien et aggrave tout. Mieux : à 80 %, ils accepteraient toute solution d'union nationale, toute action solidaire, toute proposition d'intérêt vraiment général. Pour s'éviter une nouvelle gueule de bois. Pour résister aux tentations populistes toujours plus fortes et aux menaces à l'intérieur comme à l'extérieur. Pour défendre et relever, sans désemparer car il y a grande urgence, ce pays en danger. Bref, beaucoup sont prêts à se serrer autour du roquet qui a montré les dents en disant son fait à Chirac et en s'éloignant d'une UMP caporalisée, puis, en 2006, en refusant de faire confiance à son gouvernement. Les «benêts» sont peut-être racolés par le centrisme «faux nez» et «mystificateur», comme dit une gauche avant-hier «unie», hier «plurielle», aujourd'hui «participative» tendance psychorigide mais toujours revancharde et, naturellement, pas un brin mystificatrice, elle ; une gauche qui n'a rien appris mais beaucoup oublié et n'a plus qu'un but, à défaut d'avenir : gagner à tout prix et à tout hasard, en éliminant l'adversaire. Mais les «benêts» ont une autre idée de la démocratie, celle qui défend une République morale et rassembleuse, celle de Péguy : serons-nous donc toujours «ce peuple inconcerté» ? Ils ne jouent plus à la guéguerre mais n'admettent pas d'être traités de déserteurs ou d'illégaux. Et il faut savoir aussi qu'on a souvent vu dans l'histoire des francs-tireurs faire tourner en bourrique de trop vieilles armées. Et même des roquets mordre assez pour arracher le morceau. http://www.liberation.fr/rebonds/238218.FR.php

Mirino 02/03/2007 11:07

Un mot à Mr Guy-AchilleJ’ai aussi fait une analyse simpliste, mais je suis persuadé que la mienne est bien plus près de la vérité que la vôtre. Depuis longtemps je maintiens qu’essentiellement il n’y a plus de tendances gauche/droite ou une raison valable pour perpétuer ce mythe. Si ‘la gauche’ continue le jeu, c’est parce qu’elle a peur (pour cause) de perdre leur identité. Mais les contraints de l’économie mondiale, les enjeux internationaux et la sécurité mondiale, ne permettent plus de tels pratiques de dogmes archaïques et naïfs, ni de courtiser ceux que la gauche glorifiait auparavant comme ‘combattants pour la liberté’ devenus terroristes internationaux extrêmement dangereux dont leur projet fou n’est pas moins que détruire la démocratie et répandre la fondamentalisme sur une échelle mondiale.Tout le monde est péniblement conscient des dégâts provoqués par les si bons cœurs sans pareil, le dogme insensé et l’hypocrisie de ‘la gauche’ depuis trente ans, car dès que d’autres droits acquis sont bien établis, pour faire plaisir à la médiocrité, la France est encore obligée d’y accommoder et toujours à sa perte.Une autre preuve du déclin de ‘la gauche’ c’est qu’au début de sa campagne les projets de Ségolène Royal , ceux que nous avons pu éventuellement glaner des discours démagogiques, reflètent plus au moins ceux de Nicolas Sarkozy. Si la doctrine de ‘la gauche’ était toujours valable, praticable, jamais Ségolène Royal prônerait un tel ‘changement’ ou de ‘nouveauté’ qui sonne d’autant faux maintenant qu’elle soit contrainte de revenir en arrière pour ‘bénéficier’ du soutien des vieux intransigeants (die hards).Et c’est justement pour cela que cette vieille idée de Bayrou n’est qu’un feu artifice mouillé.Comment unir les tendances sous de telles circonstances ? Quelle précieuse contribution choisirait-il donc de ‘la gauche’ comme s’il s’agit d’une boîte de chocolats divers et délicieux.Les 35 heures ? Davantage de fonctionnaires et de professions imaginaires pour saper encore la dette? Encore des assistants pour assister les assistants qui ont finalement de mal a trouverceux qui ont besoin ou veulent être assistés ?La vérité c’est que tous les trois candidats sont obligés finalement et malgré tout de mettre en oeuvre la même politique, mais il y en a deux qui sont sérieusement handicapés. L’une par son propre parti, sa propre incompétence, ses propres incapacités (et son compagnon) et l’autre par son manque d’envergure, son intention sinon son obligation de continuer à faire la politique de compromis et ceci dans tous les égards. La médiocrité de ninisme continue avec lui, et naturellement on n’a même pas besoin de répéter son nom.Voilà. Donc comme déjà souligné. Pire, Inchangé, Mieux. A vous les français ce défi, ce casse tête, ce choix tellement difficile.

Mirino 01/03/2007 15:43

Comme nous sommes tous sensibles, je devrais faire une petite indication que j’aurais légèrement modifié mon dernier commentaire si j’avais lu celui d’Alceste publié après l’envoi de le mien.N’empêche que les classiques bien établis pour l’éternité n’ont point besoin de notre soutien (et il a fallut avoir lu et apprécié Proust par exemple pour en faire un tel parallèle (bon ou mauvais) pour faire rire (les barbares ou les sages).D’ailleurs il vaut mieux ne pas être trop adverse à ce genre d’exercice profane. L’évolution de la pensée, donc la culture en dépend. Il va sans dire que si tous les écrivains et les artistes étaient subjugués à la règle académique de leur époque, on n’aurait jamais connus les exceptions car forcément ils n’auraient jamais fait quoi que ce soit d’exceptionnelle.

Guy-Achille 01/03/2007 14:49

Je crois en effet que François Bayrou a raison de se défaire des clivages gauche - droite qui minent finalement l'action politique. Il est aujourd'hui difficile de penser que les enjeux de la mondialisation de nos économies, des intérêts géopolitiques vont trouver solution dans la doctrine de chacun des partis. Sur le principe on peut simplifier les approches de la gauche et de la droite de la manière suivante :

1. Gauche = douceur, voir harmonie

2. Droite = Action voir agressivité.

Il est peu probable d'envisager l'harmonie sans un minimun d'agressivité et à l'inverse, l'agressivité totale ne peut répondre de manière efficice à un besoin d'harmonie.

Je crois qu'il s'agit de surfer efficacement entre ces 2 courants de manière à trouver le juste milieu et ce n'est pas en étant de gauche ou de droite qu'on y arrive. Pour revenir à une option plus politique, je crois que la notion de compensation des équilibres inverses s'appliquent de manière optimum dans une volonté d'efficacité.