LE SOURIRE DE BAYROU

Publié le par blog-pl-seguillon

    

François Bayrou est donné à 21% d’intentions de vote au premier tour de la présidentielle dans un sondage BVA, contre 24% à Ségolène Royal et 29% à Nicolas Sarkozy et à 24% contre 25% à la candidate socialiste et 26% au candidat de l’UMP dans une enquête d’opinion CSA. Commentant tout sourire ces résultats, le candidat centriste a déclaré qu’il entendait rester prudent mais a néanmoins expliqué « qu’il se passait quelque chose » !

     Les sondeurs constatent en effet qu’après avoir gagné sur sa gauche puis sur sa droite, François Bayrou gagne aujourd’hui sur les deux versants de l’échiquier politique. Ils notent également qu’après avoir séduit les classes moyennes, il commence aussi à mordre sur l’électorat populaire.

     Plusieurs facteurs, me semble-t-il, explique ce phénomène dont nul ne peut dire encore s’il sera durable ou éphémère.

  1. Des facteurs  circonstanciels.

     

François  Bayrou profite actuellement des ratées de la campagne de Ségolène Royal et de l’essoufflement de celle de Nicolas Sarkozy. Alors que la candidate socialiste a créé l’événement tout au long du dernier trimestre 2006, elle donne en revanche le sentiment depuis le début de l’année de courir après l’événement. Elle ajuste, elle corrige, elle ravaude  mais elle échoue à redonner une véritable dynamique à sa campagne. Quant au candidat de l’UMP, parti avec un train d’avance, ayant en quelques sorte déjà tout dit, il peine à se renouveler. Pendant ce temps le candidat centriste fait une excellente campagne et la modestie de ses propositions plaide paradoxalement en sa faveur.

  1. Des facteurs personnels.

     

      François Bayrou bénéficie également du doute que continue de nourrir une partie des    électeurs de gauche quant à la compétence de la Ségolène Royal à gouverner. Ses improvisations en matière de politique étrangère ou sur le terrain de l’économie ont fortifié cette suspicion. Mais François Bayrou profite aussi de la crainte qu’inspire Nicolas Sarkozy à une partie de l’électorat de la droite quelque peu déboussolé par les variations idéologiques du candidat de l’UMP.

  1. Des facteurs structurels

        La dissidence  électorale : il s’agit du rejet par la population de tous ceux qui ont gouverné, droite et gauche au motif de leur impuissance à tenir leurs promesses et à répondre à ses attentes. François Bayrou incarne ce rejet du système.

        La droitisation de l’électorat du fait du vieillissement de la population.  L ’électorat socialiste n’a pas échappé à ce mouvement général . Il ne croit plus au grand soir. Une partie de cet électorat se reconnaît volontiers dans le libéralisme social de François Bayrou .

 

  1. Des facteurs médiatiques.

      Après Ségolène Royal, après Nicolas Sarkozy François Bayrou bénéfice de l’amplification médiatique. Les médias qu’il a astucieusement pourfendu il y a quelques mois manifestent désormais un grand engouement pour sa personne et sont devenus ses meilleurs promoteurs.

 

 

 

    

 

 

 

 

 

 

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Benjamin Le Picador 14/03/2007 11:00

Monsieur séguillon,

Vous soulignez à juste titre qu'aujourd'hui Bayrou a su fédérer les rejets du système. Souvenons nous de son passage à l'Education Nationale en tant que Ministre:

Quiz sur un ancien Ministre qui n’a rien changé

 



Remember …

 



• Le 20 septembre 1994, ce Ministre de l’Education Nationale adresse une circulaire aux chefs d’établissements. Il affirme, péremptoire : « On me saura gré d’avoir arrêté la montée de l’Islamisme en France ». En novembre 1994, la médiatrice de l’Education Nationale, Hanifa Chérifi, chiffre à 400 le nombre de jeunes filles voilées en France. En septembre 2003, elles sont 1465. Vous parlez d’une efficacité ! Il avait beau être parti depuis 1997, l’outil qu’il avait laissé était inutilisable. La loi du 15 mars 2004, texte sur lequel il s'est abstenu, a permis à la rentrée de septembre d’en recenser 639, avec seulement 72 cas non résolus au final et 47 exclusions (elles travaillent par correspondance).

 





 



Retrouvez vous le nom de ce Ponce Pilate qui laisse toutes les responsabilités aux chefs d’établissements ?

 





 



• La réforme dont il est le plus fier a été celle de l’Université avec pour ambitition une réorientation plus facile lors du premier semestre. Résultats : ces réorientations sont marginales. A quand un numérus clausus pour les filières qui n’ont pas de débouché ? Vous ne devinez toujours pas de qui il s‘agit ?

 



• Dernier indice: depuis, il dénonce les gouvernements qui n’ont rien changé depuis 25 ans. Il a raison mais certains Ministres sont plus à dénoncer que d’autres … Avec lui, c'est sûr, ça va stagner...

 





 D'autres analyses sur www.labayrousina.fr, 1er site critique sur Bayrou



Benjamin le Picador

 



 

Christila 12/03/2007 01:45

Mirino, Alceste,

Je ne dirai pas que vous êtes drôles, vos messages sont trop longs à lire, Je devine qu'ils célèbrent Nicolas Sarkozy et qu'ils accablent Ségolène Royal. J'ai quand même survolé vos propos : certains me navrent. Mais ils n'engagent que vous.

Moi je m'engage pour Ségolène Royal, et j'en suis fière et pas du tout inquiète pour deux raisons :

François Bayrou perdra car il est immodeste, et sa fatuité, son arrogance vont déplaire aux français.

Nicolas Sarkozy est péremptoire, sa politique depuis 5 ans a appauvri la France et c'est un instable qui perd son calme dès qu'il est contredit. Alors comme il baisse dans les sondages il va s'affoler et commettre des erreurs et il perdra aussi.

Mirino 10/03/2007 08:40

Suite à ma réponse ajoutée assez tardivement hier soir, Alceste. Ne frémissons pas. Jamais j’abuserais le privilège de contribuer sur le forum de Mr. Séguillon en essayant de sous minerla devise de la République ! Ce serait impossible, vaniteux et absurde.Si j’ai déjà traité du sujet de l’égalité en tant que valeur, ce n’était qu’un reflet purement personnel, et pour ce que ça vaut, une philosophie personnelle 'illustré'  (la nature ne reconnaît pas le hasard. Elle ne reconnaît pas l’égalité non plus. L’homme n’y est pour rien).Mais si ces notions républicaines n’appartiennent pas uniquement à l’histoire, que l’on les pratique alors mieux , de manière positive, honnête et intelligente.Prenons un simple exemple. On donne la même somme d’argent à deux personnes qui ont bénéficié de la même chance accordée par l’éducation. L’une en fait fortune tandis que l’argent passe à travers les mains de l’autre comme le sable fin. Il est plus pauvre que jamais.Alors qu’est ce qu'on fait ? On taxe celui qui a fait fortune pour payer celui qui n’a rien pu faire. Ca va pour une période mais à la longue il y’en a trop qui décident ils ne peuvent rien faire.Les gens normaux qui cherchent un emploi approprié en souffrent véritablement à quémander des allocations, mais avec le temps même les gens normaux peuvent oublier de tels scrupules. La société leur rassure que c’est tout à fait leur droit, ce n’est point de leur faute et elle s’en charge. Il devient alors une manière de vivre parfaitement acceptable socialement.Peut-être j’exagère pour faire le point mais pas beaucoup. Malheureusement l’ampleur de l’abuse va en montant car il y a aussi trop de gens sans scrupules qui s’en moquent totalement. Pour eux au contraire, tricher c’est une autre victoire, et de croire que cette conséquence n’existe pas serait bien naïf. Ce phénomène n'est pas limité à la France non plus.Comme le sujet de ce forum est la politique en général, puis les présidentielles, il va sans dire que l’on ne honore point la liberté, la fraternité et l’égalité (ou la démocratie) non plus, en empêchant d’autres candidats à y prendre partie.

Alceste 10/03/2007 07:26

Cher Charles, je suis évidemment en accord avec vos remarques. A vrai dire, l’hérétique que je suis devenu par la force des choses doit avouer qu’il savoure, non sans malice en effet, l’affolement visible de l’actuel PS au regard des événements. Quant à « la guerre des boutons », c’est effectivement la référence qui pourrait nous sauver de la désolation si d’aventure les combattants continuaient à nous traiter comme des enfants. Du reste, comme nous l’avons entendu, d’aucuns y ont déjà puisé l’injure suprême à l’encontre du Béarnais, « c.molles » (l’initiale, seulement, pour ne pas heurter les chastes oreilles qui nous écoutent). S’agissant du vocabulaire, pourtant, il est évident que les choses sont en train d’évoluer, depuis que S.Royal a décrété qu’il fallait être « plus subtile » à l’égard des électeurs potentiels de Bayrou, ce qui, venant d’elle, vaut son pesant d’or. Voici donc maintenant les bons apôtres en campagne, les plus présentables, DSK en tête car il y a le feu. Du coup, plus de « troisième homme frontiste » pour décrédibiliser Bayrou, plus d’affreux jojo « de droite » non plus, mais un appel vibrant au ralliement … La social-démocratie sur Second Life en somme.

Hélas ! Si j’aurais su j’aurais pas venu, c’est le moment de le dire ...

Mirino 10/03/2007 00:02

Cher Alceste,C’est vrai que je fonce comme un bélier parfois, mais je n’ai jamais eu l’intention de torturer la notion des valeurs de la République. Je réserve par contre le droit de critiquer l’abuse de l’une de ces valeurs lorsque elle est, à mon humble avis, exploitée politiquement. Si l’égalité est une idéelle positive en effet, elle ne devrait jamais être utilisée de manière négative.Il n’y a pas de mysticisme malheureusement lorsqu’on se sert du principe de l’égalitarisme pour décourager le progrès quel que soit le domaine.Evidement la disparité des salaires entre hommes et femmes n’est pas un dernier problème à régler, mais c’est quand même un injustice incohérent à ne pas prendre trop à la légère non plus, surtout lorsqu’il correspond à pic avec la valeur Républicaine que vous tenez justement à défendre avec tant de fougue.Et oui, non seulement je pense que parmi les chômeurs il y a trop de parasites, mais je le sais.Sans réferer aux fraudes bien plus importantes qui sapent le système déjà surtaxé.Le problème que je décris existe. (J’allude à un problème dont un collègue en souffre tous les mois dans le secteur de transport pétrolier. C’est un seul exemple parmi beaucoup).Si vous trouvez une telle observation inacceptable, c’est peut-être simplement parque que vous préfériez ne pas le croire.  Et comme j’ai déjà écrit, je ne cherche pas à faire des amis. Je voudrais simplement aider le pays qui m’accueil et que j’aime, à ma manière.